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Cotation du 22/10/2020 à 17h35 Lagardere -2,50% 21,800€
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Lagardere : le monde de l'édition lui appartient

le monde de l'édition lui appartient
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Pour le moyen terme.

(Boursier.com) — A contre-courant. Le pôle édition français (comprenant les actifs européens) de Vivendi Universal va donc tomber dans l'escarcelle du groupe Lagardère. Le communiqué publié ce matin par le groupe média est sans équivoque : les négociations finales ont débuté sur la base d'un prix de 1,25 Milliard d'Euros, écartant du même coup de la course les deux autres prétendants. Jean-René Fourtou prend soin en marge de cette annonce de rappeler que le choix repose sur le prix proposé, évidemment, mais également sur des "préoccupations culturelles et patrimoniales liées aux métiers de l'édition" qui offrent des "perspectives de développement de l'activité d'édition française et européenne de VUP". Une façon pour le dirigeant de se dédouaner d'un certain poids moral qui pesait sur ses épaules vis-à-vis des autres maisons d'édition françaises, qui risquent de se sentir isolées face au nouveau monstre, et qui ont d'ores et déjà confirmé pour certaines d'entre elles que tous les recours seraient tentés pour contrer l'opération de rachat de VUP par Hachette. Lagardère met la main sur des noms aussi prestigieux que Larousse, Robert, Nathan, Plon, Bordas pour n'en citer que quelques uns... le tout pour un prix qui peut sembler très "abordable". A 1,25 MdE, la branche européenne de VUP coûte en effet environ une fois son chiffre d'affaires et six fois son Ebitda 2002, quasiment une aubaine au vu du prestige des actifs

Si tu ne viens pas à Lagardère… Jean-Luc Lagardère n'avait jamais caché sa volonté de récupérer les actifs de VUP France, qui lui offrent désormais une situation plus que confortable de leader de l'édition sur le marché français, puisque l'union des deux mastodontes pèsera 8 fois plus que le numéro deux indépendant, Gallimard. Les "maisons" de VUP rejoignent donc notamment Hatier, Hachette, Calmann Levy, Fayard, Lattès ou Stock, ce qui donne une idée de l'ampleur du nouveau groupe. Personne ne discute de l'opportunité de cette opération pour Lagardère, engagé dans une rationalisation de ses activités, qui plus est obtenue pour un prix honorable d'autant que VU a donc finalement cédé à l'appel de la vente par compartiments ainsi que le voulait le patron d'Hachette. Reste pour l'acquéreur à négocier au mieux le virage des autorités françaises et européennes de la concurrence, en plus de l'inévitable et légitime levée de boucliers des autres éditeurs hexagonaux.

Relutif, évidemment. Conscient du problème, et surtout pressé par VU qui avait besoin au plus vite de cash (pour contre-attaquer dans l'affaire Cegetel), le groupe a mis en place un système qui implique dans un premier temps le rachat des actifs français de VUP par Natexis (avec les fonds de Lagardère), une option qui ne peut souffrir un seul recours en concurrence. VU payé, il sera alors temps de composer avec les autorités compétentes en France et en Europe, avec lesquelles Jean-Luc Lagardère aurait déjà pris contact, pour céder les actifs de VUP ou d'Hachette nécessaire à la mise en conformité. Les appuis politiques de la maison Lagardère sont ici des plus utiles, la réaction du Ministre de la Culture qui s'est déclaré ravi de cette opération en dit long sur les soutiens dont à bénéficié le groupe dans cette affaire face à d'autres offres qui étaient loin d'être franco-françaises. Le nouveau regroupement représente environ 70% du marché de l'édition mais aussi de la distribution, ce qui rendra malgré tout impératifs quelques réajustements de périmètre, pas de quoi en faire un roman... Quoi qu'il en soit, ce plan de reprise a été rondement mené et bénéficiera rapidement à Lagardère, même si en chiffrer l'impact pour l'heure est encore difficile. L'opération ne pose pas de problème en terme de financement et le fait d'avoir pu éviter de racheter l'ensemble du pôle VUP est très positif de notre point de vue. Cela constitue en tout cas un signal intéressant pour le titre qui devrait retrouver de l'attrait aux yeux des investisseurs.

Cours à la date du conseil : 42,50€

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