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Belvédère : les dessous de l'AG des créanciers...

Belvédère : les dessous de l'AG des créanciers...
Belvédère : les dessous de l'AG des créanciers...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après le report de l'Assemblée générale de Belvédère faute de quorum, Jacques Rouvroy -co-fondateur et ancien Président de l'entreprise- ne décolère pas revenant, sur les tractations et intimidations, coulisses de cette AG... Dans une lettre, ouverte, adressée aux actionnaires, l'ancien patron de Belvédère rappelle les bases du conflit opposant le Groupe à ses créanciers depuis déjà plus de 4 ans. Il a pris ces derniers jours une tournure imprévue tant elle use de pratiques douteuses dit Jacques Rouvroy qui poursuit : Le paroxysme de cet état de fait ayant été atteint lors de l'Assemblée Générale Extraordinaire de ce mardi 12 février 2013 qui fera date...

Certains passages contiennent de longues citations tirées de la lettre ouverte, afin de ne pas dénaturer les propos.

Oaktree Capital Management détiendrait entre 30 et 40% du nominal de la dette

Depuis le début du conflit, en 2008, et ce sans interruption, Oaktree Capital Management a acheté de gré à gré la quasi-totalité de la dette FRN auprès des souscripteurs initiaux dans le cadre de la stratégie ci-avant exposée. J'estime le prix de revient de la dette acquise par Oaktree Capital Management entre 30 et 40% du nominal, l'essentiel des acquisitions ayant été effectué en 2008, lors de l'éclatement du conflit qui provoqua la panique des porteurs d'origine de dette FRN au point d'effondrer ponctuellement les cours de celle-ci à moins de 20% du nominal. Cette stratégie se justifiait d'autant plus que, et c'est là l'important du dossier, Oaktree Capital Management est le principal concurrent du Groupe Belvédère en Pologne par le biais de Stock Spirits, son pôle de spiritueux. Belvédère constituait de fait la cible idéale à ce genre de prédation d'autant que le Groupe Belvédère est coté sur Euronext Paris et la Bourse de Varsovie, alors que Stock Spirits n'a pas ce privilège, écrit l'ancien dirigeant.

'Affaire Belvédère' ?

Nous arrivons à l'issue de ce que j'appelle aujourd'hui 'l'affaire Belvédère'. Oaktree Capital Management et les autres créanciers FRN ont obtenu la convocation d'une Assemblée Générale Extraordinaire du Groupe Belvédère, pour le 12 février 2013, visant à ratifier la conversion de leur créance FRN afin de contrôler à terme 87% du capital de la société. Ceci pour un prix de revient ridiculement peu élevé que j'estime à environ 120 Millions d'Euros. Le prétexte invoqué à cette prise de contrôle sauvage est l'impossibilité de vendre les actifs du Groupe Belvédère pour un montant supérieur à celui de sa dette, ou à tout le moins, supérieure à la limite de 310 ME mentionnée dans le Plan d'apurement du passif. Jacques Rouvroy ajoute : Vous devez savoir, Mesdames, Messieurs les actionnaires, que les montants des propositions reçues par la Direction du Groupe Belvédère pour son pôle vodka le seul actif à réellement intéresser Oaktree Capital Management (...) représentaient un total de 310 ME, exactement le montant au-dessous duquel la conversion de la dette FRN en capital est inévitable. Voilà qui mérite réflexion....

Influence...

