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Cotation du 14/08/2020 à 17h35

Schneider Electric -2,10% 102,550€

Emmanuel Babeau, Directeur Général Finances de Schneider Electric

Emmanuel Babeau Directeur Général Finances de Schneider Electric

Nous avons su trouver du vent sur le plan d'eau
Emmanuel Babeau, Directeur Général Finances de Schneider Electric

Boursier.com : Quel est votre avis sur les comptes que vous venez de publier pour l'exercice 2012 ?

E.B. : C'est une belle performance dans des marchés difficiles... Nous avons su trouver de la croissance malgré des conditions délicates en Europe de l'ouest et alors que la Chine a connu son premier ralentissement d'activité depuis 20 ans... Nous avons donc été chercher cette croissance là où il y en avait comme en Russie, au Mexique par exemple et même aux Etats-Unis dans l'habitat.

Boursier.com : Quelles sont les activités qui vous ont permis de réaliser cette performance ?

E.B. : Certains segments sont très porteurs comme celui des "data center" dans le cadre de la numérisation de l'économie mondiale. La croissance des infrastructures du côté des émergents bien entendu nous a encore profité. Certains secteurs comme le pétrole/gaz ont aussi très bien performé. Le thème de l'efficacité énergétique est porteur... Pour résumer, on a donc su trouver du vent sur le plan d'eau.

Boursier.com : la progression de votre marge a été saluée par le marché. Pouvez-vous nous détailler le travail réalisé par le groupe à ce niveau ?

E.B. : Schneider Electric a fait progresser ses résultats, avec un chiffre d'affaires de 23,94 milliards d'euros et un EBITA ajusté de 3,515 milliards d'euros, en hausse de 10%. Je souligne que c'est la première fois que nous franchissons le cap des 3,5 MdsE de CA. Dans le même temps nous avons porté notre marge à 14,7% contre 14,3% un an auparavant. Nous sommes récompensés ici par le travail réalisé sur les prix, en termes de productivité aussi avec une bonne maîtrise des coûts, de quoi faire fructifier nos marges. Si nos produits réagissent vite aux prix, les solutions que nous développons nous permettent aussi de bonifier nos marges. J'insiste sur ce développement des 'solutions' qui ont un caractère de 'contre-cycle'. Schneider est présent dans 100 pays et emploi 140.000 personnes dans le monde. Les gains d'efficacité que nous réalisons au niveau mondial nous permettent de faire des économies que nous réinvestissons en partie de façon vertueuse.

Boursier.com : Quel est votre objectif d'activité sur les zones émergentes ?

E.B. : Nous réalisons actuellement 41% de notre chiffre d'affaires dans les zones émergentes... Il n'y a pas d'objectif fixé, mais nous serons au-dessus de la barre des 50% très rapidement, c'est le sens de l'histoire. Le potentiel des BRIC reste très important. Certaines opportunités n'ont encore été qu'effleurées...
Du côté des "nouvelles économies", il existe de très belles perspectives de croissance. Je citerai ici la Turquie, le Mexique, le Vietnam et l'Indonésie qui dispose d'un fort potentiel de développement.

Boursier.com : La Chine a-t-elle été une source d'inquiétudes ces derniers mois pour le groupe Schneider ?

E.B. : Toute économie qui se développe rapidement connait des à-coups... Cela est normal surtout dans des phases de croissance longue. La question désormais est de savoir comment va se matérialiser le rebond. Nous avons observé fin 2012 une stabilisation. Certains éléments montrent une phase de réinvestissements, ce qui est positif. Nous pensons que le rebond sera plutôt progressif tout au long de l'année.

Boursier.com : Votre génération de cash flow a été particulièrement importante...

E.B. : Le bénéfice net part du groupe ajusté a atteint 2,02 milliards d'euros, ce qui est supérieur de 12% à celui de 2011. En données brutes, il ressort à 1,84 milliard d'euros, en hausse de 3%. La génération de cash flow libre a été forte, à 2,08 milliards d'euros, en progression de 38%. C'est ici aussi un record que de franchir le cap des 2 MdsE, de quoi illustrer la profondeur de notre travail.

Boursier.com : Quels sont vos objectifs chiffrés pour 2013 ?

E.B. : Nous visons cette année une croissance organique modérée du chiffre d'affaires, soit de l'ordre de 0 à 4%, pour une marge d'EBITDA ajusté stable ou légèrement en hausse.

Boursier.com : Alors que la situation économique mondiale est contrastée, celle de la France vous inquiète-t-elle ?

E.B. : Nous ne réalisons que 7% de notre chiffre d'affaires en France. La situation du pays est effectivement inquiétante, après une fin 2012 plus que morose avec des moteurs à l'arrêt... Au niveau mondial, l'Europe de l'ouest est au mieux stabilisée. En revanche il y a des signes encourageants aux Etats-Unis. Le réveil de l'immobilier est particulièrement positif. C'est un élément fondamental. Certains thèmes aussi ont été porteurs outre-Atlantique comme le 'cloud', mais aussi ce qu'on peut appeler la réindustrialisation des Etats-Unis via le gaz de schiste.

Boursier.com : Côté bilan, vous disposez d'une situation très saine. Cela veut-il dire que vous envisagez de nouveau des opérations de croissance externe ?

E.B. : Après 8 mois de pause, on ne s'interdit rien. Mais pour cela il faut trouver des dossiers qui soient créateurs de valeur pour les actionnaires. Nous regardons toujours attentivement les pays émergents. Nous sommes prêts aussi à aller chercher des talents dans les "solutions". Enfin, tout ce qui peut nous faire gagner des parts de marché et augmenter notre rentabilité est à regarder de près...

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