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Jean-Michel Karam, PDG de Memscap

Jean-Michel Karam PDG de Memscap

l'intégration dans l'ITCAC et le SBF250 favorisent notre liquidité
Jean-Michel Karam, PDG de Memscap

Boursier.com : Votre société est spécialisée dans un créneau mal connu, pouvez-vous concrètement nous expliquer de quoi il s'agit ?

J.M.K. : Il est vrai que nous occupons un secteur particulier... Nous sommes à l'heure actuelle l'un des principaux fournisseurs mondiaux de MEMS. Derrière ce mot, se cache un produit qui est loin d'être nouveau, dans la mesure où la technologie existe depuis 1969. Ce qui est innovant en revanche, c'est l'évolution qu'a connue ce produit depuis cette date pour arriver à l'offre que nous proposons aujourd'hui. Le MEMS a trois grands types d'usages. Ce peut être un "capteur" destiné à transmettre une information. C'est le cas dans un Airbag, puisque c'est un MEMS qui va déterminer le moment où tous les paramètres sont réunis (importance du choc, etc...) pour le déclenchement du système. Ce peut également être un "actionneur" (switch), qui comprend un micro moteur pouvant orienter un micro-miroir entre fibres optiques. Il s'agit alors d'un commutateur optique. Enfin, il peut servir à l'amélioration des circuits intégrés, notamment dans la téléphonie sans fil où il entre en jeu dans la réduction des coûts, de la consommation et ou dans la miniaturisation. Actuellement, nous réalisons des MEMS optiques à partir de semi-conducteurs, donc de silicium, des MEMS pour l'industrie des communications sans fil ou encore des capteurs MEMS à haute valeur ajoutée pour l'industrie biomédicale et aérospatiale.

Boursier.com : A quel(s) marché(s) vous adressez-vous ?

J.M.K. : La fabrication de MEMS requiert une capacité de production qu'il nous était impossible d'avoir à la création de Memscap, aussi avons nous débuté par le développement et la vente de logiciels de conception de MEMS. Cette activité constituait d'ailleurs la quasi totalité de nos revenus quand nous nous sommes introduits en Bourse. La démarche partait d'une volonté de ne pas brusquer les choses et de rester centrés sur les éléments que nous maîtrisions avant de chercher à tout prix à conquérir des marchés de façon inconsidérée et aléatoire. La levée de fonds de 101 Millions d'Euros réalisée lors de notre entrée au Nouveau Marché, le 1er Mars 2001, nous a permis d'occuper le secteur de la communication sans fil. Puis est venu le tour des produits optiques, et enfin le secteur des capteurs médicaux et à destination de l'aérospatiale. Chaque marché constituant une niche, nous avons, au fur et à mesure, pu nous y imposer avant de nous consacrer au suivant.

Boursier.com : Quel est votre positionnement sur ces fameux marchés ?

J.M.K. : Au niveau des logiciels, nous ne sommes que deux dans le monde, autant vous dire que nos deux produits MemsXplorer et MemsPro sont largement répandus dans le milieu. Pour les autres marchés, Memscap possède un avantage concurrentiel très important dû à notre avance technologique, et au très grand nombre de brevets que nous possédons. Par ailleurs, nous sommes à l'heure actuelle la seule société cotée au monde, mais également celle qui réalise désormais le plus gros chiffre d'affaires parmi les sociétés indépendantes. Je parle de sociétés indépendantes car Texas Instrument, par exemple, possède un division qui travaille sur les MEMS pour des applications vidéo-projection et réalise un CA supérieur.

Boursier.com : Vous ne réalisez pourtant que 15% de votre activité dans les composants optiques ?

J.M.K. : Comme je vous l'ai expliqué, la structure à mettre en place pour une production importante est assez lourde, et c'est un comble mais nous n'avons pas été en mesure de satisfaire toute la demande jusqu'à maintenant. Le problème va être bientôt réglé avec la construction de notre centre de production débutée en juin dernier. Cette "usine" démarrera au cours du second trimestre et atteindra sa vitesse de croisière au deuxième semestre. A partir de là, nos produits prendront un réel essor et cela nous permettra surtout de satisfaire la demande. Tout partira de là et nous avons pour objectif d'obtenir un CA de 15 ME dans cette branche dès cette année, soit une activité multipliée par 10.