Jacques Rouvroy dit ensuite avoir été démarché par Krzysztof Trylinski, actuel PDG de la société, afin d'user de ses relations auprès de certains actionnaires dont Nicolas Miguet pour voter les résolutions de l'AG Extraordinaire du 12 février 2013, qui auraient permis à Oaktree Capital Management de prendre le contrôle du Groupe et ainsi aboutir à spolier les actionnaires actuels et les porteurs obligataires de second rang. Cette prise de contrôle se serait effectuée au-dessous du montant total des propositions reçues par la direction de la société. L'ancien patron de Belvédère estime d'ailleurs la valeur réelle des actifs à au moins 3 fois le montant qui a été proposé. Jacques Rouvroy s'interroge : L'évolution de 'l'affaire Belvédère' a-t-elle incité l'actuel PDG du Groupe Belvédère, Krzysztof Trylinski et l'Administrateur judiciaire, Frédéric Abitbol à des pratiques douteuses, voire illégales, à l'approche de la date de l'Assemblée Générale Extraordinaire ?.

Nicolas Miguet s'agite, les créanciers paniquent

Jacques Rouvroy salue ensuite la révolte des petits porteurs mobilisés par l'Arare, association de défense d'actionnaires présidée par Nicolas Miguet. Celui-ci a si bien mobilisé que son association s'est retrouvée recevoir des pouvoirs de vote portant sur près de 25% du capital ! La panique est entrée dans les rangs des créanciers FRN, de leurs Conseils et de la Direction conjointe du Groupe Belvédère qui a senti le vote lui échapper. Dès lors, tous les subterfuges devaient être utilisés pour contrer les opposants, y compris les plus douteux du point de vue du droit.

Subterfuges

Jacques Rouvroy dénonce ensuite les subterfuges des créanciers et de la direction du groupe de spiritueux pour fédérer un maximum de votes. La première étape était de traiter avec des porteurs d'Obsar regroupés dans une association de défense - l'Association de Défense des Obligataires. La deuxième étape : faire appel à un fiduciaire - Equitis Gestion - qui a reçu par transfert sans contrepartie, le 4 février 2013, les titres de l'autocontrôle de Belvédère (267.848 titres soit 8,27% du capital de la société), devenant de facto le premier actionnaire de Belvédère et assesseur du bureau de vote de la future Assemblée Générale Extraordinaire. Troisième étape : Aller chercher aux Etats-Unis, aux frais de Belvédère j'imagine, le vote de Bruce Willis, actionnaire important du groupe. Jacques Rouvroy enfonce le clou : Quatrième étape : Nicolas Miguet reçoit indirectement des menaces physiques de la part de Krzysztof Trylinski, ce dernier me chargeant de les lui transmettre. Cinquième étape : Dès l'ouverture de l'Assemblée Générale Extraordinaire, de mardi, Krzysztof Trylinski et Frédéric Abitbol réduisent les droits de vote de l'Arare à 2,5% sous prétexte 'd'action de concert' non déclarée dans les délais légaux. Nicolas Miguet a fait savoir ce matin que les droits de vote concernés ne sont pas ceux de l'Arare mais ceux de la Société de la Tour Grise dont il est le gérant.

Jacques Rouvroy, le retour ?

Devant le scandale évident, les actionnaires présents et Nicolas Miguet, représentant de l'Arare, se désistent et quittent la salle. L'Assemblée Générale Extraordinaire est, donc, reportée faute de quorum et Jacques Rouvroy de s'interroger : Pouvons nous oser espérer que la Justice et l'AMF se pencheront sérieusement sur le sujet ?. L'ancien patron de Belvédère pose quelques jalons... Si le vote des actionnaires doit permettre, ultérieurement, si tel est leur souhait, mon retour aux affaires, je m'attacherai avec l'aide de toutes les bonnes volontés, à obtenir de l'ensemble des parties un Plan d'apurement du passif satisfaisant. Ce Plan d'apurement du passif nécessitera des sacrifices équitablement répartis entre actionnaires, créanciers prioritaires et créanciers subordonnés et non la spoliation des uns au profit d'un autre. Je compterai, dans cette négociation, sur l'aide active du Tribunal de Commerce de Dijon, afin qu'il obtienne de tous, y compris des créanciers FRN, les sacrifices qui s'imposent pour trouver une issue à la procédure de Redressement Judiciaire de votre société.

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