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Reuters09/07/2008 à 12h20 - Soyez le premier à réagir à cet article !

Pays développés et émergents restent divisés sur le climat au G8

LES ÉMISSIONS DE CO2 DU G8

par David Fogarty et David Ljunggren

TOYAKO, Japon (Reuters) - A l'occasion des discussions élargies du G8 sur le climat, les plus gros pollueurs de la planète sont convenus de la nécessité de fortes réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) mais les divergences entre pays développés et émergents les ont empêchés de fixer des objectifs précis.

Le changement climatique a été le sujet le plus difficile du sommet du Groupe des Huit (G8) organisé cette année au Japon et aux travaux duquel les dirigeants de grandes économies émergentes comme la Chine, l'Inde et le Brésil étaient invités à se joindre au troisième et dernier jour de la réunion.

Dans un communiqué, le forum des seize grandes économies (MEM), parmi lesquels figurent les pays du G8, les grands pays émergents du "G5" ainsi que l'Australie, l'Indonésie et la Corée du Sud, reconnaissent "la nécessité de réductions drastiques des émissions mondiales".

Mardi, les membres du G8 s'étaient entendus sur un objectif de réduction d'au moins 50% des émissions de GES d'ici à 2050, tout en soulignant qu'ils n'étaient pas en mesure d'atteindre seuls cet objectif.

De plus, l'accord de mardi dissimulait mal de profondes divergences entre les membres du G8 eux-mêmes. Les Etats-Unis refusent notamment tout objectif chiffré à mi-échéance qui ne s'appliquerait pas également aux grandes économies émergentes.

Le "G5" des cinq grands pays émergents - Chine, Inde, Afrique du Sud, Mexique et Brésil - avait jugé insuffisante cette annonce et exhorté les pays du G8 à réduire d'au moins 25 à 40% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990 d'ici 2020 et de 80 à 95% d'ici 2050.

Les seize membres du MEM représentent 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

LES ÉCOLOGISTES DÉÇUS

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a estimé que la réunion de mercredi avait été constructive.

"Nous devons être réalistes. Il serait inexact de considérer ce problème en termes d'opposition entre les pays développés et les pays en développement", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"Bien sûr, nous acceptons la plus grande part des responsabilités mais il s'agit d'un défi mondial, qui appelle une réponse mondiale."

Les écologistes ont fustigé la déclaration de mercredi, qui ne diffère pas d'une version préliminaire conclue fin juin à Séoul par les négociateurs des mêmes pays.

"C'est toujours la même impasse", a déploré Kim Carstensen, directeur du programme climatique mondial du WWF contacté par Reuters.

"Etant donné le manque de volonté à progresser, surtout de la part des Etats-Unis, il n'a pas été possible de sortir de là."

EN CHINE ET EN INDE, LA CROISSANCE D'ABORD

Mercredi, les seize grandes économies ont également annoncé que les pays développés fixeraient des objectifs à mi-échéance, sans avancer de chiffre. De plus, le communiqué annonce que les économies en développement agiront pour réduire leurs émissions.

La position des pays émergents est déterminante. Les pays du G8 émettent 40% des GES dans le monde. La Chine et l'Inde, à elles deux, produisent 25% du total, une part qui augmente rapidement à mesure que leurs économies, grosses consommatrices de charbon, se développent.

Selon un responsable du gouvernement japonais, seules l'Indonésie, la Corée du Sud et l'Australie ont approuvé l'objectif de contribuer à diviser par deux les émissions mondiales pour 2050.

Pour les membres du "G5", il appartient aux pays développés d'agir en premier.

Le président chinois Hu Jintao et le Premier ministre indien Manmohan Singh ont dit que leur premier devoir était de privilégier la croissance pour faire reculer la pauvreté dans leurs pays.

"La Chine est un pays en développement et se trouve en plein processus d'industrialisation et de modernisation", a déclaré Hu, cité par l'agence Chine nouvelle.

"Le niveau de vie de la population n'est pas encore très élevé, et la principale tâche de la Chine est pour l'heure de développer l'économie et d'améliorer le bien-être des citoyens."

Manmohan Singh a émis une opinion similaire.

"Il est d'autant plus urgent et impératif pour nous de créer une croissance accélérée que le changement climatique a sur nous, en tant que pays en développement, un impact disproportionné", a-t-il déclaré lors du MEM.

L'Inde n'a d'autre choix, a-t-il ajouté, que "d'allouer encore plus de larges ressources à l'adaptation des régions les plus menacées en termes de sécurité alimentaire, de santé publique et de gestion des ressources hydriques".

Singh a reproché aux pays développés leurs faibles résultats en matière de lutte contre les émissions.

"Cela doit changer. Vous devez tous (membres du G8) montrer le chemin, comme vous l'avez toujours promis, en fixant et en appliquant des réductions des émissions vraiment significatives."

Avec Chisa Fujioka et William Schomberg, version française Clément Dossin, Philippe Bas-Rabérin et Gregory Schwartz

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

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