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Commerce : après la Chine, Trump s'attaque à l'Europe via Airbus

Commerce : après la Chine, Trump s'attaque à l'Europe via Airbus

Alors qu'un accord commercial semble proche d'aboutir entre les Etats-Unis et la Chine, Donald Trump se tourne vers l'Europe. Se servant du différend entre Boeing et Airbus sur les subventions, il menace de taxer 11 Mds$ de produits européens...

Commerce : après la Chine, Trump s'attaque à l'Europe via Airbus
Crédit photo © Airbus SAS

(Boursier.com) — Le dossier des négociations commerciales avec la Chine n'est pas encore refermé, que Donald Trump songe déjà l'étape suivante, à savoir l'Union européenne avec laquelle les négociations commerciales doivent s'ouvrir prochainement...

Sans attendre, Washington a ouvert le feu en brandissant la menace de taxer 11 milliards de dollars de produits européens. Ces mesures sont présentées comme des représailles aux subventions que Boeing accuse Airbus d'avoir touché illégalement, lui donnant un avantage concurrentiel au détriment de l'avionneur américain, a expliqué l'administration Trump.

Un différend vieux de 14 ans sur les subventions à Airbus et Boeing

Dans ce conflit ouvert depuis 14 ans devant l'OMC (Organisation mondiale du commerce), les deux constructeurs rivaux d'avions s'accusent mutuellement de bénéficier de façon illicite de soutiens publics.

Soulever ce dossier complexe est sans doute une façon pour Washington de se présenter aux futures négociations avec l'UE en position de force, selon les observateurs, qui soulignent cependant que l'Union européenne a elle aussi déposé plainte devant l'OMC concernant les soutiens publics à Boeing.

Ainsi, fin mars, l'OMC a donné raison à Airbus en relevant un avantage fiscal illégal accordé à Boeing aux Etats-Unis. Mais plus tôt, en mai 2018, l'OMC avait au contraire soutenu Boeing en estimant que l'Union européenne n'avait pas tenu compte des demandes de suppression de toutes les aides publiques accordées à Airbus.

Washington veut taxer l'aéronautique, mais aussi l'huile d'olive ou les fromages européens

Lundi soir, le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, a estimé à 11 milliards de dollars le préjudice subi par Boeing et a fait publier une liste de produits européens potentiellement visés par des taxes d'importation, dont des hélicoptères, avions et pièces aéronautiques, mais aussi des steaks d'espadon, les filets de saumon, des fromages, des fruits, de l'huile d'olive, des vins ou encore des vêtements, des produits laitiers ou des motos...

En Bourse, ces annonces ont fait chuter mardi les cours d'Airbus (-1,86%) sans profiter à Boeing (-1,46%) qui fait face aux problèmes techniques de son B-737 MAX, cloué au sol après deux accidents qui ont fait près de 350 morts en octobre et en mars.

Bruxelles prépare des représailles tout en appelant au dialogue

A Bruxelles, la Commission européenne a réagi, mardi, en faisant savoir qu'elle envisageait à son tour des représailles contre les subventions américaines accordées à Boeing, tout en restant prête à la discussion.

"La Commission entame des préparatifs afin de faire en sorte que l'Union européenne puisse agir rapidement à la suite de la décision de l'arbitre (de l'OMC) en matière de droits à des représailles dans le dossier (Boeing)", a dit un porte-parole de l'exécutif européen.

L'UE "reste ouverte à la discussion avec les Etats-Unis, sous réserve qu'il n'y ait pas de conditions préalables et que le but soit d'aboutir à un résultat équitable, a-t-il ajouté.

Airbus se défend, Bruno Le Maire plaide pour un accord à l'amiable

De son côté, Airbus a déclaré mardi ne voir aucune base légale à la menace américaine. "Airbus a pris les mesures nécessaires pour se conformer aux éléments relativement mineurs qui subsistaient (...) en ce qui concerne les subventions à Airbus", a ajouté son porte-parole Rainer Ohler.

"Le montant est largement exagéré et sera de toute façon défini par l'OMC et pas les Etats-Unis", a ajouté le porte-parole. "Tout cela conduit à des tensions commerciales inutiles et montre que la seule solution raisonnable dans ce long différend commercial est un règlement."

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire a lui aussi plaidé pour un compromis entre les Etats-Unis et l'UE. "L'intérêt des Etats-Unis comme l'intérêt du continent européen et de la France, c'est de trouver un accord à l'amiable", a-t-il dit à la presse. "Quand je vois la situation de la croissance mondiale, je ne pense pas que nous puissions nous permettre un conflit commercial, même sur les seules questions de l'industrie aéronautique, entre les Etats-Unis et l'Europe", a ajouté le ministre...

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