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Alstom-Siemens: Paris prépare sa riposte au probable veto de Bruxelles

Alstom-Siemens: Paris prépare sa riposte au probable veto de Bruxelles

La Commission européenne s'apprête à rejeter, sans doute dès ce mercredi, la fusion dans le ferroviaire entre Alstom et l'allemand Siemens Mobility. Paris et Berlin dénoncent les règles de Bruxelles sur la concurrence, qu'ils veulent modifier.

Alstom-Siemens: Paris prépare sa riposte au probable veto de Bruxelles
Crédit photo © Alstom

(Boursier.com) — Le champion européen dans le ferroviaire ne verra pas le jour ! Sauf très improbable coup de théâtre, la Commission européenne va poser son veto, sans doute dès ce mercredi, au rapprochement prévu depuis septembre 2017 entre le français Alstom et l'allemand Siemens Mobility.

Malgré des concessions de dernière minute faites fin janvier par les deux groupes industriels, la Commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, craint toujours que ce mariage ne porte atteinte à la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation en Europe.

Paris et Berlin veulent modifier les règles européennes en cas de fusion

Mardi soir, une source au ministère français de l'Economie a indiqué à l'agence 'Reuters' que "sauf décision de contraire du collège, la commissaire à la Concurrence devrait recommander (un avis) négatif". La décision est attendue au plus tard le 18 février, mais elle pourrait être rendue dès ce mercredi selon des sources européennes.

Dépité, le gouvernement français, qui a soutenu bec et ongles la création de ce champion européen capable de lutter contre la concurrence chinoise, envisage désormais de se coordonner avec le gouvernement allemand dans les prochains mois pour changer les règles de la concurrence européenne.

Les règles actuelles jugées "absurdes" par la ministre des Affaires européennes

Selon une source à Bercy, citée par l'agence 'Reuters', Paris réfléchit à introduire un droit de regard du Conseil européen (composé des chefs d'Etat et de gouvernement) sur les décisions de la Commission, ce qui mettrait un terme à l'indépendance de l'exécutif européen en la matière.

Dimanche, la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, avait qualifié d'"absurdes" les règles appliquées par la Commission européenne. "Ces règles, elles sont absurdes. Ces règles, elles ont été édictées au 20ème siècle et nous sommes en 2019. Aujourd'hui, en Europe, il faut construire des champions européens”, a-t-elle ajouté.

De son côté,le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a exhorté à de multiples reprises Bruxelles de donner son feu vert au mariage.

Le chinois CRRC deux fois plus gros qu'Alstom et Siemens réuni

Bruno Le Maire a notamment mis en garde l'Union européenne contre la puissance du colosse chinois CRRC Corporation Limited (China Railway Rolling Stock Corporation), qui fait "le double du chiffre d'affaires d'Alstom et de Siemens réunis".

Le 22 janvier, à l'occasion des questions au gouvernement au Sénat, le ministre avait déclaré : "j'estime que si jamais la Commission européenne devait rendre une décision négative sur la création d'un champion industriel européen, d'un géant du ferroviaire pour résister à la concurrence chinoise et à la concurrence d'autres grandes nations du monde, elle ferait une erreur économique et une faute politique".

Le ministre allemand sur la même longueur d'onde que Paris

Même son de cloche en Allemagne, où le ministre de l'Economie, Peter Altmaier, a également plaidé pour une révision des droits de la concurrence européens et allemands.

Dans un document présenté lundi à Berlin, M. Altmaier a déploré que "des fusions allemandes ou européennes judicieuses et nécessaires du point de vue du marché mondial échouent souvent en raison d'une focalisation sur le droit en vigueur des marchés nationaux et régionaux".

"Il n'y aura pas de seconde chance", prévient le PDG d'Alstom

Le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, a estimé dans un entretien accordé au 'Figaro', que le veto probable du régulateur européen "n'est clairement pas le résultat d'une application, même stricte, des règles de concurrence. Elle est dictée par des préjugés idéologiques".

Le dirigeant a fustigé "la doctrine de Bruxelles", ajoutant : "quand nous défendons la création d'un champion européen, certains responsables de la Commission entendent "monopole". Quand nous parlons de la concurrence chinoise, ils y voient une excuse. Ceux-là, dès le premier jour, ne voulaient pas de cette fusion. J'espère que les commissaires ne se laisseront pas aveugler par leur posture".

En cas de veto, Henri Poupart-Lafarge affirme qu'il "n'y aura pas de seconde chance. Un veto serait une très mauvaise nouvelle pour l'industrie européenne. L'Europe, me semble-t-il, scierait la branche sur laquelle elle est assise. Mais si cela devait arriver, Alstom et Siemens, dont les relations sont excellentes, repartiraient chacun de leur côté".

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