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André Coutier, PDG de MGI Coutier

André Coutier PDG de MGI Coutier

Notre capitalisation ne représente qu'à peu près la moitié de nos capitaux propres!
André Coutier, PDG de MGI Coutier

Boursier.com : Vous êtes un équipementier automobile quelque peu méconnu sur le marché. Pouvez-vous nous présenter votre société ?

André Coutier : Nous ne faisons effectivement pas partie des sociétés les plus médiatiques de la cote, mais il y a sans doute un effet taille par rapport aux "grands" du secteur. Nous sommes un équipementier automobile créé il y a tout juste trente ans, au fond d'une grange, et qui réalise à l'heure actuelle 500 Millions d'Euros de chiffre d'affaires. Nous ne sommes pas à proprement parler présents sur le même segment que les leaders français ou étrangers du secteur, qui fabriquent des modules complets. Pour schématiser, ils sont spécialisés sur des ensembles entiers comme le tableau de bord ou la façade avant, alors que nous intervenons sur des sous-ensembles, comme par exemple les serrures de coffre ou l'admission d'air moteur. Nous disposons d'une vingtaine de sites de production dans le monde, dont 12 en France. Nos principaux clients sont naturellement les constructeurs français, mais nous travaillons également avec Volkswagen et BMW, ainsi qu'avec Ford et General Motors ce qui nous place dans une excellente dynamique de croissance.

Boursier.com : Quels sont vos points forts pour parvenir à vous imposer, notamment auprès des géants américains ?

AC : En premier lieu, notre forte présence auprès des constructeurs français constitue une très bonne vitrine à l'étranger. Ensuite, nous nous appuyons sur une offre multitechnologique très complète. En outre et plus particulièrement en ce qui concerne les constructeurs d'outre-Atlantique, notre maîtrise de la problématique diesel, un segment de pointe en France, les a poussés à faire appel à nous. Il faut rajouter que nous ne disposons pas de concurrents directs sur l'ensemble de nos métiers. Enfin, nos clients sont sensibles à notre implantation variée à l'international (En Europe, mais aussi en Amérique Latine, en Asie ou même aux Etats-Unis, où nous disposons d'une représentation commerciale).

Boursier.com : Votre exercice 2001 s'est révélé décevant avec des comptes dans le rouge. Comment l'expliquez-vous ?

AC : L'exercice 2001 s'est révélé complètement atypique. Nous avons été victimes d'une loi des séries particulièrement pénalisante. Tout d'abord, la mise en place d'un nouveau système d'information au sein du groupe a été un facteur important de désorganisation. Ensuite nous avons déménagé certaines fabrications sur de nouveaux sites ce qui s'est révélé assez laborieux, d'autant que la réorganisation qui s'en est suivi a ajouté à la confusion. En parallèle, nous avons mis en place notre programme de gains de productivité, ce qui n'a rien arrangé à court terme. Mais tout cela est terminé et grâce à ces mesures le groupe est assis sur des bases solides.

Boursier.com : L'exercice 2002 a en revanche beaucoup mieux démarré et les derniers chiffres trimestriels présentés tendent à prouver que l'activité se porte bien...

AC : Je dirais que le dernier trimestre 2001 et les trois premiers mois de 2002 ont été encore difficiles. Nous étions toujours en période d'essoufflement des ventes de véhicules et le phénomène de surstockage jouait encore. Nous avons donc subi un double effet mécanique puisque nous traversions un creux dans les commandes et dans la production. A compter du second trimestre en revanche, "l'effet stocks" a pris fin ce qui nous a permis de redresser l'activité de façon importante, sans compter que cela correspondait au début de nouveaux contrats et aux premiers effets du plan de réduction des coûts.

Boursier.com : Alors que beaucoup s'interrogent sur le secteur en 2003, quelles sont vos perspectives pour l'année prochaine ?

AC : La situation du marché automobile est connue de tous à travers la presse financière et les spécialistes se sont penchés sur la question. Nous pensons donc que 2003 sera stable pour notre profession. Cela ne veut pas dire que notre activité va stagner, car nous pouvons nous appuyer sur de solides programmes, et nous prévoyons de gagner des parts de marché tout en maintenant la croissance. Dans la mesure où notre profession fonctionne sur des contrats de moyenne ou longue échéance, nous conservons malgré tout une visibilité relativement bonne dans le contexte actuel grâce à nos succès commerciaux antérieurs. Cela constitue en tout cas une bonne marge de sécurité. Nous ne sommes pas vraiment sensibles de par notre positionnement à certaines séries de véhicules qui ont quelques difficultés à trouver leur public. Globalement, nous sommes sereins en ce qui concerne l'exercice à venir.

Boursier.com : Au niveau financier, vous avez indiqué que votre objectif de désendettement annuel avait déjà été atteint au 30 septembre. Pensez-vous aller plus loin à ce propos ?

AC : Il est vrai que nous nous étions fixés pour objectif de réduire notre dette de 30 Millions d'Euros, ce qui a pu être fait plus tôt que prévu. Nous serons sans doute 10 ou 20% au-delà de nos prévisions au 31 décembre, ce qui constitue une bonne performance. Nous allons mettre en place un second plan sous peu en nous appuyant sur les mêmes fondements, à savoir en priorité l'abaissement du besoin en fonds de roulement. Nous ne pourrons certes pas faire aussi bien que cette année puisque le plus gros a déjà été accompli, mais nous restons très vigilants à ce propos. En outre, nous allons conserver un niveau d'investissement faible et développer les capacités d'autofinancement. Nous pouvons nous le permettre dans la mesure où notre parc industriel est très récent.

Boursier.com : Au niveau boursier, que pensez-vous du comportement du titre depuis quelques mois ?

AC : C'est évidemment une grande déception et nous avons malheureusement payé en début d'année notre trop grande prudence. Je crois qu'il faut revenir à une situation plus normale en bourse. Le titre a longtemps été considéré comme spéculatif car la rumeur voulait que la famille Coutier vende sa participation, ce qui a longtemps porté l'action. Mais je le répète aujourd'hui, il n'y a aucune volonté de ma part de céder la participation majoritaire. Le "trou d'air" dans les résultats ajouté à la baisse de l'intérêt spéculatif a donc provoqué un net repli sur le marché. Nous espérons le retour de vrais investisseurs en bourse, et nous avons à ce titre pour argument la situation de la société.

Boursier.com : Justement, comment valoriseriez-vous votre groupe ?

AC : Il suffit de voir que notre capitalisation boursière en début de mois représentait à peine 5% de notre chiffre d'affaires, et que depuis, même si le titre a connu une phase ascendante, le ratio et toujours à moins de 8%. Nos concurrents peuvent se vanter de ressortir à 30, 45 voire 50%. Notre capitalisation ne représente qu'à peu près la moitié de nos capitaux propres ou moins de deux fois notre résultat d'exploitation annuel, ce qui reste très bas. Il faut souligner également que l'exercice 2001 s'est révélé être jusqu'alors le seul exercice de perte de la longue histoire de la société, ce qui montre bien que la sanction était excessive, puisqu'il aura fallu une seule année pour redresser la barre. Bref, nous nous retrouvons avec des ratios de valorisation de société en déroute alors que le groupe va bien.

Boursier.com : Pour conclure, confirmez-vous vos objectifs annuels à un mois du terme de l'exercice 2002 ?

AC : Tout à fait. Les éléments qui sont en notre possession à l'heure actuelle laissent penser que nous atteindrons effectivement les objectifs que nous nous sommes fixés sur l'exercice.

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