2 réactionsSarkozy cherche à rassurer aux chantiers navals de Saint-Nazaire

SAINT-NAZAIRE, Loire-Atlantique (Reuters) - Nicolas Sarkozy a vanté l'accord signé en juin entre l'Etat et STX Shipbuilding, devant les ouvriers des chantiers navals de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique.
L'accord conclu avec le groupe sud-coréen prévoit l'acquisition par l'Etat dans les prochaines semaines de 9% du capital d'Aker Yards en France, propriétaire des Chantiers, et un droit de préemption sur les 25% encore détenus par l'ancien propriétaire Alstom.
Avec les parts d'Alstom, l'Etat détiendrait une minorité de blocage lui permettant de participer aux décisions stratégiques.
"Si Alstom devait partir d'ici à 2010, c'est l'Etat français qui rachètera ses parts", a réaffirmé le président de la République devant les salariés.
L'accord prévoit en outre que "STX ne délocalise pas et ne concurrence pas les Chantiers de l'Atlantique", a-t-il précisé.
"Je ne laisserai pas tomber les chantiers", a promis Nicolas Sarkozy. "Quel meilleur témoignage de confiance que de prendre une partie du capital ?"
Il a dressé un parallèle avec le "sauvetage" d'Alstom initié en 2004, lorsqu'il était ministre de l'Economie.
"L'Etat a racheté à l'époque 22% du groupe qui était en situation de quasi-faillite à cause d'un management médiocre", a dit Nicolas Sarkozy. "C'était en quelque sorte une renationalisation. Aujourd'hui, Alstom s'est redressé, et personne ne s'en plaindra."
Le discours du président de la République a été accueilli sans enthousiasme par les ouvriers des Chantiers.
"On n'a pas appris grand-chose", a dit Yannis, 40 ans, qui travaille aux chantiers navals depuis dix ans.
Olivier Evano, 47 ans, redoute pour sa part que "STX reparte dans deux ou trois ans et emmène les plans des paquebots et les savoir-faire chez eux en Corée".
L'armateur sud-coréen a plus que doublé mi-août sa participation dans le Norvégien Aker Yards, dont il détient à présent 88,4% du capital. Aker Yards va être renommé STX Europe
ASA.
Guillaume Frouin, édité par Jean-Baptise Vey et Gilles Trequesser









