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Réseaux sociaux : l'affaire Twitter/Trump relance le débat sur la régulation

Réseaux sociaux : l'affaire Twitter/Trump relance le débat sur la régulation

Twitter a suspendu définitivement le compte de Donald Trump, après que le président américain sortant a encouragé ses partisans à marcher vers le Capitole, le 6 janvier. L'affaire relance la question du contrôle des contenus haineux en ligne.

Réseaux sociaux : l'affaire Twitter/Trump relance le débat sur la régulation
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La suspension définitive du compte Twitter de Donald Trump par le réseau social américain continue d'alimenter les polémiques... Après une suspension temporaire dans un premier temps, suite aux violences au Congrès américain, le 6 janvier, le réseau à l'oiseau bleu a finalement décidé vendredi soir de suspendre "de façon permanente" le compte "@realDonaldTrump", considéré comme l'un des principaux canaux de communication du président sortant américain, et suivi par près de 90 millions de personnes.

Le 6 janvier, peu avant l'irruption de ses partisans dans le Congrès américain, Donald Trump avait dénoncé des élections "volées" et avait appelé via Twitter ses partisans à se rassembler au Capitole. Lundi, les Démocrates du Congrès ont entamé une procédure de destitution, accusant le président sortant d'"incitation à la violence contre le gouvernement des Etats-Unis" . Twitter a justifié sa décision de bannir Trump de son réseau en estimant qu'aucun compte "n'est au-dessus de nos règles et ne peut utiliser Twitter pour inciter à la violence".

De son côté, Facebook a lui aussi suspendu le compte du président américain sortant, pour une durée indéterminée, d'au moins deux semaines depuis jeudi dernier. A la Bourse de New York, les investisseurs ont sanctionné lundi les actions Twitter (-6,4%) et Facebook (-4%) s'inquiétant de mesures de régulation à venir pour les réseaux sociaux. Ils craignent aussi qu'une partie des internautes quitte les grandes plates-formes cotées pour se reporter sur des réseaux sociaux plus petits.

Questions sur le rôle des réseaux sociaux

Assez logiquement, les soutiens et les proches de Donald Trump ont dénoncé dans ces blocages de comptes un déni de démocratie. L'ancienne ambassadrice de Trump à l'ONU, Nikki Haley, a ainsi estimé que ''réduire les gens au silence de la sorte est quelque chose qui se passe en Chine, pas dans notre pays''. Le fils du président sortant, Donald Trump Jr, a renchéri : ''La liberté d'expression n'existe plus en Amérique”.

Mais des voix se sont aussi élevées de tous les horizons politiques pour s'interroger sur la légitimité d'une entreprise privée pour décider de censurer la voix d'un président américain, quels que soient les défauts de ce dernier... En France, plusieurs ministres ont condamné les propos tenus par le président américain sur les réseaux sociaux, mais ils ont regretté qu'une telle décision de supprimer son compte Twitter revienne uniquement à la plateforme numérique. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a ainsi estimé ce lundi que "ce n'était pas aux géants du Web de réguler l'espace numérique".

"Ce qui me choque" dans la fermeture du compte Twitter de Donald Trump, c'est que ce soit Twitter qui ferme", a ainsi expliqué Bruno Le Maire sur 'France Inter', estimant que "la régulation des gens du numérique ne peut pas se faire par l'oligarchie numérique elle-même".

Les réseaux sociaux "ne peuvent plus occulter leur responsabilité envers la société"

De son côté, Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur, n'a pas commenté directement la décision de Twitter, mais il estimé que les événements violents du 6 janvier au Congrès américain à Washington allaient entraîner un encadrement plus strict des réseaux sociaux à l'avenir.

Dans une tribune publiée sur le site américain 'Politico', Thierry Breton a écrit que "tout comme le 11-Septembre a marqué un changement de paradigme pour la sécurité mondiale, 20 ans plus tard, nous assistons à un avant et un après concernant le rôle des plates-formes numériques dans notre démocratie".

"S'il quelqu'un doute encore que les plates-formes en ligne soient devenues des acteurs systémiques dans nos sociétés et nos démocraties, les événements de la semaine dernière au Capitole" sont une réponse, a ajouté le responsable européen. "Ils ne peuvent plus occulter leur responsabilité envers la société en faisant valoir qu'ils fournissent simplement des services d'hébergement", a-t-il estimé.

L'appli pro-Trump "Parler" suspendue par Amazon, Apple et Google

A la suite des émeutes de Washington, qui ont fait 5 morts à l'occasion de l'intrusion de partisans de Donald Trump dans l'enceinte du Capitole, un autre réseau social, l'application Parler, a été suspendue par les principaux géants d'internet, Amazon, Apple et Alphabet (maison mère de Google) de leurs plates-formes de téléchargement.

Parler est un service de messagerie très utilisé par les militants ultra-conservateurs américains, et de nombreux messages haineux ou incitant à la violence y avaient été postés ces derniers jours. Les plates-formes ont jugé que les gérants de l'appli n'avaient pas pris les mesures nécessaires pour limiter ces publications incitant à la violence. Parler a annoncé lundi avoir porté plainte contre Amazon, qui héberge l'appli sur ses serveurs, et lui en a bloqué l'accès...

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