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Cotation du 13/08/2020 à 17h35

Quadient (ex-Neopost) -1,19% 12,450€

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Geoffrey Godet, DG de Quadient (ex Neopost)

Geoffrey Godet DG de Quadient (ex Neopost)

Quadient est au début d'une nouvelle histoire!
Geoffrey Godet, DG de Quadient (ex Neopost)

Boursier.com : Votre marché historique dans le courrier postal est-il encore en croissance ?

G.G. : Nous observons depuis une dizaine d'années une diminution des volumes de courrier, ce qui a un impact sur notre marché historique, celui de l'équipement des entreprises en machines à affranchir et en machines de mise sous pli. La baisse du courrier postal n'a toutefois pas eu la même ampleur selon les pays. Aux États-Unis, qui est notre premier marché, la baisse a été limitée à un rythme inférieur à 4% par an entre 2008 et 2017. En revanche, au Danemark, sur la même période, les volumes de courrier ont chuté de 13% par an, conséquence de fortes initiatives gouvernementales en matière de dématérialisation. Dans ce contexte, nos solutions liées au courrier ont bien résisté jusqu'en 2013 puis décliné d'en moyenne un peu plus de 4% par an entre 2014 et 2018.
Le courrier physique ne va pas disparaître du jour au lendemain et nos principaux marchés, notamment les Etats-Unis, offrent encore un potentiel intéressant pour nous.
En présentant début 2019 notre nouveau plan stratégique, et notre nouveau nom, Quadient, nous affichons notre volonté de réinvestir dans cette activité. Celle-ci a d'ailleurs été en croissance au 1er semestre 2019 aux Etats-Unis, preuve que nos initiatives commencent déjà à porter leurs fruits. Dans le même temps, nous continuons à accompagner nos clients dans la digitalisation de leur courrier.

Boursier.com : Quelle est l'évolution de vos parts de marché sur ce segment ?

G.G. : Nous sommes le deuxième acteur mondial de ce marché, avec plus de 500 000 clients et une position particulièrement intéressante dans les solutions destinées aux grands volumes de courrier. Notre part de marché est supérieure à 50% en France, tandis qu'elle se situe entre 20 et 25% au Royaume-Uni et autour de 20% en Amérique du Nord. Nous disposons donc d'un réel potentiel de progression, en particulier aux Etats-Unis où nous sommes repartis à la conquête de nouveaux clients comme le démontre l'augmentation récente de nos ventes d'équipement. Pour cela nous misons notamment sur le renouvellement de nos gammes de produits, sur l'équipement des salles de courrier en solutions dédiées à l'expédition de colis, sur la qualité de service et sur une optimisation de notre distribution avec une politique commerciale adaptée à chaque segment de clientèle.

Boursier.com : Pouvez-vous détailler vos relais de croissance ?

G.G. : Nos solutions de gestion de l'expérience client s'adressent à de grandes entreprises qui cherchent à organiser de façon optimale la complexité des communications avec leurs clients tout en accroissant leur satisfaction. Grâce à notre expertise, chaque interaction - et elles sont de plus en plus nombreuses - devient une opportunité d'enrichir l'expérience client en personnalisant les échanges, en apportant des réponses de plus en plus rapides et en utilisant le canal de communication le plus adapté. Dans le domaine de l'automatisation des processus métier, nous accompagnons les entreprises, notamment les PME, dans leur transition digitale. Forts de notre expertise dans les solutions de courrier hybride et dématérialisé, nous étendons notre offre à la gestion des flux de factures entrantes et sortantes. Nos solutions apportent de la simplicité en permettant une plus grande automatisation des processus et s'inscrivent donc dans une logique d'optimisation des coûts. Enfin, tandis que les volumes de colis continuent d'augmenter fortement, nos consignes automatiques sont une réponse efficace aux problématiques de livraison pour les transporteurs et de collecte pour les particuliers. Nous avons déjà développé en France comme au Japon d'importantes bases de consignes automatiques situées dans des lieux de passage ou dans des chaînes de magasins pour des solutions de " click and collect ". En faisant l'acquisition de Parcel Pending en début d'année, nous avons pris une position clé dans l'installation de consignes automatiques dans le secteur résidentiel aux Etats-Unis. Ce sont là les trois relais de croissance sur lesquels nous nous concentrons et qui nous permettent de générer des synergies entre nos différentes offres. Nous attendons sur ces activités des taux de croissance organique à 2 chiffres.

Boursier.com : A terme, comment devraient se répartir les ventes entre ces nouveaux métiers et votre marché historique dans le courrier ?

G.G. : Nous devons continuer à transformer Quadient et rééquilibrer notre portefeuille afin d'être moins dépendant des solutions liées au courrier qui représentent 70% de nos revenus. Nous pensons que pour atteindre une trajectoire de croissance profitable et pérenne, il faudrait que nos relais de croissance représentent plus de la moitié de notre chiffre d'affaires. C'est l'un des objectifs que nous nous sommes fixés à l'horizon 2022. Cela passe par de la croissance organique mais également par quelques acquisitions ciblées.

Boursier.com : Votre dette est-elle trop élevée ?

G.G. : Non. Il faut savoir que notre dette est majoritairement liée au matériel que nous plaçons chez nos clients sous forme de contrat de leasing ou de location, qu'il s'agisse de machines à affranchir et de mise sous pli ou de consignes colis automatiques. Nous devons financer ces équipements mais nous avons en contrepartie la garantie de percevoir sur la durée des contrats les revenus de leasing ou les loyers correspondants. Notre dette nette, qui s'élevait à un peu plus de 700 millions d'euros à fin juillet 2019, est en réalité totalement adossée à ces flux de trésorerie futurs qui atteignaient 920 millions d'euros à la même date. De plus, nos sources de financement sont diversifiées et nous respectons largement les covenants financiers auxquels nos dettes sont soumises.

Boursier.com : Quadient n'a pas d'actionnaire de référence, est-ce un handicap ?

G.G. : Depuis notre introduction en bourse en 1999, nous avons près de 100% de flottant. Nous sommes une société rentable, fortement génératrice de cash-flow. Ne pas avoir d'actionnaire de référence ne constitue pas un handicap. Le fait d'avoir un flottant élevé assure une meilleure liquidité du titre et nous permet d'être au SBF 120.

Boursier.com : Que pensez-vous de votre valorisation boursière ?

G.G. : Nous sommes au début d'une nouvelle histoire. Notre stratégie est une stratégie de croissance ambitieuse, tant en matière de chiffre d'affaires que de résultat opérationnel, qui vise à accélérer la transformation de Quadient. Pour mener à bien cette stratégie, nous avions besoin de plus de flexibilité en matière d'allocation du capital et c'est pourquoi nous avons adapté notre politique de retour aux actionnaires. Ceci a eu un impact mécanique sur notre cours de bourse en janvier dernier. Nous devons désormais attirer de nouveaux investisseurs et continuer à apporter les preuves que nous sommes capables d'exécuter notre stratégie. Nous nous sommes fixés une feuille de route pour 4 ans. Et sans attendre, nous avons déjà montré que nous étions sur une bonne dynamique avec cinq trimestres consécutifs de croissance organique, grâce notamment aux changements que nous avons opérés en recentrant nos opérations pour gagner en cohésion et créer davantage de synergies. Pendant ce temps, nous restons une société profitable avec des cash-flows récurrents et nous nous sommes engagés à verser au moins 20 % de notre résultat net en dividendes avec un minimum de 0,50 Euro par action. Je suis confiant dans le succès de notre stratégie et dans le fait que notre cours de bourse saura le refléter.

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