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Cotation du 18/04/2019 à 17h35 Thales +1,51% 107,750€

Thales : Déception

Déception
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(Boursier.com) — Ni l'appui du gouvernement français, ni celui plus discret de Tony Blair n'auront pesé assez lourd dans la balance. Gec a donc préféré s'allier au finish à BAE plutôt qu'à Thomson pour une question de prix. La direction de la CSF a finalement renoncé à suivre les dernières enchères montées à 7,7 Md de £ pour l'acquisition de Marconi, la filiale défense de GEC.

L'influence de Serge Tchuruk partenaire de longue date de GEC (aux côtés d'Alstom) n'aura donc pas été suffisante non plus. De quoi conforter l'avis de certains analystes hostiles au patron d'Alcatel, jugeant son influence déclinante car discrédité par la chute de son titre en septembre dernier. Dans la téléphonie comme dans la défense, Alcatel est désormais jugé trop isolé pour faire face aux géants américains qui continuent quant à eux à regrouper leur force.

La redistribution des cartes dans le secteur de la défense vient en tous les cas de connaître un épisode qui laissera des traces, tant le choix de GEC tourne le dos à la logique de fusion au niveau européen, considéré comme inéluctable par les spécialistes.
La direction de CSF a aussitôt repris son bâton de pellerin en convoquant un conseil d'administration hier 20 janvier. Trois axes de développement s'offrent désormais au groupe français:

1) S'accrocher au train britannique. Cela semble peu probable malgré les appels du pied de BAE, ce dernier se trouvant en concurrence avec Thomson dans de nombreux domaines.

2) S'allier avec l'autre orphelin du mariage anglais, à savoir DASA. La compétition avec Matra-Aerospatiale, qui entretient des liens privilégiers avec l'allemand, promet une nouvelle partie d'échec particulièrement serrée.

3) Tenter l'aventure américaine sachant qu'une alliance avec un groupe comme Lockeed-Martin qui pèse 5 fois plus lourd que Thomson pourrait être délicate à faire passer auprès du gouvernement et du lobby militaire.

L'équation étant posée, le groupe pour, négocier au mieux un rapprochement, va devoir poursuivre ses efforts de restructuration avec la mise en oeuvre du plan de licenciements annoncé en décembre dernier.

Fondamentalement, le titre conserve un important potentiel d'appréciation pour le long terme, la rentabilité ne pouvant que s'améliorer dans le futur sachant que, dans tous les cas, la CSF ne restera pas seule très longtemps sur la scène internationale. 1999 sera donc encore une année de transition et de mise en place d'importants gains de productivité. A l'horizon 2000, le nouveau Thomson pourra pleinement monter en puissance avec l'objectif de réaliser une marge nette proche de 10% plus conforme aux performances en vigueur dans ce secteur. A court terme, le titre reste dans ce contexte très spéculatif. La pression baissière pourrait même faire retomber le titre sous les 31 Euros (200 francs) en direction des 25/27 Euros qui constitue une bonne zone d'accumulation pour les investisseurs patients..

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