Accueil
»
Bourse
»
Actions Paris
»
Actualités
»
Consultation
Cotation du 10/11/2020 à 17h35

Medicrea -0,29% 6,900€

  • ALMED - FR0004178572
  •   SRD
  • PEA
  • PEA-PME
  • + Ajouter à : Mes portefeuilles | Mes Listes
Denys Sournac, PDG de Médicréa

Denys Sournac PDG de Médicréa

Nous maintenons notre prévision de rentabilité pour 2008
Denys Sournac, PDG de Médicréa

Boursier.com : L'accélération des revenus de votre société au semestre écoulé, avec le démarrage des ventes aux Etats-Unis, signale-t-elle le changement de dimension attendu ?

D.S. : Tout à fait, nous y comptons ! On voit que les efforts commencent à payer. Nous avons désormais une équipe complète aux USA, qui a généré 600.000 euros de revenus sur le semestre dont 200.000 sur le seul mois de juin. Il faut bien comprendre que la date récente de notre implantation génère un décalage : entre la signature d'un contrat avec un agent distributeur et les premières ventes de celui-ci, il s'écoule au minimum un trimestre avec la formation, la présentation des produits auprès du comité d'enregistrement de chaque hôpital/clinique visitée etc. En fait on commence juste à entrer dans la phase où l'on récolte les premiers fruits du travail fourni au premier trimestre 2007. Medicrea USA compte désormais plus d'une trentaine d'agents distributeurs, couvrant 43 Etats. Tout cela forme des couches qui se superposent, et je suis assez optimiste pour la suite... De mois en mois, nous avons levé je pense toutes les incertitudes sur le succès de notre implantation : comment nos produits vont être reçus, va-t-on trouver la bonne équipe etc. Aujourd'hui, je réponds positivement à toutes ces questions. Je suis désormais certain de notre capacité à nous implanter et à nous développer fortement aux USA.

Boursier.com : Où en est le lancement de votre prochain produit thoraco-lombaire ?

D.S. : L'élément négatif, c'est le décalage du lancement du PASS 2, d'un an grosso modo. Pour mémoire, ce produit a obtenu l'an dernier le marquage CE et l'homologation FDA et nous avons procédé aux premières poses en juin 2006. Cependant, si le produit donne intrinsèquement toute satisfaction au plan médical -les chirurgiens concepteurs continuent d'ailleurs à l'utiliser- nous avons estimé qu'il était encore perfectible en termes d'ergonomie. Le PASS 2 a donc été peaufiné pendant une année supplémentaire. Le vrai lancement aura lieu lors du congrès de la North American Spine Society en octobre prochain. Les ventes devraient ensuite monter en puissance, surtout en 2008. Mais d'ici là, les ventes restent marquées par l'effet de transition entre le PASSmed et le PASS 2.

Boursier.com : Qu'en est-il du C-Jaws ?

D.S. : Autre nouveauté, nos cages intervertébrales déjà vendues sur certains marchés vont être homologuées aux Etats-Unis, nous l'espérons à la rentrée. Cela va compléter notre offre puisque aujourd'hui nous vendons le C-Jaws, qui rencontre un grand succès, mais qui doit être posé en combinaison avec des cages de provenance tierce. Or, quand on a converti un chirurgien à l'utilisation du C-Jaws, il est plus facile d'utiliser l'implant intervertébral conçu spécifiquement. Nous espérons ainsi pouvoir mieux exploiter le début d'engouement qui se crée sur le C-Jaws auprès des praticiens nord-américains avec une gamme intégrée.

Boursier.com : Quelle est la valeur de la cage dans l'ensemble de la solution pour une chirurgie au niveau cervical ?

D.S. : La valeur de la cage peut représenter 45%, pour donner une moyenne relativement prudente. Bien sûr, nous ne comptons pas vendre systématiquement une cage avec chaque C-Jaws, d'une part parce que les cages sont des implants relativement banalisés et que certains chirurgiens préfèrent conserver leurs habitudes en la matière. Mais je pense que nous en convertirons une part non négligeable. A cet effet, nous avons mis au point un kit intégré comprenant l'instrumentation de pose, la cage et le C-Jaws qui sera présenté pour la première fois au congrès de la Société Internationale de Chirurgie Orthopédique et de Traumatologie, fin août.

