»
»
»
»
Consultation
Cotation du 26/03/2019 à 17h37 Orange +0,52% 14,400€
  • ORA - FR0000133308
  • SRD
  • PEA
  •   PEA-PME
  • Consensus Renforcer
  • + Ajouter à : Mes portefeuilles | Mes Listes

A son tour, la France veut mieux encadrer Huawei...

A son tour, la France veut mieux encadrer Huawei...

Les équipements télécoms du géant chinois constituent-ils une menace de sécurité nationale pour les nouveaux réseaux 5G ? De nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis, en sont convaincus. La France prépare désormais aussi sa défense...

A son tour, la France veut mieux encadrer Huawei...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, le Japon... La liste s'allonge des pays qui ont écarté le groupe chinois Huawei d'un certain nombre d'appels d'offres jugés stratégiques, notamment dans les nouveaux réseaux de télécoms à très haut débit 5G.

Le groupe chinois, numéro un mondial des équipements télécoms, mais aussi l'un des premiers fabricants de smartphones, est soupçonné d'espionnage via ses composants électroniques...

Selon le quotidien 'Les Echos', la France a elle aussi décidé de mieux contrôler les activités du groupe chinois sur son territoire. Une réunion a ainsi eu lieu à Bercy la semaine dernière rassemblant l'ensemble du acteurs du secteur des télécoms, écrit lundi le quotidien économique sur son site internet.

Vers un amendement à la loi Pacte pour renforcer les contrôles

Etaient présents à cette réunion les représentants d'Orange, SFR, Free, Bouygues Telecom, la Direction générale des entreprises (DGE), l'Arcep (le régulateur des télécoms), la Fédération française des télécoms (FFT) et de l'Anssi., l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information. Aucun représentant de Huawei n'était présent, selon ces sources.

Bercy s'apprêterait à communiquer prochainement une série de mesures visant à limiter le déploiement de Huawei dans l'Hexagone. Le gouvernement pousserait ainsi à un amendement à la loi Pacte (plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) portée par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Cet amendement "anti-Huawei" permettrait d'accroître les pouvoirs de l'Anssi, et de son autorité administrative, le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN, lui-même sous Matignon) qui verrait donc, lui aussi, ses pouvoirs renforcés. La loi Pacte, votée par l'Assemblée nationale en première lecture en octobre est actuellement en discussion devant le Sénat.

Des contrôles a priori et a posteriori, même rétroactifs ?

Aujourd'hui, les opérateurs ne peuvent installer sur leurs réseaux que des équipements (antennes, coeurs de réseaux...) qui ont été préalablement approuvés par l'Anssi. En plus de ce contrôle a priori, le gouvernement voudrait désormais confier à l'agence un contrôle a posteriori.

Cette nouvelle prérogative porterait de surcroît sur un éventail beaucoup plus large de produits, comprenant à la fois les équipements, la combinaison des différents fabricants (Huawei, Nokia, Ericsson), mais aussi, par exemple, les mises à jour logicielles. Avant de déployer de nouveaux équipements, les opérateurs devront fournir leur plan : les autorités auront ensuite deux mois pour valider, ou pas, le matériel.

L'Anssi pourrait aussi avoir un droit de regard rétroactif, qui toucherait alors les produits Huawei installés lors des précédentes générations mobiles (3G, 4G).

Huawei très présent en France, mais écarté des "coeurs de réseau"

Interrogé par 'Les Echos', ni Bercy ni Matignon, pas plus que l'Anssi et le groupe chinois, n'ont voulu faire de commentaires. Les opérateurs télécoms seraient réticents face à ce projet, qui créerait d'importantes complications administratives, et pourrait faire prendre du retard au déploiement de la 5G dans l'hexagone.

Actuellement, les opérateurs doivent cependant respecter quelques lignes rouges non écrites : pas de Huawei dans le coeur de réseau (la partie la plus sensible), pas en Ile-de-France et pas sur plus de 50% de leur réseau, soulignent 'Les Echos'.

Les équipements de Huawei sont toutefois très présents en France, où le groupe est implanté depuis seize ans. Il emploie plus de 1.000 personnes, ce qui fait de lui le premier employeur chinois de l'hexagone. Ses produits sont notamment très présents dans les réseaux de SFR, Bouygues Telecom et Free, qui déjà ont mené avec lui plusieurs expérimentations 5G.

Le patron de Huawei s'attend à des temps "difficiles"

En butte à la méfiance croissante des gouvernements à travers le monde, la firme chinoise a prévenu récemment qu'elle s'attendait à un avenir plus difficile, et qu'elle prévoyait de réduire ses effectifs... Le patron de Huawei, Ren Zhengfei, qui ne prend que très rarement la parole, est ainsi sorti de son silence dans une note aux quelque 180.000 employés du groupe.

Il a notamment expliqué que "les choses se sont trop bien passées pour l'entreprise au cours des 30 dernières années" ajoutant que "nous devons nous préparer aux moments difficiles". "Nous allons devoir nous séparer des employés médiocres et réduire les dépenses de main-d'oeuvre", a-t-il ajouté.

Huawei rejette les accusations d'espionnage

Par ailleurs, dans des propos rapportés la semaine dernière par le 'Financial Times', Ren Zhengfei a démenti les accusations d'espionnage. Depuis Shenzhen, siège du groupe chinois, il a déclaré : "J'aime mon pays, je soutiens le Parti communiste. Mais je ne ferai jamais rien pour nuire à un quelconque pays dans le monde". "Je ne vois aucune relation particulière entre mes convictions politiques personnelles et les activités de Huawei", a ajouté le dirigeant.

Ren Zhengfei a été ingénieur de l'armée chinoise avant de fonder la société. Il a assuré que l'entreprise refuserait toute requête de Pékin pour obtenir des données sensibles de ses clients.

Un cadre de Huawei a été arrêté récemment en Pologne, où il est accusé d'espionnage. Par ailleurs, la directrice financière du groupe, Meng Wanzhou (la fille de Ren Zhengfei) a été arrêtée le 1er décembre au Canada, sur demande de la justice américaine, qui a demandé son extradition. Mme Meng est soupçonnée d'avoir organisé une fraude afin de permettre à Huawei d'exporter des équipements vers l'Iran, en violation des sanctions américaines...

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com