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Cotation du 04/12/2020 à 17h35

LNA Santé +0,21% 48,500€

Damien Billard, Directeur Général Délégué du groupe LNA Santé

Damien Billard Directeur Général Délégué du groupe LNA Santé

L'organisation très solide de LNA Santé a permis un véritable contrôle de l'épidémie de Coronavirus dans nos EHPAD
Damien Billard, Directeur Général Délégué du groupe LNA Santé

Boursier.com : Concernant les EHPAD, hormis votre forte présence en Ile-de-France, vous êtes plutôt présents sur des zones qui sont moins exposées au Covid-19. Vous n'avez pas d'établissements dans le Grand Est. En conséquence peut-on dire que vous avez été moins touchés que certains de vos concurrents?

D.B. : La crise a été très éprouvante en avril, particulièrement dans notre parc d'Ile-de-France effectivement. Nous avions anticipé les mesures des autorités de santé, notamment dans nos deux établissements du Morbihan, où un des premiers clusters français avait été détecté. Nous les avons rapidement étendues à l'ensemble de nos sites, devançant de plus d'une semaine les instructions des autorités sanitaires. Concrètement, nous avons, beaucoup plus tôt que les autres, pris des mesures de confinement, notamment en supprimant les visites extérieures, et en arrivant rapidement au confinement par chambre. Des mesures mal comprises par les familles initialement, lesquelles nous remercient aujourd'hui.

Boursier.com : Cette précocité dans les mesures vous a t-elle permis de limiter la surmortalité dans vos EHPAD?

D.B. : Nous avons enregistré 119 décès sur 7100 lits, soit un taux de mortalité de 1,65% et ce, malgré une exposition forte à l'épidémie, en Ile-de-France ou dans le Morbihan. C'est la preuve que nos mesures précoces ont été décidées à bon escient. L'organisation très solide du groupe a permis un véritable contrôle de l'épidémie. Il faut y ajouter le taux d'encadrement très élevé des patients par nos équipes médicales. Dans la profession, tout statuts d'établissements confondus, le taux d'encadrement est de 0,57 personnel par résident. Le seul secteur privé est à 0,45. Ce ratio est de 0,72 chez LNA Santé. Aujourd'hui, nous sommes revenus sur une situation "normale", en ce qui concerne les décès.

Boursier.com : Quid de vos autres activités : cliniques, hospitalisation à domicile?

D.B. : Le début d'année était très bon en hospitalisation à domicile, en croissance organique de 8,5%. L'activité s'est amplifiée durant la crise. Concernant la rééducation (cliniques), nous montions en puissance avec la livraison de plusieurs cliniques en 2019. Et cette performance est aussi soutenue par de nouvelles croissances externes réalisées fin 2019, et en janvier 2020.

Boursier.com : L'abandon des objectifs de croissance pour 2020 marque t-il une volonté de prudence de votre part?

D.B. : Plus que de la prudence, c'est de la transparence et de la clarté. Le fait d'avoir décidé de mesures sanitaires drastiques, très tôt, nous faisait comprendre que nous arrêterions les admissions. Ce que nous avons fait, dès la 3ème semaine de mars. C'est bien cela qui pèse, plus que la surmortalité : en temps normal nous enregistrons un taux de renouvellement de 3,3% chaque mois. Sans admission, cela signifie donc un abaissement du taux d'occupation de 3,3% chaque mois.

Boursier.com : Quand reprendrez-vous les admissions?

D.B. : Il est impossible d'envisager une date aujourd'hui. Le taux d'occupation dépendra aussi des confrères, chez lesquels, la situation est parfois très dégradée. La pression concurrentielle pourrait, selon les géographies, s'avérer forte. S'ajouteront aussi deux éléments contraires qu'on ne peut quantifier : les familles dont le confinement aura accéléré la volonté d'intégrer leurs aînés dans un établissement et puis, hélas, un niveau de mortalité à domicile élevé chez nos aînés.

Boursier.com : Vous êtes-vous posé la question du maintien du dividende? Les polémiques ont contraint Korian à couper le sien. Vous faites passer les vôtre de 0,38 à 0,45 Euro.

D.B. : LNA Santé est une entreprise familiale et les actionnaires historiques se sont personnellement endettés pour développer le groupe et les dividendes remboursent les crédits bancaires. Alors que je demande à nos partenaires bancaires de maintenir les échéances de crédit du groupe, il serait compliqué de leur demander de reporter les échéances concernant le pacte d'actionnaires des associés! Par ailleurs, la présence des petits porteurs, plus de 6000, au sein de notre capital est aussi un élément important. Ils ont encaissé la baisse du titre, nous ne voulions pas leur faire subir une double peine, en coupant le dividende.

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