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Eric Rouvroy, Président d'AlterFi, actionnaire d'O2i

Eric Rouvroy Président d'AlterFi

J'adhère à l'offre de Prologue sur 02i pour les perspectives de valorisation qu'elle induit !
Eric Rouvroy, Président d'AlterFi, actionnaire d'O2i

Boursier.com : Vous avez tenu à réagir à la prise de position de Jean-Thomas Olano, le PDG d'O2i, qui s'est dit, sur Boursier.com, hostile à l'OPE dont l'intention a été publiquement prononcée par Prologue.

E.R. : Alterfi, société de gestion de fortune suisse que je dirige, détient 9,05 % du capital d'O2i, pour le compte du fonds AlterFi Managed Futures Fund dont elle assure la gestion, ce qui en fait vraisemblablement le premier ou deuxième actionnaire d'O2i, hors la participation de la Financière Olano. C'est mon rôle d'actionnaire de réagir aux propos d'un dirigeant lorsque je les juge inappropriés... C'est le cas. En l'occurrence, lorsque, par exemple, Jean-Thomas Olano pointe du doigt un risque de dilution pour les actionnaires d'O2i qui apporteraient à l'offre éventuelle de Prologue, c'est l'hôpital qui se moque de la charité ! Le nombre de titres O2i a été multiplié par 3,3 depuis l'introduction en Bourse de la société en décembre 2005, en raison des nombreuses augmentations de capital réalisées. Les actionnaires d'O2i ont déjà été largement dilués, d'autant que les opérations successives ont été réalisées en loi TEPA, donc sans droits préférentiels de souscriptions.

Boursier.com : Concrètement, apporterez-vous vos titres à l'éventuelle offre ?

E.R. : Je suis favorable à l'offre de Prologue. Je n'ai pas la compétence pour émettre une opinion sur l'intérêt économique ou métier de l'opération pour les deux groupes et je ne serais pas dans mon rôle de le faire. Mon unique souci est de valoriser au mieux une participation et je considère que l'offre éventuelle de Prologue peut y contribuer.

Boursier.com : Lorsque Jean-Thomas Olano explique ne pas être convaincu des synergies avec Prologue, on a tendance à lui donner raison...

E.R. : Comme je l'ai dit, je ne suis pas un spécialiste des métiers d'O2i et de Prologue. Il semble néanmoins que les deux sociétés sont positionnées sur des métiers différents mais visiblement complémentaires. Je ne me permettrais pas de critiquer l'approche Business de Jean-Thomas Olano et son savoir-faire sur ses métiers. Il a construit un groupe qui compte de vraies pépites et il faut lui rendre justice d'avoir créé le numéro deux français de la formation professionnelle en informatique, bureautique et multimédia. Mais cette construction s'est faite "à marches forcées" et a détruit de la valeur d'un point de vue actionnarial ! Il suffit de comparer la capitalisation boursière actuelle à celle de l'introduction en décembre 2005. En les rapportant aux chiffres d'affaires 2014 (estimé) et 2005, O2i vaut 3 fois moins ! Ce que le marché n'a pas apprécié, ce sont la succession ininterrompue et la taille des acquisitions réalisées par O2i et, surtout, le fait que cette stratégie n'était pas prévisible, encore moins actée, lors de l'introduction fin 2005. Actionnaire récent d'O2i, Alterfi, via le fonds qu'elle gère, n'a pas eu à souffrir de la baisse du cours, mais je connais certains actionnaires qui perdent presque les deux-tiers de leur investissement. Ils sont encore mieux placés que moi pour constater une destruction de valeur pour les actionnaires.

Boursier.com : Jean-Thomas Olano explique qu'O2i est sur le point d'engranger enfin les bénéfices de nombreuses années d'investissements et que ce n'est donc pas le moment de céder ses titres...

E.R. : C'est certainement la réalité, mais c'est trop tard. Son discours est totalement décrédibilisé car il y a une trop grande dichotomie entre celui-ci, ses actes et ses résultats, ceci depuis de nombreuses années. A de rares exceptions près, les objectifs prévisionnels n'ont pas été atteints. Il est aujourd'hui inaudible, notamment auprès de futurs investisseurs, sans parler des actionnaires les plus anciens, en fortes moins-values, qui souffrent de la situation. Le groupe possède des pépites qui méritent une meilleure valorisation, mais je doute que Jean-Thomas Olano retrouve une crédibilité suffisante auprès du marché pour concrétiser cette valorisation. Il n'arrivera pas, à mon sens, à convaincre ses actionnaires ou de futurs investisseurs qu'il fera demain ce qu'il n'a jamais fait hier.

Boursier.com : Votre frère, Jacques Rouvroy, ancien patron de Belvédère, est au capital de Prologue. On pourrait vous accuser d'oeuvrer tous les deux pour l'opération...

E.R. : Mon frère est, en effet, présent au capital de Prologue depuis de nombreuses années, dans une logique de diversification patrimoniale. Sa participation est aujourd'hui infime. La réussite d'une éventuelle opération de Prologue n'impactera donc que très faiblement sa vie ! Je peux en outre affirmer qu'il n'est pas à l'origine de l'opération et n'y avait même pas songé, car les métiers de Prologue et O2i sont, en effet, bien éloignés de sa sphère de compétence, comme de la mienne d'ailleurs. Personnellement ou via Alterfi, je ne détiens aucun titre Prologue. Je raisonne et me positionne par rapport à cette offre éventuelle uniquement en tant qu'actionnaire d'O2i !

