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Mathieu Détouche, Membre du comité ad hoc des porteurs d'obligations OCEANE de CGG

Mathieu Détouche Membre du comité ad hoc des porteurs d'obligations OCEANE de CGG

Présents lors de l'AG pour mettre en garde les actionnaires!

Boursier.com : Quels sont les principaux reproches que vous faites au plan de relance de la direction de CGG ?

M.D. : Nous reprochons à ce plan d'être sous dimensionné, notamment car les prévisions du groupe sont trop optimistes :
CGG prévoit une hausse de 67% de son EBITDA entre 2017 et 2019. La grande majorité des analystes du secteur s'accorde pour dire que les objectifs fixés par les dirigeants ne seront pas atteints. Nous reprochons à ce plan de ne pas prévoir une injection de liquidité suffisante. CGG a consommé plusieurs centaines de millions d'euros de cash ces dernières années. Le plan prévoit de lever 500 M$ de liquidités, dont près de la moitié sera immédiatement rendue dans le cadre du plan : 150 M$ pour rembourser de la dette sécurisée et le solde pour payer des commissions disproportionnées et hors des standards de marché, au profit notamment du Comité des porteurs d'obligations HY.

Boursier.com : Le comité de porteurs d'OCEANEs CGG, dont vous êtes porte-parole, peut-il peser lors de l'AG de mardi. Parmi les porteurs, lesquels sont actionnaires ?

M.D. : Plusieurs membres du comité ad hoc des porteurs d'OCEANEs CGG sont effectivement actionnaires. Cependant, ils ne disposent pas d'une position actionnariale suffisante pour que leurs votes aient une influence sur le résultat du scrutin. Nous souhaitons être présents lors de l'AG pour mettre en garde les actionnaires présents contre les risques de se retrouver dans la même situation dans moins de 18 mois. Rappelons qu'en janvier 2016, 350 ME ont été injectés par augmentation de capital et dès le mois de novembre 2016, soit moins de 12 mois plus tard, la société tirait la sonnette d'alarme, alertant le marché sur son incapacité à faire face à ses prochaines échéances financières.

Boursier.com : Que préconisez-vous pour redresser la situation financière de CGG ?

M.D. : Sans une reprise rapide et soutenue de l'activité, ce qui n'est pas le scénario central des experts du secteur, CGG sera à nouveau en difficultés financières dans moins de 18 mois. Pour redresser la situation financière de CGG sur le long terme, il aurait fallu : une injection massive de nouvelles liquidités, pas seulement un apport de 250-300 M$ de cash); des intérêts beaucoup plus raisonnables sur la dette, et notamment la composante PIK de 8,5%; la possibilité pour CGG de se refinancer rapidement sur les marchés à des conditions plus avantageuses, une option écartée par le call à 120% du pair sur la nouvelle dette HY; des commissions plus faibles; et enfin peut être revoir le périmètre d'activité...

Boursier.com : Pensez-vous que le secteur et CGG puissent bénéficier d'un redémarrage en cas de hausse des prix du baril de pétrole ?

M.D. : En prenant l'hypothèse que le prix du baril de pétrole soit orienté à la hausse sur les prochains trimestres, dans combien de temps cette hausse du prix du baril se traduira par une amélioration des résultats du groupe...? A notre avis, trop longtemps au regard de la situation financière de CGG, post restructuration. Le temps que les clients, c'est-à-dire les compagnies pétrolières, prennent une décision d'investissement, que les contrats soient signés, que le projet démarre, il peut se passer plusieurs trimestres. De plus, lorsqu'une société comme CGG voit son activité redémarrer, la consommation de cash est très forte car le besoin en fonds de roulement augmente. Donc oui, indéniablement, un redémarrage de l'activité serait positif pour CGG. Mais nous doutons que la situation financière de CGG suite à cette restructuration permette au groupe de supporter une reprise de l'activité qui se fait attendre. Nous doutons également de sa capacité à profiter d'une telle reprise, à cause d'un niveau de liquidité qui s'avèrera vite insuffisant.

Boursier.com : Etes-vous en relation avec Regroupement PPlocal qui souhaite aussi se faire entendre sur le dossier... ? Que pensez-vous de leurs propositions ?

M.D. : Nous avons discuté avec le Regroupement PPlocal qui, comme le comité ad hoc des porteurs d'OCEANEs, affirme que le plan n'assure pas la pérennité de CGG. Le Regroupement PPlocal affirme que les actionnaires, qui ont déjà participé lourdement à l'effort de redressement de CGG lors de l'augmentation de capital de janvier 2016 sont maltraités au profit des créanciers. Quand on voit que suite à "l'équitisation" de la dette, les créanciers HY détiendront 88,5% du capital et que les actionnaires actuels n'en détiendront plus que 4,4%, on comprend leur colère... Il faut d'ailleurs savoir qu'en cas de liquidation, les créanciers HY qui récupèrent immédiatement 88,5% du capital du groupe, n'auraient récupéré que 0,1% du montant de leurs créances grâce aux sociétés garantes, selon les experts financiers de la Banque Lazard, mandatés dans le cadre du Chapter 11 aux Etats-Unis...

Boursier.com : Quel message adressez-vous aux petits porteurs qui ont assisté à la chute de l'action... ?

M.D. : CGG fait face à d'immenses difficultés opérationnelles et rien aujourd'hui ne permet d'affirmer que la reprise est enclenchée. Avec cette restructuration, CGG se donne une dernière bouffée d'air frais pour permettre à certains acteurs de sortir du dossier sans trop de pertes. Les petits actionnaires, qui ont déjà perdu presque la totalité de leur capital investi, ne doivent pas laisser ce plan passer en l'état, au risque de se retrouver rapidement dans la même situation. Ils disposent d'une chance de mettre la pression sur les créanciers HY, qui ont, dans ce plan de restructuration, fait tout ce qu'ils désiraient. La plupart sont des hedges funds ou des fonds activistes américains, venus racheter la dette de CGG à bon prix pour spolier les petits actionnaires. Il est de leur devoir de ne pas se laisser faire.

©2017,

Mathieu Détouche, Membre du comité ad hoc des porteurs d'obligations OCEANE de CGG

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