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Reuters06/09/2008 à 17h14 -  2 réactions

Zardari, le veuf de Bhutto, élu à la présidence pakistanaise

par Robert Birsel

ISLAMABAD (Reuters) - Asif Ali Zardari, veuf de l'ancien premier ministre Benazir Bhutto, a été élu samedi à la présidence du Pakistan par les membres des deux chambres du Parlement et des quatre assemblées régionales.

Il succède au très contesté Pervez Musharraf qui a démissionné le mois dernier après neuf années au pouvoir.

Le candidat du Parti du Peuple pakistanais (PPP), dont la victoire était largement attendue, a recueilli les suffrages de 480 des 702 membres du collège électoral, selon les résultats officieux obtenus auprès de la commission électorale.

Ses deux rivaux étaient Saeeduzzaman Siddiqui, un ancien magistrat candidat de la Ligue musulmane du Pakistan de Nawaz Sharif (PML-N), et Mushahid Hussain Sayed, candidat du parti pro-Musharraf.

Commentant sa victoire avec des responsables de son parti, Zardari a estimé qu'elle marquait l'aboutissement du processus démocratique.

"A ceux qui seraient tentés de dire que notre présidence est controversée, je les invite à écouter la voix de la démocratie", a lancé Zardari, flanqué de ses deux filles.

En visite à Alger, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a salué son élection et son engagement dans la lutte contre le terrorisme.

"Maintenant, avec un nouveau président, je pense que nous avons bien avancé. J'ai été marquée par ce qu'il a dit sur les défis posés au Pakistan, l'importance donnée à la lutte contre le terrorisme, le fait que le combat contre le terrorisme est le combat du Pakistan, et ses paroles fortes d'amitié et d'alliance avec les Etats-Unis", a-t-elle dit.

Illustrant la menace terroriste toujours présente, l'explosion d'une voiture piégée a fait 16 morts et une quarantaine de blessés samedi devant un bâtiment de la police à Peshawar, dans le nord-ouest du pays. Cette attaque a été revendiquée par les taliban.

DE LA PRISON A LA PRESIDENCE

Zardari est passé en quelques années de la prison à la tête de son pays.

Porteur de l'héritage de sa femme assassinée en décembre 2007, l'ancien play-boy passionné de polo reste très controversé en raison des soupçons de corruption qui pèsent sur lui depuis de nombreuses années.

Membre d'un gouvernement dirigée par sa femme, il avait été surnommé "Monsieur 10%" par ses adversaires et a passé au total onze années en prison, accusé de meurtre, de corruption et de trafic de drogue, sans pourtant avoir jamais été condamné.

Il avait été remis en liberté sous caution en 2004 et rejoint sa femme en exil.

Le meurtre qu'on lui imputait, y compris au sein de sa belle-famille, était celui de Murtaza Bhutto, frère de Benazir, à Karachi en 1996.

Il a toujours clamé son innocence dans les enquêtes qui le visaient, affirmant être la victime de machinations politiques.

Après la mort de Benazir Bhutto, tuée le 27 décembre dans un attentat quelques semaines après son retour d'exil, Zardari a pris sa succession à la tête du PPP, direction qu'il partage avec son fils Bilawal. Agé de 19 ans, ce dernier poursuit ses études à Oxford.

Sous la houlette de Zardari, le PPP s'est imposé comme la première force politique du pays lors des législatives de février, devant la Ligue musulmane de Sharif avec laquelle le PPP a formé un gouvernement de coalition, qui a finalement éclaté le 25 août.

Les hésitations du PPP à réintégrer le plus rapidement possible les magistrats limogés par Musharraf, comme l'exigeait la PML-N, a provoqué cette rupture de la coalition gouvernementale, déjà confrontée à la violence islamiste et à la faiblesse des marchés financiers.

Le PPP craint qu'une fois réintégrés, les magistrats limogés ne remettent en question l'amnistie accordée l'an dernier à Zardari et à d'autres responsables du parti mis en cause dans des affaires de corruption.

Même pour certains membres du PPP, Zardari est une personnalité contestable en raison de son goût immodéré du pouvoir et de son penchant pour l'argent et la vie facile.

Version française Guy Kerivel

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

2 réactions à cet article
  • le 06/09/2008 à 19h34Réaction de modeb

    c' est partout pareil , comme en France on prend les mêmes et on recommence

  • le 08/09/2008 à 11h11Réaction de zrab

    enfin ,le général- despote musharaf est parti:je serais curieux de connaître" les pressions",pour ne pas dire le probable "chantage monstrueux" auquel il a fini par céder pour "renoncer" sans gloire, à la présidence après coups d'états,limogeage d'une cour constitutionnelle trop indépendante,un assassinat étrange (feu Mme Benazir Bhuto)- à qui profitait le crime? - et une politique "musclee" dans son pays. Je doutes fort qu'un tricheur vicieux comme celui-çi ,avec l'aide des militaires,le vrai pouvoir au Pakistan depuis le renversement d'Ali Bhuto par le general Zia-ul-haq , ...ne refomente... un x eme coup d'état bientôt,-rappelez-vousla chute de Benazir Bhuto provoquée par l'armee! wait & see!!

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