Boursier.com : Jean-Thomas Olano regrette une offre de Prologue sous-valorisant O2i. Faut-il que Prologue revoit sa copie selon vous ?

E.R. : Je partage l'avis de Jean-Thomas Olano sur un point : la sous-valorisation actuelle d'O2i. Elle a d'ailleurs été bien comprise par Prologue puisque, au moment de son annonce d'une éventuelle opération, la parité envisagée et le cours de Prologue valorisaient O2i à environ 2,70 EUR. C'était aussi tout le sens de mon investissement dans la société à partir de novembre 2013 et je l'ai à nouveau déclaré lors du franchissement de seuil de 5%, le 28 janvier 2014. Mais s'il considère lui aussi que sa société vaut moins que ce qu'elle devrait valoir, comment se fait-il alors qu'il n'achète pas de titres actuellement ? Va-t-il monter au créneau pour défendre son business, lui le fondateur et PDG, premier actionnaire, alors qu'une OPE jugée hostile est lancée ? Si ses actionnaires apportent à l'OPE, il est clairement en danger. Il ne peut pas, d'un côté discourir sur le fait que la société est sous-valorisée et, de l'autre côté, ne pas agir en conséquence. En période "normale", cela passerait encore, mais lorsqu'une OPE considérée comme hostile est susceptible d'être lancée, c'est incompréhensible. Ceci contribue, là encore, à décrédibiliser le discours faute d'actes en accord avec celui-ci. Quant à ce que Prologue revoit sa copie, il ne m'appartient pas d'en juger, ni même de le proposer.

Boursier.com : Echanger vos titres O2i contre ceux d'une société qui a beaucoup souffert et va sortir d'un plan de continuation ne vous effraie-t-il pas ?

E.R. : Je ne suis pas effrayé par Prologue, bien au contraire. Ses dirigeants ont créé de la valeur pour les actionnaires. Ils viennent de lever déjà 6,8 ME, vont faire sortir la société du plan de continuation avec 2 ans d'avance. J'imagine que le business se développera avec plus de facilité grâce au franchissement de cette importante étape. D'un point de vue financier, le cours du titre est certes 50% sous son plus haut mais la capitalisation boursière reste à des niveaux très corrects. En l'absence d'une offre concurrente, j'adhère à l'offre éventuelle de Prologue pour les perspectives de valorisation qu'elle induit. C'est évidemment mon opinion, elle n'engage que moi, et je ne demande pas à ce qu'elle soit partagée par tous les actionnaires d'O2i. Ce sont eux qui jugeront en dernier ressort, si offre il y a évidemment. S'il y avait une contre-offre, bien entendu, je l'étudierais. Je considère, en effet, qu'O2i est encore sous-valorisée. Elle mériterait donc effectivement une contre-offre, mais la structure du groupe, avec deux pôles d'activité très différents, peut freiner les ardeurs d'acquéreurs potentiels, surtout s'ils sont intéressés essentiellement par un seul des deux pôles.

Boursier.com : Le PDG d'O2i laisse une porte ouverte, en cas d'offre plus élevée, avec une partie en cash...

E.R. : Je ne vois pas comment Prologue pourrait faire une offre en cash, même si elle vient de lever des capitaux. N'oublions pas qu'elle sort d'un plan de continuation ! Elle a d'ailleurs communiqué sur les utilisations qu'elle va faire de ces fonds, à savoir sortir du plan de continuation et développer son business. La parité proposée reflète, selon moi, assez bien la situation des deux titres, sachant que le cours d'O2i a doublé sur un an, si l'on tient compte de l'attribution récente de BSAAR, et que le cours de Prologue a baissé depuis plusieurs mois. L'offre éventuelle de Prologue sur O2I me semble donc équilibrée, ce que j'appelle un deal "win-win". Si le cours de Prologue devait remonter, l'intérêt pour les actionnaires d'O2i évidemment grandirait, mais pour l'instant l'offre ne me pose pas soucis en termes de valorisation. Je ne tiendrai plus forcément ce même discours si le cours du titre Prologue devait baisser à nouveau... Pour en revenir à ce que vous qualifiez de "porte ouverte", je ne comprends pas la logique des propos de Jean-Thomas Olano. D'un côté, il considère la "mariée" indésirable en déclarant "apporter ses actions O2i pour du papier Prologue ne me semble pas être un investissement judicieux", de l'autre côté, il accepterait de l'épouser "si Prologue proposait une valorisation sensiblement supérieure..." La "mariée" serait donc plus séduisante avec une belle dot !

Boursier.com : Pensez-vous que Prologue puisse réussir dans son OPE, si l'offre est lancée ?

E.R. : Prologue a indiqué avoir reçu des engagements pour 16% du capital d'O2i. Sur les parités actuelles, Prologue peut, à mon sens, obtenir la minorité de blocage. Atteindre la majorité sera, pour l'heure, plus compliqué car Prologue souffre actuellement d'un cours de Bourse en retrait depuis l'annonce de son projet. Mais les actionnaires lassés d'O2i sont a priori nombreux. Certains, notamment anciens, ont déjà perdu presque les 2/3 de leur capital. Ils peuvent décider d'apporter leurs titres à une éventuelle OPE s'ils estiment que leurs chances de revaloriser leur investissement sont plus élevées à travers des titres Prologue plutôt qu'O2I.

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