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Philippe Archinard, Directeur général de Transgene

Philippe Archinard Directeur général de Transgene

L'année 2007 sera riche en évènements cliniques...
Philippe Archinard, Directeur général de Transgene

Boursier.com : En un mot, que retenir de votre année 2006 ?

P.A. : Si l'on ne devait retenir qu'un seul élément, l'exercice 2006 nous a permis de faire la première preuve de l'efficacité d'un de nos vaccins thérapeutiques, le TG 4001 contre le HPV (papilloma virus humain), infection qui évolue vers un cancer du col de l'utérus. Mais il y en a eu bien d'autres...

Boursier.com : Que peut-on attendre de l'année 2007 ?

P.A. : Nous allons notamment démarrer l'étude de phase III pour ce vaccin HPV justement, sur la base des résultats publiés en 2006. Nous attendons également des résultats intermédiaires sur nos trois autres projets cliniques :

- Les résultats de l'étude de phase IIb contrôlée sur TG4010 dans le cancer du poumon non à petites cellules. Nous espérons que ces résultats seront suffisamment probants pour nous mettre en bonne position à la fois pour préparer la phase III et négocier un partenariat.
- Les résultats initiaux de la phase I du vaccin contre l'hépatite C TG 4040.
- Les résultats initiaux de phase II du TG 1042 dans le lymphome cutané.

L'année 2007 sera donc riche en évènements cliniques...

Boursier.com : Vous espérez que la phase II sur le lymphome cutané puisse servir d'étude pivot ?

P.A. : En effet sur la base des données obtenues nous allons nous tourner vers les agences règlementaires, leur demander leur avis sur notre proposition dont celle de poursuivre nos recherches sur une trentaine de patients supplémentaires et connaître leurs recommandations pour qu'elles puissent envisager l'homologation, si on obtient des résultats en ligne avec ce qu'on a eu jusqu'à présent... Il n'est d'ailleurs pas interdit de penser, vu la nature de l'indication et s'agissant d'une maladie orpheline, que l'agence soit satisfaite par les données recueillies sur la vingtaine de patients actuels... De quoi accélérer encore les choses. En tout cas nous devrions avoir début 2008 la recommandation des agences ce qui nous permettra de franchir un pas important vers l'enregistrement du produit.

Boursier.com : Pouvez-vous expliquer la différence entre un vaccin thérapeutique (immunothérapie) et les vaccins prophylactiques comme Gardasil ou Cervarix ?

P.A. : De la même manière qu'un vaccin prophylactique, un vaccin thérapeutique induit une réponse immunitaire de l'organisme. La différence est que le vaccin prophylactique traite des personnes qui ne sont pas infectées par un pathogène, afin d'induire une réponse préventive. Nous, nous sommes dans la thérapie, c'est-à-dire que nous cherchons comment soigner des patients déjà infectés, présentant déjà des lésions ou ayant déjà développé un cancer...

Boursier.com : ...Sur qui un vaccin préventif n'a par définition plus d'intérêt

P.A. : Un vaccin prophylactique utilise le potentiel immunitaire du corps humain pour prévenir mais dans le détail, ce sont des mécanismes de réponse immunitaire différents qui sont mis à l'oeuvre dans les vaccins thérapeutiques (réponse cellulaire plutôt que humoral).

Boursier.com : Quel est l'historique de cette approche et quels en sont aujourd'hui les acteurs ?

P.A. : C'est une approche qui, au niveau clinique, n'a qu'une dizaine d'années d'existence...
En France, une société comme Innate Pharma déploie une approche différente au niveau de la technologie mise en oeuvre, mais recherche également une stimulation immunitaire pour traiter les personnes souffrantes. Au niveau international, on peut citer des sociétés comme Oxford bioMedica au Royaume-Uni, CellGenesys ou Dendreon aux USA.

Boursier.com : Vous sentez-vous plus confortable aujourd'hui en termes financiers ?

P.A. : Il est clair qu'aujourd'hui nous sommes dans une situation très différente de celle où nous évoluions au début des années 2000... Nous avons aujourd'hui la capacité de mieux contrôler notre propre destinée, nous détenons un portefeuille plus mature, à l'orée des phases III. En termes de création de valeur, nous avons accompli des avancées énormes et nous abordons une zone où nous aurons la capacité de nous refinancer non plus pour assurer notre existence, mais surtout pour accélérer notre croissance...

Boursier.com : Où voyez-vous Transgene d'ici cinq ans ?

P.A. : A échéance 2012, nous espérons que deux ou trois de nos produits soient sur le marché... Et au moins un commercialisé par nous-mêmes ! Au-delà de ces produits, nous visons une position dominante dans le domaine de l'immunothérapie des cancers et des maladies infectieuses... L'objectif de Transgene est de devenir une société autonome, avec des produits adaptés aux besoins de ses clients: il n'y a pas de fatalité à avoir un compte de résultat déséquilibré par le manque de revenus et des coûts de développement...Je pense que d'ici cinq ans c'est la transformation que nous comptons accomplir...

Boursier.com : Compte tenu de la quasi épidémie d'hépatite C en Asie, le TG 4040 représente-t-il votre plus important gisement aujourd'hui ?

P.A. : Le TG 4010, dans le cancer du poumon mais aussi ses autres indications potentielles, représente un potentiel de marché à mon sens équivalent à celui du projet dans l'hépatite C... Ce sont deux projets majeurs qui représentent un chiffre d'affaires considérable s'ils arrivent sur le marché.

Boursier.com : Beaucoup d'observateurs s'attendent cependant à un durcissement du marché de l'oncologie...

P.A. : Il y a certes une problématique d'économie de la santé, les coûts ne pourront progresser de façon exponentielle... Il y a un équilibre à trouver au regard du bénéfice pour le patient et de l'efficacité des thérapies... La problématique du prix sera certainement plus tendue à l'avenir dans la mesure où il faudra justifier un bénéfice clinique important mais globalement, je ne prévois pas de changement radical. A juste titre, nos sociétés n'acceptent pas aujourd'hui, et n'accepteront pas plus demain que, face à des pathologies aussi graves que le cancer, les patients ne bénéficient pas des meilleures technologies lorsqu'elles sont disponibles. La mortalité est malheureusement si importante, pour le cancer du poumon par exemple, qu'il y a encore une marge de progression considérable. Les solutions innovantes, apportant un réel bénéfice, trouveront toujours leur place.

Boursier.com : Comment éviter le risque d'une surpromesse ?

P.A. : Nous veillons à ne pas faire des promesses inconsidérées... Il y a une grande espérance de la part des patients et de leur famille et il faut être très vigilant à ne pas créer des attentes supérieures à ce que la science peut délivrer.

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