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Denys Sournac, PDG de Médicréa

Denys Sournac PDG de Médicréa

Nous voulons nous développer et positionner notre entreprise aux Etats-Unis
Denys Sournac, PDG de Médicréa

Boursier.com : A quels objectifs répond votre projet d'introduction en bourse ?

Denys Sournac : Nous souhaitons lever les capitaux nécessaires et suffisants pour développer notre filiale aux Etats-Unis, axe essentiel de notre développement. Pour cela il importe de renforcer notre capacité financière puisque notre besoin en fonds de roulement va s'accroître à mesure de la montée en cadence de nos opérations sur ce territoire. Nous voulons également renforcer notre capacité de recherche & développement pour accélérer le lancement de deux produits majeurs : Granvia et Pass 2.

Boursier.com : Cela pourra-t-il vous aider à saisir des opportunités de croissance externes ?

D.S. : Notre souhait est également d'être en mesure de saisir ce type d'opportunités, en achetant soit une entreprise, soit de la propriété intellectuelle (brevets ou licence de produits destinés à compléter notre propre gamme).

Boursier.com : Dites-nous en plus sur vos projets aux USA.

L'objectif essentiel est de positionner fortement notre entreprise sur le marché américain des prothèses chirurgicales du rachis, lequel jouit d'une vitalité extraordinaire. L'organisation que nous avons déjà commencé à mettre en place, une fois pleinement fonctionnelle, va entraîner un changement complet de dimension pour Médicréa. Nos deux nouveaux produits phares, lancés actuellement en Europe et début 2007 aux Etats-Unis, se présentent comme les deux meilleurs produits disponibles aujourd'hui sur les segments auxquels on s'adresse.

Boursier.com : Ce marché américain est de très loin le plus important non seulement par sa taille (3/4 du marché mondial de la prothèse rachidienne !) mais aussi par le niveau considérable des marges. Comment s'explique l'importance des prix pratiqués là-bas ?

D.S. : Il convient de préciser que la notion de service rendu au patient et de bénéfice pharmaco-économique est plus présente et mieux analysée aux USA que sur d'autres marchés où les systèmes de remboursement se contentent de fixer des seuils les plus bas possible. Parallèlement, il faut également noter que le marché américain est plus coûteux que les marchés européens en termes de distribution et de marketing, ce qui justifie des prix "rendu hôpital" plus élevés qu'en France par exemple.

Boursier.com : Comment cela se traduit-il concrètement ?

D.S. : Aux Etats-Unis un implant peut se vendre jusqu'à 3,5 fois plus cher mais attention : ce n'est pas vrai pour tous ! En fait, un produit est très bien rémunéré lorsqu'il est à la fois efficace et qu'il permet d'effectuer des opérations plus rapides et de limiter la durée de convalescence et d'hospitalisation. La possibilité de réaliser une chirurgie moins invasive, permettant au patient de se remettre beaucoup plus rapidement, a un prix que le marché américain accepte parfaitement. Inversement, les implants n'apportant pas un bénéfice suffisant subissent une pression importante sur le prix et leur remboursement peut même être refusé.

Boursier.com : Une tendance durable ?

D.S. : A ce jour, absolument aucun signe n'indique que cette tendance va s'infléchir et les prix, sur les technologies qui donnent satisfaction au plan clinique, continuent de progresser de 5 à 6% chaque année.

Boursier.com : L'innovation produit constitue le principal atout de Médicréa. Pouvez-vous nous décrire vos produits les plus avancés ?

D.S. : Sur le segment de la fixation cervicale, C-Jaws se positionne face à la famille de produits des plaques cervicales. C-Jaws est un implant de taille réduite, de conception unique et de mise en oeuvre pratiquement révolutionnaire : l'acte chirurgical dure deux minutes, alors que la chirurgie standard dure en moyenne 40 à 45 minutes. De plus, C-Jaws permet de biens meilleurs résultats cliniques (rapidité de fusion, diminution de douleur). Ce produit représente une étape majeure de l'évolution actuelle qui tend vers des chirurgies de moins en moins invasives.

Boursier.com : Il y a aussi la toute nouvelle génération de votre produit thoraco-lombaire phare, le PassMed.

D.S. : Appelé Pass 2, ce produit constitue également un véritable bond en avant technologique. Les premières interventions utilisant le Pass 2 ont eu lieu il y a quelques jours, suscitant des commentaires initiaux exceptionnels de la part des praticiens. Le Pass 2 est le seul matériel au niveau mondial qui permette de connecter les "tuteurs internes" à distance de la colonne vertébrale tout en bénéficiant de la polyaxialité des implants. Ce matériel s'exprime pleinement sur les grandes déformations (scolioses, pathologies dégénératives) et permet de faire gagner jusqu'à 50% de temps opératoire. En outre, le Pass 2 présente l'encombrement prothétique le plus faible au monde : moins de 11 mm, ce qui constitue également un avantage essentiel.

Boursier.com : Quelles sont vos ambitions commerciales pour le Pass 2 ?

D.S. : Quoi qu'il en soit, même si leurs produits n'ont pas une telle avance technologique, les poids lourds US (comme Medtronic ou Depuy Spine, filiale du géant Johnson & Johnson) continueront à dominer le marché en raison de leur force de frappe. Sur le plan du marketing, nous ne luttons pas à armes égales et il faut donc rester raisonnable sur notre capacité à gagner des parts de marché. Nos ambitions, pour à horizon de 4 ou 5 ans sont de prendre 2 à 3% de ce segment. Reste que 2 à 3% de ce segment qui est le plus important du marché de matériel de chirurgie vertébrale, cela représente un chiffre d'affaires considérable pour une entreprise de notre taille !

Boursier.com : D'autres innovations particulières ?

D.S. : Enfin Granvia, notre innovation stratégique majeure, est un projet soutenu par l'anvar qui nous a par ailleurs accordé le label d'entreprise innovante (éligibilité FCPI). Il s'agit d'un produit dit "non-fusion", destiné à stabiliser la colonne sans fusionner les vertèbres donc en conservant le mouvement, ce qui est une autre tendance de fond vers laquelle évolue la chirurgie du rachis.

Boursier.com : Où en êtes-vous aujourd'hui au plan financier ?

D.S. : Nous sommes et avons toujours été à l'équilibre d'exploitation, tout en étant entièrement autofinancés. Nous avons déjà remboursé quatre annuités sur sept de notre dette LBO. Ayant choisi d'amortir sur une période courte (10 ans) l'acquisition de notre usine de La Rochelle, nous comptabilisons un montant important d'amortissement des écarts d'acquisition chaque année ce qui se répercute donc de façon légèrement négative au niveau du résultat net.

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