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Nicolas Simar, Responsable des stratégies Euro et Europe High Dividend chez NNIP

Nicolas Simar Responsable des stratégies Euro et Europe High Dividend chez NNIP

Un cocktail explosif pour les valeurs de croissance!
Nicolas Simar, Responsable des stratégies Euro et Europe High Dividend chez NNIP

Boursier.com : Quel est votre sentiment de Marché pour la fin d'année boursière?

N.S. : Sentiment modérément optimiste avec sans doute une volatilité accrue liée aux incertitudes politiques de fin d'année (Elections américaines et négociation d'un accord de sortie du Royaume-Uni de l'UE). Les résultats des entreprises du T3 devraient confirmer une sortie de crise par rapport au point bas du T1 2020 et les liquidités restent abondantes (support monétaire et fiscal). Quant à l'impact économique de la deuxième vague en Europe du COVID-19, il devrait continuer de toucher un certain nombre de secteurs spécifiques des services à la consommation (événementiel, restauration, transport aérien et tourisme) mais l'on ne devrait plus connaître un confinement économique et des restrictions comparables à celles du début d'année.

Boursier.com : Vous évoquez l'intérêt d'un retour de la "value" dans les portefeuilles mais de façon très sélective. Quelles distinctions faites-vous au sein du segment?

N.S. : Il est important de prendre en considération, à côté des facteurs de valorisation des sociétés ou d'industries, les tendances structurelles et l'évolution du comportement des consommateurs et des entreprises. Un certain nombre de secteurs traditionnellement " value " comme les secteurs du pétrole, de l'immobilier non-résidentiel ou de la distribution non-alimentaire font face à des changements permanents de nos sociétés et doivent soit se réinventer, soit adapter leurs comportements pour éviter de tomber dans les pièges à " value ". Une vigilance accrue est requise dans l'analyse de ces secteurs pour s'assurer de la pérennité du " business-model " de ces sociétés.

Boursier.com : Que pensez-vous du potentiel des valeurs bancaires?

N.S. : Il convient d'être sélectif au sein du secteur bancaire car malgré une valorisation très intéressante, le secteur continue d'afficher des taux de croissance très faible en partie liés à l'environnement des taux bas en Europe. Encore une fois, évitons de sélectionner les sociétés bancaires qui apparaissent les plus attractives au niveau de leur valorisation car elles s'accompagnent souvent d'une profitabilité extrêmement faible et d'un profil de risque plus élevé. Notre approche consiste donc à privilégier les valeurs bancaires de l'Europe du Nord, qui affichent une qualité de bilan supérieure et qui sont moins dépendantes de la courbe des taux au sein de l'Europe.

Boursier.com : A l'inverse, selon vous, les valeurs de croissance qui portent les Marchés ont-elles épuisé leur potentiel haussier?

N.S. : Les écarts de valorisation entre la partie " croissance " et la partie " value " du marché, a atteint dernièrement des niveaux records que l'on n'avait plus connu depuis la bulle technologique de la fin des années 90. Ces valeurs de croissance, et en particulier le secteur des valeurs technologiques, ont donc atteint des niveaux de valorisation extrêmes. La baisse continue des taux d'intérêts et l'absence de pressions inflationnistes expliquent en partie ce phénomène. La crise du COVID-19 n'a fait qu'accentuer cette tendance de recherche de croissance stable dans un cadre règlementaire fort favorable à ces sociétés. Les assouplissements monétaires et fiscaux mis en oeuvre depuis la crise sanitaire par les autorités monétaires et fiscales constituent un élément majeur qui pourrait mettre fin à l'hégémonie des valeurs de croissance. Ces politiques, combinées avec un développement probable des vaccins pour lutter contre cette crise sanitaire, auront, sans aucun doute, un effet positif sur le retour de l'inflation à moyen terme. Un positionnement extrême de la part des investisseurs, des valorisations extrêmes et un retour d'une croissance avec inflation constituent un cocktail explosif pour ces valeurs de croissance.

Boursier.com : Une stratégie "dividendes" est-elle pertinente dans le contexte de Marchés actuel ?

N.S. : Il est capital de prendre en compte la soutenabilité des dividendes dans la gestion d'une stratégie "dividendes". Nombreuses sont les sociétés qui affichent des rendements du dividende élevés mais qui n'ont pas la capacité de génération de " cash-flows " pour supporter le paiement de ces dividendes. Une analyse fondamentale des sociétés est indispensable pour éviter les pièges à dividendes. Il est aussi capital d'assurer une diversification sectorielle suffisante afin d'éviter une sur-exposition à des secteurs faisant face à des pressions structurelles et qui n'ont justement pas ce potentiel indispensable de croissance des cash-flows (secteur des Télécommunications, Immobilier commercial par exemple). Une stratégie dividende qui sélectionne des sociétés ayant des bilans sains et qui offrent une croissance stable et régulière des cash-flows offrira un biais qualité et un profil de risque réduit par rapport aux stratégies " value " traditionnelles.

Boursier.com : Des exemples de valeurs au sein de vos portefeuilles ?

N.S. : Nous apprécions des valeurs exposées ay cycle de la construction et qui pourraient bénéficier du " Green deal " de l'UE comme Saint-Gobain ou CRH (cimentier ayant une forte exposition au plan de relance américain notamment au niveau des dépenses d'infrastructure). Les sociétés industrielles qui bénéficient de la digitalisation de l'économie et de l'automatisation des processus industriels comme Siemens et Schneider sont présentes au sein de nos stratégies. Des sociétés comme Deutsche Post (grand gagnant du développement de l'e-commerce de par sa division DHL) ou Smurfit Kappa (leader dans la production d'emballages cartons fortement utilisés dans l'e-commerce) sont également présentes. Au niveau des secteurs plus défensifs , nous apprécions l'industrie des soins de santé (Sanofi et Novartis en particulier) ou de la distribution alimentaire (Ahold Delhaize et Tesco) pour leur valorisation attractive et la visibilité de leurs cash-flows et dividendes dans un monde post-COVID.

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