Cotation du 26/01/2022 à 11h57

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Loïc Bonhoure, DG délégué de la Compagnie des Alpes

Loïc Bonhoure DG délégué de la Compagnie des Alpes

Pierre et Vacances ne fait pas partie des dossiers que nous regardons
Loïc Bonhoure, DG délégué de la Compagnie des Alpes

Boursier.com : Le calibrage de l'augmentation de capital, 231 ME est-il adéquat pour l'ensemble des enjeux qui vous concernent ? (Fonds propres, diversification...)

L.B. : Cette augmentation de capital va nous redonner une flexibilité financière compatible avec nos ambitions de croissance. Notre objectif est de retrouver les niveaux d'activité et d'Excédent Brut Opérationnel (EBO) de 2018-2019 en 2022-2023, puis de renouer avec la trajectoire de croissance rentable qui était la nôtre avant la crise sanitaire. Malgré l'absence quasi-totale de revenus pendant la crise, la Compagnie des Alpes a réussi à préserver sa position de liquidité. D'un côté, nous avons pris des mesures pour ajuster nos coûts. Nous avons également réduit temporairement le montant de nos investissements. De l'autre, nous avons obtenu deux Prêts Garantis par l'Etat. Notre endettement financier net a augmenté. Au 31 mars 2021, il s'élevait à 807 MEUR (hors IFRS 16), contre 465 MEUR un an plus tôt. Depuis, en tant qu'exploitant de remontées mécaniques, nous avons perçu 135 MEUR au titre d'une compensation partielle de nos coûts fixes pour la saison blanche que nous venons de vivre dans nos domaines skiables. Et nous attendons 30 MEUR supplémentaires. Au cours des dernières semaines nous avons progressivement repris l'exploitation de nos parcs de loisirs. C'est une bonne nouvelle. Mais pour mieux relancer notre programme d'investissements, nous avons besoin de renforcer notre bilan. Le maintien d'un niveau d'investissement soutenu est indispensable à l'amélioration continue de l'attractivité de nos sites. Nous avons l'intention d'investir environ 200 MEUR en moyenne par an entre 2021/2022 et 2024/2025 pour poursuivre l'aménagement de nos domaines skiables, moderniser nos remontées mécaniques et construire de nouvelles attractions et équipements au sein de nos parcs de loisirs comme au Futuroscope par exemple. L'augmentation de capital de 231 MEUR a été calibrée pour réaliser ces investissements tout en revenant à un ratio de levier dette financière nette / EBO inférieur à 2,5x (hors IFRS 16) à partir de fin septembre 2023.

Boursier.com : Pourquoi le choix d'une telle décote sur le prix de souscription ?

L.B. : Le niveau de décote est en ligne avec ce que l'on observe pour des opérations de taille relative comparable et tient compte des conditions de marché au moment du lancement de l'opération. Il s'agit d'une opération importante par rapport à notre capitalisation boursière et nous avons souhaité y associer tous nos actionnaires en maintenant le droit préférentiel de souscription. Nous sommes d'ailleurs très heureux de pouvoir compter sur le soutien de nos actionnaires de référence qui se sont très largement engagés à participer à l'opération. Le montant total des engagements de souscription des actionnaires existants est proche de 145 MEUR, soit au moins 62,6% de l'opération.

Boursier.com : Quelle visibilité avez-vous pour la saison estivale qui va débuter ?

L.B. : Nous avons recommencé à accueillir les visiteurs dans tous nos parcs de loisirs, dans le plus strict respect des règles sanitaires, bien entendu. Les premiers chiffres de fréquentation et de réservation sont très encourageants. Nous avons connu une situation similaire l'été dernier et le public était au rendez-vous. L'engouement pour les loisirs, mais aussi pour la montagne, est bien réel. Nous bénéficions, de plus, de la notoriété, de l'attractivité et, bien souvent, de la proximité de nos sites.

Boursier.com : La question des jauges va-t-elle peser lourd et amputer votre chiffre d'affaires de façon significative ?

L.B. : Nous avons annoncé fin avril qu'à conditions sanitaires équivalentes nous prévoyions un niveau d'activité comparable à celui de l'été 2020 durant lequel notre chiffre d'affaires n'était en recul que de 30% par rapport à l'été 2019. Or les protocoles sanitaires sont quasiment identiques à ceux qui étaient en vigueur l'an dernier. Les systèmes de jauges mis en place permettent d'accueillir jusqu'à 50% de la fréquentation maximale, sauf en Belgique où les jauges sont à 30%. Surtout, ces jauges sont amenées à disparaître progressivement au cours du mois de juin, même si l'allègement des contraintes reste conditionné à l'amélioration de la situation sanitaire.

Boursier.com : Concernant les diversifications et les éventuelles opérations de croissance externe évoquées, vous mentionnez les résidences de vacances. On pense évidemment à Pierre & Vacances, en difficulté...

L.B. : Outre les investissements d'attractivité déjà cités, nous pourrions financer, dans le cadre de notre nouvelle phase de développement, de nouveaux projets actuellement à l'étude et à fort potentiel de création de valeur. Je pense notamment à la construction d'un 4ème hôtel et d'un centre aquatique au Parc Astérix, ou à un projet pilote dans le domaine du Grand Massif (Flaine, Morillon, Samoëns, Sixt) axé sur le développement d'activités destinées à rendre nos stations également attractives pendant la saison d'été. Enfin, nous souhaitons également pouvoir saisir à moyen terme de potentielles opportunités de croissance externe ciblées. Pierre et Vacances, qui est l'un de nos partenaires à la montagne, ne fait pas partie des dossiers que nous regardons.

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