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Jean-Charles Fruchart, Professeur et actionnaire de Genfit

Jean-Charles Fruchart Professeur et actionnaire de Genfit

J'ai publié un communiqué le 3 octobre dernier pour informer tous les actionnaires de Genfit
Jean-Charles Fruchart, Professeur et actionnaire de Genfit

Boursier.com : Vous avez publié un communiqué de presse lundi 3 octobre, à propos d'un jugement datant du mois de mars dernier. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

J-C.F. : Les débats qui ont eu lieu devant la Cour d'Appel de Douai ont mis en lumière la manière dont la molécule avait été développée par les dirigeants de Genfit, ainsi que leur stratégie pour assurer la pérennité de l'entreprise. J'ai attendu que les dirigeants de Genfit en informent le Conseil de Surveillance, ainsi que les actionnaires, afin que le débat sur ces questions puisse avoir lieu au sein de la société. Les dirigeants de Genfit n'ont pas voulu le faire, ni même répondre aux questions écrites et orales que j'ai posées sur ces sujets au cours de la dernière assemblée générale de Genfit qui s'est tenue le 27 septembre 2011. C'est pourquoi, j'ai publié un communiqué le 3 octobre dernier pour en informer tous les actionnaires de Genfit.

Boursier.com : Vous contestez l'efficacité du GFT505, la molécule la plus avancée de Genfit et dites que des génériques sont plus efficaces. Lesquels ? Et sur quels résultats reposent vos affirmations ?

J-C.F. : Dans son communiqué du 23 novembre 2009, les dirigeants de Genfit annonçaient que chez les patients présentant une dyslipidémie athérogène (Plasma Triglycérides >150mg/Dl et HDL - Cholestérol <40mg/dL), le GFT505 apportait une réduction de 21 % des triglycérides et une augmentation de 9% du taux de bon cholestérol (HDL-C), et que ces effets métaboliques étaient comparables avec les meilleurs compétiteurs (fibrates) du GFT505. Ils ajoutaient que " ces bénéfices (...) positionnent déjà GFT505 comme le premier représentant d'une nouvelle classe thérapeutique agissant sélectivement et simultanément sur deux récepteurs nucléaires distincts ". Cette communication a interpellé la communauté scientifique car les résultats annoncés pour le GFT505 étaient en fait inférieurs à ceux déjà obtenus chez le même type de patients avec des médicaments compétiteurs déjà disponibles de longue date, et même commercialisés sous forme de génériques. En effet, par exemple, le Fénofibrate donne chez les mêmes patients une réduction de 43,2 % des triglycérides et une augmentation de 18,8% du taux de bon cholestérol (Farnier et al, Eu Heart J. 2005, 26:897). Le Bézafibrate donne une réduction de 32 % des triglycérides (Ruotolo et al, JACC Vol. 32 No. G Novembre 15, 1998: 16.48-56) et une augmentation de 17,9% du taux de bon cholestérol (The BIP Study Group Circulation : Volume 102(1)4 July 2000 pp 21-27). C'est aussi l'avis d'une quarantaine d'experts internationaux reconnus qui ont signé un document réfutant les arguments avancés par Genfit (arguments qui ont été élaborés par deux des salariés de la société). En outre, le Bézafibrate agit simultanément sur les mêmes récepteurs nucléaires que ceux annoncés pour le GFT505 (PPARa et PPARd), ce qui démontre que le GFT505 n'est pas " le premier représentant d'une nouvelle classe thérapeutique agissant sélectivement et simultanément sur deux récepteurs nucléaires distincts ".

Boursier.com : On peut être surpris par vos attaques à l'encontre d'une société dont vous êtes toujours actionnaire...

J-C.F. : Je suis l'un des fondateurs et le principal actionnaire de Genfit au travers de la société Biotech Avenir. Je suis également le père de la molécule GFT505. Mes commentaires n'ont jamais été des attaques contre Genfit ou contre la molécule GFT505, mais je me suis élevé, avec d'autres actionnaires, contre la gestion opaque de cette société par ses actuels dirigeants, qui les ont conduits à malmener le processus de développement de la molécule, aux seules fins de satisfaire à des besoins de communication. Les communiqués des dirigeants de Genfit du 23 novembre 2009 ont jeté le trouble auprès de la communauté scientifiques et des professionnels du métier (notamment les grands laboratoires) et ont gravement porté atteinte à la crédibilité de la société. Il s'agit là d'un problème de santé publique, comme d'un impératif de défense des intérêts de Genfit. Les dirigeants de Genfit veulent faire croire que les commentaires des scientifiques seraient nécessairement des attaques contre la société ou sa molécule, afin de dissimuler leur gestion critiquable de la société. Déjà en 2008, lorsque j'ai commencé à dénoncer cette gestion, les dirigeants de Genfit ont fait croire à l'opinion publique que je cherchais à prendre le pouvoir dans la société à des fins purement personnelles, et ont réduit mes critiques légitimes à un simple problème de personnes, pour me discréditer. C'est la même tactique qui est aujourd'hui employée.

