Mode: l'hiver intense de Lanvin, l'automne rock de Nina Ricci

par Mathilde Gardin
PARIS (Reuters) - Sous une tente dressée aux pieds de la tour Eiffel, Albert Elbaz a déployé tout son savoir-faire dans des robes du soir à la féminité moderne et puissante.
Jessica Alba, enceinte de son premier enfant, Lucy Liu et Kanye West étaient au premier rang pour assister à l'un des derniers défilés de la semaine parisienne du prêt-à-porter pour l'hiver prochain.
"Cette fois, il s'agit plus de la technique que de la couleur", a dit le couturier israélo-américain à la fin du défilé.
"La plupart des modèles peuvent être portés par des femmes jeunes ou plus âgées, minces ou plus fortes", a ajouté Elbaz, à la tête de la création chez Lanvin depuis 2001. "Ce sont les femmes qui décident".
D'astucieux voiles couleur chair donnent l'illusion de robes bustiers et soutiennent une manche bouffante. Une jupe se nimbe de fourrure et se porte avec une veste en cuir vinyle très près du corps. Interminable, une robe bustier est comme découpée à la verticale de volants, pour magnifier une silhouette longiligne.
Sorti d'un nuage de fumée, un mannequin portait un pantalon cigarette noir relevé par un mini boléro en sequins dorés.
Lanvin plébiscite des tons intenses pour l'hiver, principalement du noir et du bleu nuit. Mais la lumière jaillit d'imposants bijoux argentés, manchettes et colliers-plastrons, ou de broderies graphiques. Un bling-bling très chic pour une femme intense.
MAGIE DE L'AUTOMNE CHEZ NINA RICCI
Lumineuse et nonchalante, la femme Nina Ricci imaginée par Olivier Theyskens décline une palette magique de couleurs automnales qui se fondent dans des tailleurs pantalons-redingotes parfaitement construits.
"J'ai voulu aborder chaque vêtement comme des petites pièces ultimes et imaginer comment les filles pouvaient les mélanger", a déclaré le créateur belge, qui a réussi en trois collections à redonner tout son lustre à une maison de prêt-à-porter légèrement assoupie.
"C'est aussi un rock un peu onirique, un peu imaginatif, j'ai pensé à David Bowie et Kate Bush", a-t-il ajouté à la fin du défilé, sous la tente dressée dans le Jardin des Tuileries.
Les pantalons moirés, un peu jodhpurs, se portent avec des blouses légères à col lavallière et des vestes dont la longueur bascule dans le dos.
Un mannequin, les cheveux répartis de part et d'autre du visage, portait un pantalon rouille et une cape en crochet marron avec un chemisier dans un imprimé gris et col cheminée.
Pour le jour encore, quelques robes de mousseline à mi-cuisse enveloppent des silhouettes un peu floues assagies par de strictes vestes.
Le soir, les robes effleurent les courbes. Très chastes, presque chasubles, devant, elles s'effeuillent dans le dos dans des décolletés en V ou légèrement bénitiers. Mais l'essentiel est ailleurs, dans le mélange des matières, velours, mousseline, soie, crêpe...