Boursier.com : Quel est sont les atouts de votre produit optique ?

J.M.K. : Le Switch (=commutateur optique) Memscap est le plus compétitif du marché. A l'heure actuelle, il est commercialisé 300 dollars l'unité, alors que nos principaux concurrents vendent les leurs entre 1.000 dollars pour le plus cher et 400 dollars pour le plus proche de nous. Nous gardons un avantage supplémentaire sans fausse modestie, dans le sens où notre produit est "tout optique", ce qui n'est pas le cas de la plupart des autres offres. Le second avantage du produit réside dans sa forte valeur ajoutée, puisqu'il dégage une marge brute de 65%. Quant au marché, le potentiel est énorme dans des domaines divers. J'en veux pour exemple la volonté de modernisation par les grands opérateurs des switch de protection de leurs réseaux optiques en prévision de l'augmentation du trafic. AT&T, Quest ou France Telecom ont déclaré que celle-ci n'interviendrait qu'en cas de division par deux des coûts. Grâce à nos prix cassés, nous sommes déjà en course pour ces opérations.

Boursier.com : Comment se décompose votre CA pour 2001 ?

J.M.K. : En intégrant la société scandinave Capto, acquise récemment, nous avons réalisé autour de 18 Millions d'Euros de chiffre d'affaires. Les capteurs au niveau médical et aéronautique, cœur d'activité de Capto, représentent environ 8 ME, la communication sans fil 5,1 ME, les logiciels et tout ce qui s'y rapporte 3,4 ME et l'optique 1,5 ME.

Boursier.com : Votre trésorerie était très importante l'année dernière. Est-ce toujours le cas ?

J.M.K. : Tout à fait, et cela nous a d'ailleurs permis d'acquérir Capto pour un prix avoisinant les 10 ME, ce qui constitue d'ailleurs une bonne affaire compte tenu de la taille de la société, qui a réalisé 10 ME de CA et dont la profitabilité est assurée en 2001. Après cette opération, nous conservons donc une trésorerie de 75 Millions d'Euros.

Boursier.com : Vous publiez bientôt vos résultats 2001, quelle est la situation financière ?

J.M.K. : Nous venons d'évoquer le niveau de trésorerie et vous avez pu constater qu'à l'exception de l'opération de croissance externe, le niveau est toujours très bon, car nous ne "brûlons" que très peu de liquidités. L'année a été difficile sur le marché des semi-conducteurs mais nous sommes très satisfaits de notre résistance, et les produits financiers compensent la faiblesse du résultat d'exploitation, qui selon nos prévisions sera positif à l'issue de l'exercice 2002, grâce à notre unité de production. L'exercice en cours marquera d'ailleurs une forte croissance puisque nos prévisions croisées avec celles des analystes anticipent 41 ME de chiffre d'affaires.

Boursier.com : Que pensez-vous de la valorisation du groupe en Bourse ?

J.M.K. : Jusqu'à maintenant, j'ai le sentiment que les investisseurs restaient un peu à l'écart, mais la présence de Memscap dans l'IT CAC et bientôt et dans le SBF 250 favorisent la liquidité du titre. Aujourd'hui le flottant représente 23,5% de notre capital, alors que 35% appartiennent à des capital-risqueurs. Un programme de stock-options représentant 10% du capital environ a été mis en place pour l'ensemble de nos salariés, ce qui augmentera encore la liquidité. Quant au cours actuel, si nous partons sur une base de 110 ME de valorisation et que nous retirons la trésorerie, on obtient 35 ME, ce qui est inférieur à la moitié de notre chiffre d'affaires. Dès lors que les analystes tablent sur un CA de 41 ME cette année, vous pouvez vous faire facilement une idée de ce que j'en pense. De mon point de vue, le titre ne peut que fortement s'apprécier d'ici 2003...

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