Boursier.com : Vous allez jusqu'à parler de " menaces juridiques " de la part de Genfit dans votre communiqué. Pouvez-vous préciser ?

J-C.F. : A la suite des communiqués du 23 novembre 2009, les experts internationaux ont rectifié les informations publiées par Genfit dans un communiqué de presse qui a été publiée aux Etats-Unis, le 16 Décembre 2009, sur le site " PR Newswire ". Les experts ont alors reçu une réfutation émanant de la direction de Genfit, qu'ils ont rejetée. Cependant, quatre de ces experts, parmi lesquels figure un Professeur enseignant à l'université américaine d'Harvard, ont reçu personnellement un courrier qui leur a été adressé directement par les avocats de Genfit, et dans lequel ces derniers les sommaient de s'abstenir de toute discussion ou d'expression de leur opinion scientifique concernant le GFT505, sous peine de poursuite. Incapables de justifier de leurs déclarations par des arguments scientifiques solides, les dirigeants de Genfit ont donc tenté d'intimider les scientifiques par des courriers d'avocats, afin de les faire taire. Un tel procédé est inacceptable dans une société démocratique et porte gravement atteinte à la liberté d'expression des scientifiques, laquelle constitue une garantie fondamentale pour la fiabilité des informations données au public concernant un candidat médicament. C'est d'ailleurs ce qu'a rappelé la Cour d'Appel de Douai dans son arrêt du mois de mars 2011 : " Ainsi, le premier juge a fait une exacte analyse des faits, soulignant que la société appelante [Genfit] ne peut reprocher au monde scientifique, y compris à monsieur Fruchart, de répondre à des arguments qu'elle a choisi de publier ni d'anticiper sur la phase terminale d'élaboration et de diffusion du produit alors qu'elle l'a fait elle même. La confirmation du débouté de l'ensemble des demandes de l'appelante s'impose ". Genfit a réitéré ce procédé en m'adressant un courrier, daté du 7 octobre 2011, à la suite de la publication de mon communiqué du 3 octobre 2011.

Boursier.com : Genfit explique avoir gagné tous ses procès contre vous...

J-C.F. : En 2008, la majorité des actionnaires de Biotech Avenir, le principal actionnaire de Genfit, a souhaité le départ de Monsieur Mouney et de Madame Séjourné, les dirigeants de l'époque de Biotech Avenir et de Genfit. Ainsi, au cours d'une assemblée générale qui s'est tenue le 30 juin 2008, en présence d'un Huissier de Justice, 57% des actionnaires de Biotech Avenir ont voté la révocation de Monsieur Mouney et de Madame Séjourné. Pour bloquer la décision des actionnaires, ces dirigeants ont utilisé leurs fonctions à la tête de ces sociétés pour refuser de convoquer les organes sociaux qui devaient les révoquer et voter au nom de Biotech Avenir, lors des assemblées de Genfit. Les actionnaires ont été contraints de tenir dans l'urgence un Comité de Direction, le 26 juin 2008, et une assemblée générale, le 30 juin 2008, qui les ont révoqués. Monsieur Mouney et de Madame Séjourné ont obtenu du Tribunal de commerce de Lille qu'il annule ces décisions pour des motifs de formes, et pour empêcher les actionnaires de régulariser ces vices de formes, ils ont obtenu du Tribunal de commerce de Lille, qu'il nomme, le 8 juillet 2008, un administrateur provisoire pour Biotech Avenir, avec interdiction faite à ce dernier de convoquer une assemblée générale de la société, tant que le Tribunal de commerce de Lille n'aura pas rendu une décision concernant les Comité de Direction et assemblée générale de juin 2008. Monsieur Mouney et Madame Séjourné se sont ensuite servis de ces décisions de justice pour décourager les actionnaires réticents et faire basculer la majorité de Biotech Avenir en leur faveur. Nous avons déposé quatre plaintes pénales qui sont encore en cours d'instruction.

Boursier.com : Quelles sont vos activités aujourd'hui, notamment dans le milieu scientifique ?

J-C.F. : Actuellement, je suis Président de la Fondation Coeur et Artères (fondation d'utilité publique), Président de la Fondation internationale R3i, Past-President de la société internationale d'Atherosclérose (IAS), Président du comité des nominations de l'IAS, membre du Comité Exécutif de l'IAS, membre du Comité Exécutif de la Taskforce internationale pour la prévention des maladies cardiovasculaires. D'autre part je conseille certains laboratoires pharmaceutiques pour le développement de nouveaux médicaments dans le domaine cardio-métabolique. Je préside le comité scientifique international d'une grande compagnie dans l'agro-alimentaire. Je fais en outre des conférences sur invitation dans de nombreux pays du monde où le diabète et les maladies cardio-vasculaires sont épidémiques.

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