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ADP : vox populi, vox dei ?

ADP : vox populi, vox dei ?

Des parlementaires ont réuni le nombre de signatures nécessaires pour engager une procédure d'organisation d'un référendum d'initiative partagée contre la privatisation d'ADP... Le gouvernement parle de "coup politique" !

ADP : vox populi, vox dei ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Un "coup politique" ! C'est l'expression du gouvernement pour qualifier l'initiative des parlementaires qui ont réuni le nombre de signatures nécessaires pour engager une procédure d'organisation d'un référendum d'initiative partagée contre la privatisation d'ADP. "C'est une alliance politique de circonstance qui est assez étonnante", a souligné le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, sur Public Sénat... "La mise en scène participe d'un coup politique. Ils ont le droit de faire des coups politiques, mais je ne suis pas sûr que les gens soient vraiment dupes !", a-t-il ajouté.

Pour le ministre chargé de la Ville et du Logement, interrogé sur Radio Classique, Julien Denormandie, les signataires sont "des groupes que tout oppose qui aujourd'hui se rassemblent autour d'un sujet", ce qui correspond bien, selon lui, à "une démarche politique".

Grande première !

197 députés et sénateurs socialistes, mais aussi Les Républicains, communistes et membres du groupe Libertés et territoires ont donné leur accord à une procédure d'organisation d'un référendum d'initiative partagée, selon le député socialiste Boris Vallaud.

L'initiative vise à dénoncer la privatisation prévue par le gouvernement qui, selon l'opposition, privera l'Etat d'une manne financière, l'éloignera des décisions stratégiques du groupe et risque de nuire à la qualité de l'accueil des voyageurs... "Nous ne voulions pas que soit à nouveau commise l'erreur qui s'est transformée en scandale, de la privatisation des autoroutes, avec la privatisation des aéroports de Paris", a déclaré Boris Vallaud lors d'une conférence de presse mardi. Il s'agit de demander aux Françaises et aux Français s'ils sont d'accord pour que l'exploitation, l'aménagement et le développement des aérodromes de Paris Charles-de-Gaulle, Paris Orly et Paris Le Bourget, revêtent le caractère de service public national", a annoncé le député socialiste...

Long processus

Il s'agit d'une première étape dans le cadre d'un long processus puisque l'organisation d'un tel référendum suppose aussi de réunir plus de 4,5 millions de signatures par internet sur une période de 9 mois, pour autant que le Conseil constitutionnel juge que le référendum d'initiative partagée entre bien dans le champ prévu par l'article 11 de la Constitution.

C'est la première fois que cette procédure est activée depuis la révision de la Constitution de 2008, qui a créé le dispositif.

Répondre aux défis des infrastructures

Pour Marc Fesneau, cette décision de privatiser ADP, que l'Etat détient à 50,6% à l'heure actuelle, est "une façon à la fois de désendetter le pays et aussi de se doter de moyens pour répondre aux défis des infrastructures"... "Reconnaissons aussi que sur les classements mondiaux, les aéroports de Paris ne sont pas considérés comme ceux qui donnent le plus de satisfaction en terme d'accueil et de service à ceux qui les visitent, c'est-à-dire les voyageurs. C'est peut-être aussi une façon de faire en sorte qu'on améliore le trafic et les conditions d'accueil des voyageurs", a-t-il ajouté...

Le projet de privatisation d'ADP, qui doit prendre la forme d'une concession à 70 ans, figure au rang des cessions d'actifs publics prévues dans le projet de loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises), présenté par le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire.

Le gouvernement a plus globalement l'intention de céder des titres qu'il détient dans trois compagnies : Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), Française des Jeux (FDJ) et Engie.

"Développer un véritable actionnariat populaire"

Le ministre de l'Economie, auteur de la loi "Pacte", avait précisé que ces opérations de privatisation comporteraient une tranche réservée aux actionnaires particuliers, évoquant le souhait d'Emmanuel Macron de "développer un véritable actionnariat populaire".

Dans un entretien publié sur le site internet des 'Echos', mi-2018, Bruno Le Maire avait expliqué qu'une offre réservée aux petits porteurs, mais aussi aux salariés, "était un point essentiel. Le président de la République souhaite développer un véritable actionnariat populaire"..."C'est pourquoi nous permettrons aux Français de devenir actionnaires et une part du capital leur sera réservée. Le développement de l'actionnariat salarié sera également un axe important de la loi Pacte... Au total, les parts de l'Etat dans ces entreprises cotées représentent environ 15 milliards d'euros qui sont aujourd'hui immobilisés et qui ne permettent pas d'investir pour notre avenir" avait conclu Bruno Le Maire.

©2019,

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