Boursier.com : Quelles sont les perspectives en termes de R&D ?

D.S. : Nous préparons activement avec David Ryan, notre nouveau directeur R&D, plusieurs autres lancements. Nous restons sur des segments de produits correspondant à la stratégie déjà définie dans notre document de base, en enrichissant ces axes d'idées supplémentaires. Maintenant que le lancement de la filiale aux Etats-Unis est effectué, l'énergie de Medicrea International va se refocaliser sur la R&D et le marketing scientifique de nos nouveaux produits. Un nouveau produit innovant devrait ainsi être prêt pour le deuxième trimestre 2008, le premier d'une série. Un rythme de lancement de deux nouveaux produits (ou nouvelle génération de produit existant) par an sur les trois prochaines années me semble à portée.

Boursier.com : Ceci sans recours à de l'in-licencing ?

D.S. : Depuis un an, de nombreux projets nous sont proposés par des chirurgiens ou des entreprises ayant un brevet, un produit ou une nouvelle technologie de chirurgie vertébrale à présenter. Cependant nous souhaitons rester extrêmement sélectifs sachant que nous avons nous-même largement de quoi nous occuper avec nos projets internes ! Evidemment nous ne laisserons pas passer une opportunité externe sur un projet innovant et adapté à notre stratégie de gamme telle que définie, mais la priorité n'est clairement pas là.

Boursier.com : Ces efforts R&D vont-il peser sur votre BFR par rapport à la hausse attendue des revenus ?

D.S. : Lors de notre introduction en bourse, nous avons précisé que nous resterions déficitaires en 2006 et 2007 et nous souhaitons maintenir cette projection, avec un ordre de grandeur concernant la perte pour l'exercice en cours conforme à ce qui était annoncé. Effectivement, malgré la hausse des revenus, nous investissons toujours fortement dans les équipes commerciales et la R&D. Nous maintenons donc notre prévision de rentabilité pour 2008.

Boursier.com : Après un an de cotation, quel bilan dressez-vous de votre aventure boursière ?

D.S. : Honnêtement, je n'ai aucun motif de regretter ce choix. En l'espace d'une année, l'entreprise n'est plus du tout la même. Non seulement grâce aux ressources financières que cela nous a amené, importantes à notre échelle, mais plus largement en termes de recrutement, de reconnaissance de nos partenaires et de nos clients, cela nous a beaucoup apporté. C'est certes un travail conséquent, mené avec soin avec notre DAF Fabrice Kilfiger (qui a déjà piloté les finances d'une très belle entreprise cotée, Jacquet Metals), mais cela impose aussi un système de suivi et une qualité de reporting qui sont profitables à l'entreprise. Ce que j'espère maintenant c'est de pouvoir bientôt donner satisfaction aux actionnaires alors que le cours actuel demeure légèrement sous le prix d'introduction, et que le marché va constater la solidité de nos efforts avec également une augmentation des volumes d'échanges. Mais les contacts que nous avons de temps en temps avec les investisseurs tendent à montrer que la confiance est là...

Boursier.com : Lisi, un industriel réputé, s'est récemment lancé sur le marché de la sous-traitance de pièces orthopédiques. En quoi la création de Lisi Medical peut-elle répondre à vos besoins éventuels ?

D.S. : Nous coopérons en effet déjà avec Lisi Medical, sur des petits volumes toutefois. Je rappelle que nous restons nous-même industriels, mais nous avons déjà effectivement appel à Lisi Medical pour certaines pièces en cas de pic de production. Pour l'instant il ne s'agit donc que de sous-traitance d'écrêtage, mais il n'est pas exclu d'aller un peu plus loin selon l'augmentation de nos besoins. Par parenthèse, leur stratégie qui est d'être exclusivement sous-traitant pour le compte de sociétés comme la nôtre me paraît très intelligente car les contraintes liées aux pièces pour l'aérospatial où ce groupe a bâti sa crédibilité sont comparables avec nos exigences dans le médical implantable, avec des niveaux de précision très importants et une stricte démarche qualité.

©2007-2020,