3 réactionsSégolène Royal poursuit sur sa lancée en solitaire à la Rochelle
par Laure Bretton
LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - Candidate déclarée à la tête du Parti socialiste, Ségolène Royal a retrouvé les accents de sa campagne présidentielle vendredi pour appeler à l'unité et au rassemblement à moins de trois mois du congrès de Reims.
Ne restant qu'une journée à La Rochelle, où se déroule l'université d'été du PS jusqu'à dimanche, la présidente de Poitou-Charentes a fait la leçon aux ténors du parti afin qu'ils respectent les militants et s'abstiennent de toute manoeuvre.
Le simple rendez-vous militant que constitue ce forum est de fait quelque peu éclipsé par la recherche d'alliances en vue de la succession de François Hollande à la tête du parti.
Le maire de Paris Bertrand Delanoë a annoncé cette semaine sa candidature face à Ségolène Royal, tandis que Martine Aubry, autre prétendante possible, refuse pour le moment de préciser ses intentions. Pierre Moscovici et Julien Dray sont dans la course depuis des mois.
"Personne ne peut se permettre de gâcher l'esprit studieux de nos rencontres", a prévenu Ségolène Royal dans son discours d'ouverture devant une salle comble où Bertrand Delanoë avait pris place.
"J'oserais vous dire malicieusement, ne le prenez pas au premier degré. Les Français nous parlent comme Juliette Gréco nous le chante : 'Aimez-vous les uns les autres ou disparaissez!", a-t-elle lancé, reprenant une formule aux accents religieux qu'elle avait déjà utilisée à la fin de la campagne présidentielle en 2007 et qui avait fait bondir les tenants de la laïcité au PS.
"On ne s'exprime pas, disons, de la même manière", a commenté Martine Aubry en marge d'une séance de dédicace de son ouvrage "Et si on se retrouvait". "Je me sens plus dans des mots qui font appel à la raison", a ajouté la maire de Lille.
ROYAL ET HOLLANDE CÔTE-À-CÔTE
Avant d'arriver dans l'ancienne criée aux poissons de La Rochelle où se tiennent les ateliers de formation des militants, Ségolène Royal a déjeuné avec les présidents de régions socialistes dans un café voisin.
La rencontre, organisée chaque année, a pris l'allure d'un grand rendez-vous médiatique, François Hollande décidant d'y prendre part à l'heure où tous les dirigeants se toisent dans l'espoir de réunir une majorité sur leur nom pour le congrès.
Séparés à la ville, l'ancienne candidate présidentielle et le premier secrétaire se sont salués avant de s'asseoir de part et d'autre d'Alain Rousset, président de l'Association des régions de France.
"C'est institutionnel: il dirige le parti, elle préside la région hôte. Il n'y a pas de conclusion à tirer", insiste David Assouline, l'un des proches de Ségolène Royal.
"Je ne fais pas de front, ni pour ni contre", a assuré François Hollande, alors que sa présence aux côtés de son ancienne compagne paraissait démentir son esquisse de rapprochement avec Bertrand Delanoë cette semaine.
"Avec Ségolène, on a des relations politiques. Elle a pleinement sa place au Parti socialiste. A elle de savoir laquelle", a ajouté le premier secrétaire sortant.
Ségolène Royal était attendue samedi à Florence, à l'invitation de la gauche italienne. Elle a d'ores et déjà convié ses partisans à un "meeting de la fraternité" à Paris, le 27 septembre.
Ses proches font valoir que sa "contribution" - les textes envoyés par les courants aux militants cet été - a récolté deux fois plus de signatures que celle de Bertrand Delanoë, dix fois plus que celle de Martine Aubry.
"La dynamique militante ne se dément pas. Et c'est sur cette seule base qu'on peut ensuite rassembler les dirigeants", estime l'un de ses lieutenants, récusant tout isolement. "Si on compare les forces, nous sommes nettement devant".
Edité par Sophie Louet









