Un comité d'experts saisi sur le seul maïs OGM vendu en France
PARIS (Reuters) - Les ministres de l'Ecologie et de l'Agriculture ont saisi une commission d'experts afin de réexaminer la toxicité du seul maïs OGM commercialisé en France, apprend-on au ministère de l'Ecologie.
Alain Juppé et Christine Lagarde ont demandé à la Commission du génie biomoléculaire un nouvel avis sur ce maïs, le Mon810 produit par le semencier américain Monsanto et commercialisé depuis 1998 en France.
Cet avis pourrait être rendu le 12 juin, a-t-on précisé de même source.
Cette saisine intervient après une étude récemment publiée par Greenpeace selon laquelle la sécrétion de la toxine insecticide appelée "bt", censée tuer l'insecte qui attaque ce maïs, ne se déroule pas comme prévu.
Après la publication de l'étude, l'Allemagne a suspendu l'autorisation du Mon810, en attendant la mise en place d'un plan d'observation sur l'environnement.
Alain Juppé confirme dans une interview vendredi à Sud-Ouest qu'il n'exclut pas de "s'inspirer du cas allemand" tout en précisant que l'Allemagne "a pris une clause de sauvegarde", mais qu'il "lui reste à la faire valider au niveau européen".
"Sur le fond, je dis qu'on ne peut pas se mettre à l'écart du progrès et de la recherche, mais qu'il faut s'entourer de toutes les garanties", explique-t-il.
Alain Juppé nie avoir prononcé la semaine dernière "le mot moratoire" concernant le maïs OGM Mon810.
"Je n'ai jamais prononcé le mot moratoire. J'ai simplement dit que, sur le Monsanto 810, il y a un problème de production de la toxine qui ne se déroule pas comme prévu", indique-t-il.
Le maïs Mon810, est le seul maïs transgénique autorisé à la commercialisation en France et entre 25.000 et 30.000 hectares y ont été plantés cette année pour être récoltés à l'automne.







