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Reuters08/10/2008 à 07h11 - Soyez le premier à réagir à cet article !

Obama et McCain s'affrontent sur les impôts et l'économie

ÉCONOMIE ET IMPÔTS AU COEUR DU DÉBAT ENTRE BARACK OBAMA ET JOHN MCCAIN

par John Whitesides

NASHVILLE, Tennessee (Reuters) - Barack Obama et John McCain se sont affrontés mardi soir sur les impôts et sur la meilleure manière de venir en aide aux classes moyennes au cours d'un débat télévisé qui a mis en lumière leurs divergences en matière de politique économique.

A quatre semaines très exactement de l'élection présidentielle du 4 novembre, les deux prétendants à la Maison blanche ont également affiché leurs différences d'analyse sur l'Irak ou sur le dossier du nucléaire iranien.

Alors que les institutions américaines luttent pour sortir de ce que le candidat démocrate qualifie de "pire crise financière depuis la Grande Dépression", le deuxième débat de la campagne présidentielle entre les deux hommes a largement tourné autour des questions économiques.

Il n'a pas véritablement donné lieu en revanche aux attaques agressives apparues ces derniers jours dans la campagne, où le ton a changé.

"Les Américains sont en colère, ils sont ulcérés et ils ont un peu peur", a dit McCain. "Nous n'avons pas confiance dans nos institutions".

Le sénateur républicain de l'Arizona, critiqué pour ne pas avoir su réagir plus tôt aux graves turbulences financières, abordait ce rendez-vous très médiatisé sous la pression des sondages, qui portent Obama depuis que l'économie est de nouveau au centre de toutes les préoccupations.

Il a présenté les grandes lignes d'un nouveau programme gouvernemental, qui serait piloté par le département du Trésor et permettrait de racheter les prêts immobiliers que les foyers américains ne peuvent plus rembourser - les fameux crédits subprime - et de les remplacer par de nouveaux prêts à taux fixe.

Selon son équipe de campagne, ce plan coûterait environ 300 milliards de dollars. Depuis des mois, les démocrates majoritaires au Congrès, réclament une action législative pour aider les familles menacées de saisies immobilières.

Obama a jugé lui que les classes moyennes, et pas uniquement les grandes entreprises financières de Wall Street, avaient besoin d'un plan de sauvetage incluant des réductions d'impôts pour sortir d'une crise qui, a-t-il dit, a été alimentée par les politiques de dérégulation "fortement encouragées par le président Bush et soutenues par le sénateur McCain".

Le sénateur démocrate de l'Illinois a ajouté que l'administration fédérale, qui a fait voter un plan d'assainissement des banques de 700 milliards de dollars, devait faire en sorte que les cadres exécutifs de Wall Street dont les sociétés ont fait faillite ne bénéficient pas de primes.

"CLOUER DE LA GELÉE SUR UN MUR"

Ce deuxième débat de la campagne présidentielle américaine entre John McCain et Barack Obama était considéré comme l'une des dernières chances pour le candidat républicain d'inverser la tendance.

McCain s'est efforcé de présenter son adversaire en partisan d'une hausse des impôts, incapable de surcroît de s'opposer à son Parti démocrate. Obama a résumé pour sa part le programme politique de McCain comme un programme en faveur des classes les plus aisées du pays qui laisserait les ouvriers au bas de l'échelle.

"Fixer les différentes propositions de taxe du sénateur Obama, c'est comme vouloir clouer de la gelée sur un mur", a dit McCain, s'attirant aussitôt une réplique teintée d'humour de son rival: "Le Straight Talk Express (ndlr, le bus du franc-parler, nom du bus de campagne du candidat républicain) vient de perdre une roue, là." Et Obama de souligner qu'il proposait de réduire la fiscalité de 95% des Américains et que seuls ceux gagnant plus de 250.000 dollars par an seraient affectés par une augmentation de leur fiscalité.

Les sondages avaient donné Barack Obama gagnant du premier débat télévisé, le 26 septembre dernier. Ce deuxième débat, d'une durée de 90 minutes à la Belmont University de Nashville, revêtait une forme plus interactive avec le public, qu'affectionne le candidat républicain dans ses déplacements électoraux.

Le dernier tiers du débat a porté sur la politique étrangère, et de nouveau fourni l'occasion aux deux candidats d'exposer leurs divergences, en particulier sur l'Irak.

"Le sénateur Obama aurait rapatrié nos troupes dans la défaite. Je les rapatrierai dans la victoire et dans l'honneur", a dit McCain. Obama a réaffirmé lui qu'en s'engageant en Irak, les Etats-Unis avaient perdu de vue la menace en Afghanistan.

Les deux hommes s'affronteront une troisième et dernière fois le 15 octobre.

Version française Henri-Pierre André

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

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