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Reuters04/07/2008 à 20h49 - Soyez le premier à réagir à cet article !

Pour Ingrid Betancourt, la pression française a joué un rôle

LA PRESSION FRANÇAISE A JOUÉ UN RÔLE, ESTIME INGRID BETANCOURT

PARIS (Reuters) - Ingrid Betancourt a déclaré vendredi que l'opération de l'armée colombienne qui a permis sa libération aurait été d'une nature plus violente sans les pressions exercées par la France.

"Ma libération est évidemment le fait d'une opération militaire colombienne", a déclaré l'ex-otage des Farc lors d'une conférence de presse à l'hôtel Marigny, une dépendance du Palais de l'Elysée à Paris.

"Mais si la France n'avait pas fait ce qu'elle a fait, si les Français ne s'étaient pas mobilisés, si le gouvernement français n'avait pas pris sur lui de défendre les otages colombiens, je pense que nous aurions assisté à un autre type d'opération", a-t-elle ajouté.

Elle a rappelé qu'au début de sa captivité, une tentative de l'armée colombienne de libérer des otages des Farc par la force s'était soldée par un échec total et la mort des otages.

Le président colombien Alvaro Uribe, "qui voulait faire une opération militaire, qui voulait ne pas avoir à négocier avec les Farc, a été sous la pression de tous les Français et du gouvernement français" contre un coup de force, a ajouté Ingrid Betancourt. "Cela a forcé le gouvernement colombien à trouver d'autres moyens."

Des soldats colombiens en civil ont réussi à libérer Ingrid Betancourt et 14 autres otages par la ruse, sans coup de feu.

"Ce que j'ai vécu, ce dont je peux témoigner, c'est d'une opération militaire dans laquelle les personnes qui ont participé ont couru des risques immenses", a dit l'ex-otage franco-colombienne.

Pour autant, elle a récusé l'idée d'une mise en scène ou du versement d'une rançon. Le commandant Enrique, son geôlier, fait prisonnier pendant l'opération, n'avait pas le "rictus" de quelqu'un qui a touché une rançon mais de quelqu'un qui "avait honte" et peur, a-t-elle ainsi raconté.

Elle a également rappelé que ses relations avec le président Alvaro Uribe n'avaient jamais été faciles et que ses relations avec les militaires colombiens étaient "très dures".

"Je ne pense pas qu'on puisse me duper facilement, je ne pense pas que ce que j'ai vu soit une mise en scène", a-t-elle ajouté. "Il y avait un degré de tension (...) C'était tellement stressant que mes camarades ont résisté et ne voulaient pas monter dans l'hélicoptère."

Après coup, "la joie de nous tous et surtout la joie de ceux qui avaient commandé l'opération n'était pas fictive. Si ces personnes-là avaient su d'avance que l'opération était un succès parce que les gens n'allaient pas opposer de résistance (...) l'intensité du bonheur n'aurait pas été la même."

L'ex-otage a de nouveau associé à ses remerciements le prédécesseur du président Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, et l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

"J'ai pensé à eux à chaque instant de ces sept ans de captivité", a dit Ingrid Betancourt, qui a loué Jacques Chirac pour avoir "protégé" sa famille et rappelé régulièrement les autorités colombiennes à l'urgence de sa libération.

"Mon ami Dominique de Villepin, je lui dois énormément", a-t-elle ajouté. "Il a mené une lutte de titan pour notre libération."

Emmanuel Jarry, édité par Jean-Baptiste Vey

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

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