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Facebook : pire que le tabac ?

Facebook : pire que le tabac ?

"Le secteur de la 'tech' connaît désormais son moment de vérité saisissant, comme celui qu'a connu l'industrie du tabac", a mis en garde mardi un sénateur démocrate, à l'occasion de l'audition devant le Congrès d'une lanceuse d'alerte sur Facebook.

Facebook : pire que le tabac ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L 'audition de la lanceuse d'alerte Frances Haugen, ancienne employée de Facebook, mardi devant le Congrès américain a relancé le débat sur les pratiques commerciales du premier réseau social mondial, qui revendique plus de 3 milliards d'utilisateurs de ses services, Facebook, Messenger, Instagram et WhatsApp.

Devant la sous-commission sénatoriale de la Protection des consommateurs et de la Sécurité des données, Frances Haugen, ancienne cheffe de produit au sein de l'équipe travaillant sur la désinformation civique chez Facebook, a notamment accusé le groupe de chercher à entretenir le secret sur les moyens qu'il emploie pour inciter les utilisateurs à passer davantage de temps sur ses plateformes et ainsi augmenter ses propres recettes publicitaires.

Mme Haugen a transmis des milliers de pages de documents internes de l'entreprise à des médias et des régulateurs, et les a appelés à réguler davantage le géant des réseaux sociaux. "Quand nous avons compris l'ampleur des dégâts causés par l'industrie du tabac, le gouvernement est intervenu. Lorsque nous avons compris que les voitures étaient plus sûres avec des ceintures de sécurité, le gouvernement est intervenu", a-t-elle plaidé devant les législateurs américains...

Panne géante de plus de 6 heures

"Tant que Facebook agira dans l'ombre, dissimulant ses recherches des yeux du grand public, il n'a pas à se justifier", a-t-elle dit, en prônant une supervision extérieure des algorithmes des grands réseaux sociaux. Elle a aussi accusé Facebook de n'avoir quasiment rien entrepris pour empêcher des utilisateurs de se servir de ses réseaux pour organiser des actions violentes.

L'ancienne chef de produit de 37 ans, qui avait déjà fait des révélations dimanche sur la chaîne CBS , et a informé le 'Wall Street Journal', a aussi commenté en ces termes la panne géante de près de 7 heures qui a stoppé lundi les services de Facebook : "Pendant cinq heures, Facebook n'a pas pu être utilisé pour creuser les divisions, déstabiliser les démocraties et rendre les jeunes filles et les jeunes femmes mal dans leur peau", a-t-elle martelé.

Facebook et Instagram, aussi addictifs que la cigarette ?

Les propos et informations apportées par la lanceuse d'alerte ont reçu un écho favorable au Congrès de la part, une fois n'est pas coutume, d'élus Démocrates comme Républicains. Ainsi, des élus ont exigé que les autorités de tutelle de Facebook enquêtent sur les accusations portées par Frances Haugen, selon laquelle les différentes messageries du groupe nuisent à la santé mentale des adolescents et attisent les divisions au sein de la société.

Le président de la sous-commission, le sénateur démocrate Richard Blumenthal, a notamment affirmé que Facebook avait conscience du caractère addictif de ses produits, tels des cigarettes. "Le secteur de la 'tech' connaît désormais son moment de vérité saisissant, comme celui qu'a connu l'industrie du tabac", a-t-il estimé...

Il a invité le patron et fondateur du groupe, Mark Zuckerberg, à venir témoigner devant sa commission et a réclamé l'ouverture d'enquêtes de la part de la Securities and Exchange Commission (SEC), le "gendarme" de Wall Street, et de la Federal Trade Commission (FTC), la commission fédérale du commerce.

Deux plaintes en cours pour pratiques anti concurrentielles

La sénatrice Marsha Blackburn, principale représentante des républicains au sein de la commission, a abondé dans le même sens: "Il est évident que Facebook accorde la priorité au profit sur le bien-être des enfants et de tous les utilisateurs", a-t-elle lancé.

Il reste à savoir si ces auditions déboucheront sur des actions concrètes de régulation de Facebook et des autres géants d'internet comme Amazon ou Google, régulièrement accusés de comportements monopolistiques.

En décembre 2020, la FTC et les procureurs représentant 48 Etats et territoires des Etats-Unis ont instruit deux plaintes distinctes contre le groupe de Mark Zuckerberg, accusé de pratiques anticoncurrentielles. Les plaignants ont demandé à la justice de forcer le groupe à se séparer d'Instagram et WhatsApp.

L'aile gauche du parti démocrate prône le démantèlement des Gafa

Dès 2019, la sénatrice démocrate (et ex-candidate à la Maison, Blanche) Elizabeth Warren proposait de "démanteler les monopoles" des géants d'internet. Ce lundi, au sujet de Facebook elle a à nouveau tweeté "nous devrions démanteler Big Tech".

Alexandria Ocasio-Cortez, elle aussi candidate à la primaire démocrate de 2020, a enfoncé le clou en qualifiant Facebook de monopole, dont la mission est de "posséder, copier ou détruire toute plate-forme concurrente" et qui a conduit à "effets incroyablement destructeurs sur la société libre et la démocratie". "Démantelez-les", a-t-elle conclu dans un tweet séparé.

©2021

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