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Carrefour : "quand on a échoué, on s'en va sans gloriole" dit Benjamin Griveaux

Carrefour : "quand on a échoué, on s'en va sans gloriole" dit Benjamin Griveaux

L'ancien dirigeant, Georges Plassat, a annoncé renoncer ce week-end à une partie de ses indemnités de départ après le tollé général...

Carrefour : 'quand on a échoué, on s'en va sans gloriole' dit Benjamin Griveaux
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'ancien PDG de Carrefour, Georges Plassat, a annoncé renoncer ce week-end à une partie de ses indemnités de départ après le tollé général observé dans la foulée de l'annonce du chèque qui devait lui être attribué par le groupe de distribution. Bruno Le Maire, lui-même, avait jugé leur niveau "incompréhensible et choquant" au vu de la "situation dégradée" dans laquelle les anciens dirigeants ont laissé le groupe...

Sur les 13,7 millions d'euros qu'il aurait dû percevoir pour 2017, l'ancien dirigeant ne touchera pas son indemnité de départ et d'engagement de non concurrence, de 3,9 millions d'euros.

"Sans gloriole"

"C'est un comportement de voyou et, à partir du moment où on se comporte comme ça, et bien l'Afep et le Medef ont la nécessité et l'ardente obligation de faire respecter les règles qu'ils ont eux-mêmes édictées", a même estimé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. "Quand on a échoué, on s'en va sans gloriole... Il a 500.000 euros de retraite par an, 40.000 euros de retraite par mois, je pense que ça suffit et il aurait dû renoncer à son package de sortie de 13 millions d'euros, à la totalité, pas uniquement quatre millions", a-t-il dit sur France3.

Chahut à l'AG

La ministre du Travail Nicole Pénicaud a aussi appelé l'Afep et le Medef à "aller plus loin" dans leur code de bonne conduite... "Je pense qu'ils peuvent et doivent aller plus loin", a-t-elle dit sur BFMTV, "il y aura dans quelques semaines un nouveau patron du Medef, j'espère qu'il entendra ce message".

L'Assemblée générale annuelle des actionnaires de Carrefour, qui s'est tenue vendredi, a été comme prévu très agitée, au moment où le groupe de distribution prévoit de fermer 243 magasins, menaçant 2.100 emplois. Le nouveau PDG, Alexandre Bompard, qui vivait sa première AG en tant que patron de Carrefour, a été chahuté par des salariés mécontents sur ce sujet de l'emploi, mais il a aussi été apostrophé sur le montant des indemnités de départ versées au précédent PDG, Georges Plassat...

13,17 millions d'euros d'indemnités de départ

Ce dernier devait donc toucher 13,17 millions d'euros à son départ en retraite en juillet 2017, malgré les piètres performance financières de Carrefour... A l'issue de l'assemblée générale, le Haut Comité de gouvernement d'entreprise s'est saisi de la question, et a demandé au groupe Carrefour des explications "dans les plus brefs délais" sur la justification de ces montants.

Vendredi après-midi, à l'extérieur de la salle d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) où se tenait l'AG, une centaine de manifestants se sont rassemblés pour protester à l'appel de la CGT contre la fermeture des 243 ex-magasins Dia. "Le mépris de Carrefour n'a aucune limite, les actionnaires viennent en Seine-Saint-Denis se partager le magot", pouvait-on lire sur plusieurs pancartes estampillées PCF.

Carrefour a affiché une perte de 531 ME en 2017

Mais la contestation s'est aussi invitée dans la salle où se tenait la réunion, où des salariés-actionnaires ont dénoncé les conditions financières accompagnant le départ du précédent PDG, Georges Plassat. Ils ont jugé la somme de 13,17 ME "dépourvue de toute exemplarité" et ont qualifié ce montant de "déconnecté" des résultats financiers de Carrefour, qui a affiché en 2017 une perte nette de 531 ME.

Plusieurs dizaines d'actionnaires-salariés ont donné de la voix pendant l'AG, criant "on est en pertes ! Les objectifs ne sont pas atteints !". Ils ont aussi hué la direction de Carrefour qui a justifié la rémunération de l'ancien PDG, qui a finalement été approuvée à 68% par les actionnaires du groupe.

Devant l'émotion suscitée, Alexandre Bompard a annoncé qu'il ferait des propositions au conseil d'administration concernant sa propre indemnité de départ, qui sera versée au terme de son mandat, qui court jusqu'au 31 décembre 2020, afin qu'elle ne "fasse pas débat"...

Des "déviations sérieuses" par rapport au code de conduite du patronat

Concernant les indemnités de Georges Plassat, le Haut Comité de gouvernement d'entreprise (HCGE) s'est saisi rapidement du dossier... Vendredi soir, le gendarme de la gouvernance mis en place par le patronat en 2013, a exigé des explications de Carrefour "dans les plus brefs délais" sur la rémunération de départ de son ancien PDG.

Dans un communiqué, le Haut Comité a estimé que ces indemnités "constituent des déviations sérieuses par rapport aux recommandations du code Afep-Medef" et "il appartient au groupe Carrefour de répondre à ces interrogations dans les plus brefs délais".

Le HCGE est chargé d'examiner depuis 2013 l'application de ce code, une sorte de règlement de bonne conduite établi par le patronat. Chaque année, ce comité établit un rapport, dans lequel il nomme les entreprises s'étant écartées du droit chemin...

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