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Cotation du 22/01/2021 à 17h35

MedinCell -3,51% 15,100€

Christophe Douat, PDG de MedinCell

Christophe Douat PDG de MedinCell

MedinCell n'est ni une biotech, ni une medtech...
Christophe Douat, PDG de MedinCell

Boursier.com : MedinCell, qui vise une levée de fonds de 35 ME à travers son introduction en Bourse est-elle une biotech ?

C.D. : MedinCell n'est ni une biotech, ni une medtech. Notre ambition est de construire un groupe pharmaceutique plus qu'un modèle de biotech, dépendant de nouvelles molécules. Nous collaborons en effet avec des groupes dont des principes actifs sont déjà connus et commercialisés auxquels nous associons notre technologie propriétaire BEPO. Nous développons ainsi un portefeuille de produits injectables à action prolongée dans différentes aires thérapeutiques. Si on nous compare toutefois au secteur des biotechs, on remarquera que nous sommes la 2ème société à posséder un produit en phase III au moment de l'introduction en Bourse. En outre, peu bénéficient d'un partenariat avec une big pharma lorsqu'elles franchissent les portes de la Bourse. C'est le cas de MedinCell avec Teva.

Boursier.com : Quel est l'objectif de cette association de médicaments avec votre technologie ?

C.D. : A travers la libération contrôlée et prolongée du principe actif, les traitements médicaux deviennent plus efficients grâce notamment à l'amélioration de l'observance, c'est-à-dire le respect des prescriptions médicales, et à la diminution significative de la quantité de médicament nécessaire dans le cadre d'un traitement ponctuel ou chronique. La technologie BEPO permet de contrôler et de garantir la délivrance régulière à dose thérapeutique optimale d'un médicament pendant plusieurs jours, semaines ou mois à partir de l'injection sous-cutanée ou locale d'un simple dépôt de quelques millimètres, entièrement biorésorbable.

Boursier.com : Quelles pathologies visez-vous ?

C.D. : MedinCell dispose actuellement d'un portefeuille de trois produits en cours d'études cliniques ou précliniques et de six produits en phase de recherche de formulation. Nous sommes en Phase III aux Etats-Unis dans le traitement de la schizophrénie. En Phase II aux Etats-Unis dans le traitement de la douleur orthopédique postopératoire qui vise également à limiter l'utilisation d'opioïdes pour lesquels le risque d'addiction représente un enjeu de santé majeur : 91 personnes meurent chaque jour d'une surdose d'opioïdes aux États-Unis selon le Centers for Disease Control and Prevention. Sept autres programmes sont en cours de développement ou en recherche de formulation, dans différentes aires thérapeutiques (contraception, dépression, douleur chronique, etc.) .

Boursier.com : Quel avantage présente votre approche par rapport aux traitements existants ?

C.D. : Par rapport à une nouvelle molécule, les produits actuellement développés par MedinCell utilisent des principes actifs présents dans des médicaments déjà commercialisés. Par conséquent, les coûts et les temps de développement des produits peuvent être réduits. Cette catégorie de produits permet donc d'associer au risque plus faible de reformulation d'un médicament connu, par rapport à une nouvelle molécule. L'injection est sous-cutané, alors qu'elle est habituellement intramusculaire, avec des aiguilles plus fines et un volume de produit plus faible. L'injection sous-cutanée est une alternative aux méthodes classiques de prise de médicament, souvent orales. Elle vise à augmenter l'efficience des traitements en améliorant l'observance, c'est-à-dire le respect des prescriptions médicales. L'injection locale à action prolongée permet quant à elle d'administrer un principe actif directement dans la zone ciblée par exemple en intra articulaire ou péri-neurale, notamment dans le cadre d'interventions chirurgicales. L'objectif est ici de réduire significativement la quantité de médicaments par rapport à celle qu'il faudrait administrer oralement ou par intraveineuse pour atteindre le même effet, tout en limitant les effets secondaires.

Boursier.com : Quelle utilisation pour les 35 ME à lever ?

C.D. : Notre partenaire Teva finance la phase III dans la schizophrénie, par conséquent, les fonds que nous comptons lever ont pour vocation à élargir notre portefeuille de produits. Les opportunités sont nombreuses et il nous faut évaluer leur intérêt. Les deux tiers du montant levé y seront consacrés. Notre objectif est de déposer au moins une demande d'autorisation d'essais cliniques chaque année. L'objectif étant de développer les produits el plus en aval possible pour créer le plus de valeur. Nous souhaitons aussi continuer le perfectionnement de notre plateforme technologique pour 20% de la somme et enfin, nous pourrons consacrer 10% au remboursement de la dette contractée auprès de Teva.

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