Washington retire Pyongyang de sa liste noire du terrorisme
par Sue Pleming
WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis ont retiré la Corée du Nord de leur liste de pays liés au terrorisme, alors que les pourparlers sur sa dénucléarisation progressent laborieusement au fil des derniers mois de l'administration Bush.
Cette décision a été prise à la suite d'assurances fournies par Pyongyang sur une série de mesures de vérification de ses activités nucléaires, a fait savoir Sean McCormack, porte-parole du département d'Etat.
"La secrétaire d'Etat (Condoleezza Rice) a résilié la désignation de la (Corée du Nord) comme Etat parrainant le terrorisme", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
Il a précisé que la Corée du Nord reprendrait aussi la désactivation de ses installations nucléaires dans le cadre de l'accord bilatéral.
Américains et Nord-Coréens ont convenu que des experts auraient accès à tous les sites nucléaires déclarés et que les Nations unies joueraient un rôle important dans la vérification des activités atomiques de Pyongyang, a ajouté McCormack.
Un accord entre les deux pays est intervenu la semaine dernière sur ces mesures de vérification, nécessaires à un retrait de la Corée du Nord de la liste des pays que les Etats-Unis accusent de soutien au terrorisme.
"La Corée du Nord demeure l'objet de nombreuses sanctions résultant de son essai nucléaire de 2006, de ses activités de prolifération, de ses violations des droits de l'homme et de son statut d'Etat communiste", a toutefois souligné McCormack.
"Les Etats-Unis continueront d'oeuvrer pour un arrêt vérifiable de tous les programmes et activités nucléaires nord-coréens. Nous ne cesserons pas avant que cette tâche soit accomplie."
RÉACTIONS NÉGATIVES ATTENDUES
La Corée du Nord, qui a procédé en 2006 à un essai nucléaire en faisant usage de plutonium, est soupçonnée de poursuivre un programme d'enrichissement d'uranium qui ouvrirait une seconde voie pour la mise au point de matériaux fissiles destinées à des armes nucléaires.
La décision annoncée samedi, qui fait suite à plusieurs journées de consultations au sein du gouvernement américain après une visite de l'envoyé spécial Chris Hill la semaine dernière à Pyongyang, a suscité une vague de réprobation dans les milieux républicains conservateurs.
L'ancien représentant permanent des Etats-Unis à l'Onu, John Bolton, a qualifié les mesures de vérification de "pathétiques" et jugé que la Corée du Nord avait obtenu pour rien une victoire politique.
Le candidat démocrate à la Maison blanche Barack Obama a qualifié l'accord sur les mesures de vérification de "modeste pas" dans le processus de dénucléarisation.
A trois mois de la fin du mandat de l'administration Bush, Rice espérait arracher un succès de politique étrangère avec la Corée du Nord - que le président George Bush avait inscrit dans un "axe du mal" au début de son premier mandat.
Aux termes d'un accord général conclu en 2005 par les deux Corées, la Chine, le Japon, la Russie et les Etats-Unis, le régime nord-coréen s'est engagé à renoncer à tout programme nucléaire en échange d'avantages économiques et diplomatiques.
Dans le cadre d'un accord ultérieur, les Etats-Unis avaient laissé entendre qu'ils retireraient la Corée du Nord de leur liste noire si Pyongyang déclarait de façon "complète et exacte" l'ensemble de ses programmes nucléaires.
Cet accord avait cependant achoppé sur le fait que la Corée du Nord rechignait à accepter un mécanisme autorisant les Etats-Unis ou d'autres pays concernés à vérifier qu'elle tenait ses engagements dans ce domaine.
Jeudi dernier, les autorités nord-coréennes ont interdit aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de pénétrer dans le complexe nucléaire de Yongbyon, deux ans jour pour jour après le premier essai nucléaire nord-coréen, qui avait suscité une forte inquiétude dans le monde.
Avec Deborah Charles et Jeremy Pelofsky, version française Philippe Bas-Rabérin









