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Fabrice Plasson, Cofondateur et Président d'Amoéba

Fabrice Plasson Cofondateur et Président d'Amoéba

Si Nicolas Hulot souhaite prendre le dossier à bras le corps...
Fabrice Plasson, Cofondateur et Président d'Amoéba

Boursier.com : Vous avez fait part de votre incompréhension suite à l'avis émis par l'Agence européenne des produits chimiques qui n'approuve pas votre produit. Quels sont aujourd'hui vos arguments pour contester leur recommandation ?

F.P. : Nous n'avions pas le droit de communiquer sur le fond du dossier, mais uniquement sur la conclusion... Néanmoins l'Agence française de sécurité sanitaire (ANSES) a enfreint ces règles et a répondu à un de vos confrères sur le fond, donc je m'autorise à le faire, ces éléments étant désormais publics... En premier lieu, concernant le prétendu effet "cheval de Troie" par lequel l'amibe agirait comme réservoir de bactéries, je rappelle que le mode de fonctionnement de l'amibe est de manger les bactéries, lesquelles sont, à un moment donné, logiquement dans l'amibe. En outre, sur un plan juridique, la Cour européenne de Justice de Luxembourg a clairement défini qu'un risque hypothétique ne pouvait en aucun cas servir de non approbation et qu'il faut un risque avéré pour invoquer le risque de précaution. C'est un cas de jurisprudence de la cour européenne de Justice. Or, aucun risque avéré n'a pu être mis en évidence entre cet effet " cheval de Troie " et un potentiel risque pour l'homme et l'environnement. L'ANSES emploie d'ailleurs le conditionnel dans ses conclusions... C'est une honte que le droit et la jurisprudence européens soient bafoués pour délivrer une non-autorisation. Nous ferons valoir nos droits.

Boursier.com : D'après les éléments dévoilés par un confrère, l'ANSES a aussi jugé que le produit n'avait pas suffisamment démontré d'efficacité...

F.P. : En 2015, l'ANSES a accepté une substance chimique dont l'efficacité était non démontrée. Le rapport explique clairement que la substance n'a pas démontré d'efficacité. Un deuxième principe européen consiste dans l'obligation de traiter de manière équivalente la chimie et la microbiologie. L'ANSES ne semble pas non plus en tenir compte. Mais sur le fond, nous avons réalisé toutes les études nécessaires pour confirmer l'efficacité du produit. En résumé, notre dossier est rejeté sur des éléments inadmissibles juridiquement parlant; et sans aucun élément tangible scientifiquement parlant !

Boursier.com : Vous décrivez un processus injuste pour Amoeba... Quelles en seraient les raisons ?

F.P. : Je suis curieux de le savoir! Lorsque la France amène devant l'Europe une société française, elle est censée la défendre, face aux autres membres... Là c'est tout l'inverse qui s'est produit...

Boursier.com : Une décision de la Commission Européenne allant à l'encontre de l'avis du comité d'experts, constitue-t-elle un scénario plausible ?

F.P. : Nicolas Hulot vient de s'engager publiquement à promouvoir et favoriser l'homologation des solutions de bio contrôle des start-ups biologiques. L'écart semble énorme entre son discours et les décisions de son administration. Je l'engage à prendre le dossier à bras le corps avant la décision finale de la commission Européenne en octobre 2018. Si Monsieur Hulot veut écrire une jurisprudence sur une nouvelle substance, biocide, il peut le faire ! Dans le cas contraire, cela aurait des conséquences désastreuses pour l'innovation française dans le domaine de l'eau, ressource essentielle, et cela pour des années.

Boursier.com : L'opinion émise par l'Agence européenne des produits chimiques résulte d'un processus contradictoire impliquant l'ensemble des États membres européens ainsi que le demandeur. Dans ce contexte comment pouvez-vous faire une demande d'autorisation auprès d'un nouvel état membre ?

F.P. : Nous pouvons soumettre à nouveau le dossier à d'autres pays, mais nous aurions alors perdu trois ans... La France est le pays le plus prolifique en termes de créations d'entreprises, mais il faut la fuir dès qu'on arrive au niveau réglementaire !

Boursier.com : Avez-vous la Trésorerie suffisante pour faire face à vos prochaines échéances ?

F.P. : Notre Trésorerie nous mène jusqu'à fin 2018 et vraisemblablement, la société devra lever de l'argent sur la base de nouvelles applications, mais aussi sur sa capacité à contrer l'opinion de non-approbation et à déposer le dossier dans un autre pays. Concernant notre usine française, c'est malheureux, mais elle n'a plus lieu d'être et nous allons consacrer toute notre énergie aux Etats-Unis, puisque nous attendons la décision pour cette application en octobre 2018. Nous avons aussi la possibilité de nous développer en Chine dans cette même application. Par ailleurs, nous développons d'autres applications comme l'utilisation de l'amibe dans le biocontrole en agriculture. Les tests d'efficacité sont menés à Bordeaux. Nous allons accélérer le dépôt de ce dossier, mais pas en France !

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