Statu quo sur le nucléaire iranien après la réunion de Genève
par Mark John
GENEVE (Reuters) - Le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana, a déclaré samedi à l'issue d'une réunion avec le négociateur en chef iranien que Téhéran n'avait pas donné de "réponse claire" aux propositions faites par les grandes puissances en échange de la suspension de ses activités d'enrichissement d'uranium.
"Nous n'avons pas eu de réponse claire (...) ni de 'oui', ni de 'non'", a dit Solana à l'occasion d'une conférence de presse à Genève, où se tenait une rencontre entre des responsables des "Six" - les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu plus l'Allemagne - et le responsable iranien du dossier, Saeed Jalili.
"J'espère obtenir une réponse à cela et à d'autres questions dans un délai de deux semaines", a précisé l'émissaire européen, fixant ainsi un nouveau rendez-vous au négociateur de Téhéran en charge du dossier nucléaire.
Solana a par ailleurs déclaré que les discussions, en la présence exceptionnelle du numéro trois du département d'Etat américain William Burns, avaient été constructives et de haute tenue. Mais un diplomate occidental a précisé qu'aucune autre réunion à ce haut niveau n'était programmée.
Le porte-parole de la diplomatie européenne a insisté sur le fait que Téhéran continuait à entretenir le flou sur l'attitude que l'Iran adopterait par rapport aux plus récentes propositions des Six. Ceux-ci ont proposé à l'Iran de geler ses activités sensibles en échange du gel de leurs démarches pour obtenir du Conseil de sécurité un nouveau train de sanctions contre Téhéran
JALILI EXCLUT DE NÉGOCIER SUR LE POINT LE PLUS IMPORTANT
Mais un haut diplomate iranien présent à Genève a déclaré qu'il était exclu de discuter d'un tel gel mutuel lors de la prochaine rencontrer entre Jalili et Solana car cela reviendrait selon lui pour l'Iran à renoncer à son droit inaliénable au nucléaire.
"D'abord nous aimerions discuter des points communs et, si un accord est conclu, nous pourrons discuter de nos divergences", a-t-il toutefois ajouté.
L'Iran, quatrième producteur mondial de pétrole, affirme que son programme nucléaire a pour unique visée la production d'électricité; l'Occident le soupçonne de vouloir se doter de l'arme atomique.
L'ensemble des propositions remises en juin aux autorités iraniennes par Javier Solana, visent à offrir à Téhéran des incitations économiques et techniques en échange d'une suspension de ses activités d'enrichissement d'uranium.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté trois trains de sanctions contre l'Iran depuis le début de la crise, à l'été 2002, lorsque le Conseil national de la résistance iranienne, groupe d'opposants en exil, a dénoncé l'existence d'un centre d'enrichissement de l'uranium à Natanz et d'une centrale nucléaire à eau lourde à Arak.
La tension s'est accrue la semaine dernière avec des essais de missiles auxquels l'Iran a procédés.
Version française Henri-Pierre André et Olivier Guillemain










