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Reuters11/10/2008 à 18h03 -  3 réactions

Paris et Berlin affichent leur unité avant l'Eurogroupe

ANGELA MERKEL ET NICOLAS SARKOZY AFFICHENT LEUR UNITÉ FACE À LA CRISE

par Emmanuel Jarry

COLOMBEY-LES-DEUX-EGLISES, Haute-Marne (Reuters) - France et Allemagne ont affiché leur unité face à la crise financière mondiale à la veille d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 15 pays de l'Eurogroupe à Paris.

"Nous avons préparé un certain nombre de décisions que nous soumettrons à nos partenaires", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse commune avec Angela Merkel, après un déjeuner de travail à Colombey-les-Deux-Eglises, le village de Champagne-Ardennes où le général Charles de Gaulle, fondateur de la Ve République française, avait une maison familiale.

Il a assuré que la France et l'Allemagne annonceraient ensemble les décisions qui seront effectivement prises et veilleraient à ce qu'elles entrent concrètement en vigueur en même temps dans les deux pays.

"L'Allemagne et la France sont sur une voie commune pour mettre en place une réaction concertée et cohérente de la zone euro à la crise financière internationale, avec naturellement les nécessaires marges dont a besoin chaque Etat membre", a pour sa part déclaré la chancelière allemande.

Ni l'un ni l'autre n'ont voulu dévoiler les propositions élaborées en commun, pour en réserver la primeur aux dirigeants des 13 autres pays de la zone euro.

Selon une source proche du président français, les pays de l'Eurogroupe travailleraient à un dispositif "inspiré du plan britannique" de soutien au système bancaire.

Le Trésor britannique a annoncé mercredi la mise à la disposition des banques et établissements de crédit immobilier britannique de 200 milliards de livres pour renforcer leurs fonds propres et restructurer leurs finances.

"Nous savons où nous voulons arriver, nous savons comment nous voulons y arriver mais nous voulons coordonner d'abord les pays européens de la zone euro, puis toute l'Europe", s'est pour sa part borné à déclarer Nicolas Sarkozy.

Angela Merkel a estimé que les travaux du G7, dont les ministres des Finances viennent de s'engager à Washington à prendre des mesures pour restaurer le liquidité des marchés, sans retenir la proposition britannique de garantir les prêts interbancaires, constituaient un "bon point de départ".

"BOÎTE À OUTILS COMMUNE"

"Nous aurons une boîte à outils commune", a déclaré la chancelière allemande. "Nous aurons une panoplie d'outils mais chaque pays pourra utiliser ces outils pour répondre aux conditions particulières" qui sont les siennes.

"La première étape c'était le G7, la deuxième étape c'est l'Eurogroupe demain, la troisième étape c'est la mise en oeuvre nationale, tout cela doit se faire dans l'ordre. Donc, lundi, les choses seront claires", a-t-elle ajouté.

Elles s'est dite consciente que des interventions de l'Etat étaient nécessaires, "car les marchés incontrôlés ne sont pas à même de maîtriser les problèmes".

En ce qui concerne l'Allemagne, Angela Merkel n'a pas exclu que l'Etat puisse prendre des participations temporaires dans le capital d'établissements financiers allemands en difficulté.

"Ce dont il s'agit c'est que les banques disposent de capitaux suffisants pour qu'elles puissent agir de façon efficace et je n'exclus pas que des soutiens en capitaux existent", a-t-elle déclaré.

L'Etat allemand imposerait des "contraintes" et des "conditions" aux banques qui réclameraient ce type de soutien mais aucune décision n'a encore été prise, a-t-elle ajouté.

La chancelière a assuré que la solution ne pouvait en aucun cas être un fonds européen de soutien au système bancaire - une mesure à laquelle l'Allemagne est opposée et que Nicolas Sarkozy a de nouveau catégoriquement démenti avoir proposé.

"Il faut qu'il y ait une approche commune en Europe mais il faut aussi pouvoir s'adapter de façon flexible aux différentes situations nationales", a souligné la chancelière.

Le président français a affirmé que ni le Premier ministre François Fillon, ni lui, n'avaient jamais parlé d'un fonds européen, qui ne peut selon lui pas être la réponse à la crise.

"La crise impose des réponses extrêmement rapides. Parfois, des chefs d'Etats et de gouvernement sont réveillés en pleine nuit pour prendre des décisions avant l'ouverture des marchés", a-t-il expliqué. "Quand il faut décider entre quatre heures et demie du matin et sept heures du matin, si on doit réunir tous les partenaires membres de ce fonds, on n'y arriverait pas."

Nicolas Sarkozy a également assuré que l'analyse de la France et de l'Allemagne sur la crise, les raisons de la crise, les conséquences à en tirer pour le court, le moyen et le long terme "faisaient l'objet d'une parfaite identité de vue" entre Paris et Berlin.

"Je peux vous dire que vraiment il n'y a pas l'ombre d'un désaccord", a-t-il assuré.

Emmanuel Jarry, édité par Elizabeth Pineau

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

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3 réactions à cet article
  • le 12/10/2008 à 08h04Réaction de marcuswh

    Entre ces deux là c'est du "je t'aime moi non plus" tout simplement mais A.Merkel a du mettre de l'eau dans son vin suite au problème bancaire allemand qu'elle a rencontré. Toujours très speed N.Sarkozy mais il a souvent rason contre tous.

  • le 12/10/2008 à 11h47Réaction de H.BOSE

    En tout cas, les conséquences de la crise financière sont encore impossible à mesurer. Je pense que tous les acquis sociaux vont passés un mauvais quart d'heure...les gens vont moins consommer, vont rester chez eux plus souvent, moins de sorties, moins de consommation, moins de dépenses, moins d'investissement vue que les banques prêteront moins, la patronat va se renforcer, les gens seront encore plus "chacun pour soi", les syndicats vont perdre encore plus de leur présence...voir disparaitre à long terme, les mesures gouvernementales impopulaires passeront sans que les Français bronchent d'un poil, les tribunaux des prud'hommes n'auront plus lieu d'exister.......on peut encore aller plus loin dans ce raisonnement. Le pire est devant nous et encore inimaginable de penser à l'envergure des conséquences de la crise.

  • le 12/10/2008 à 11h57Réaction de patleg

    Il y a déjà bien longtemps que les syndicats n'existent plus en France..Mis à part dans la fonction publique..

Membre Boursier.com

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