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Reuters05/09/2008 à 18h47 - Soyez le premier à réagir à cet article !

Les Européens souhaitent une enquête sur le conflit géorgien

AVIGNON, Vaucluse (Reuters) - Plusieurs pays de l'Union européenne se prononcent en faveur de l'ouverture d'une enquête internationale sur les responsabilités dans le conflit entre la Géorgie et la Russie.

Réunis en Avignon à l'initiative de la présidence française de l'UE, des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept ont estimé que les résultats de cette enquête pourraient influer sur les relations de l'UE avec Moscou et Tbilissi.

"Le fait de savoir qui est responsable de l'escalade vers une confrontation militaire pèsera", a dit le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier.

"Peut-être que nous ne saurons jamais vraiment. Mais j'appelle les deux parties à être ouvertes à une enquête indépendante sur les événements du début août", a-t-il ajouté, suggérant que celle-ci soit confiée à l'Onu ou à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, lui a emboité le pas, estimant que cela serait "très bon".

"J'ai parlé de cette idée à la fois avec la Fédération de Russie et la Géorgie, et tous les deux m'ont indiqué qu'ils n'étaient pas contre. Il existe de bonnes possibilités qu'elle soit lancée", a-t-il expliqué en marge de la réunion.

De son côté, le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, a redit que la Grande-Bretagne avait "toujours souhaité une vérification indépendante des allégations en matières de violation des droits de l'homme, des deux côtés".

"Nous avons toujours dit que nous suivrions les résultats de cette enquête, sans peur ni faveur", a-t-il ajouté. L'Autriche et le Luxembourg ont abondé dans le même sens.

"DÉSASTRE HUMANITAIRE"

La Finlande, moins encline à une telle enquête, s'est finalement elle aussi ralliée à cette position.

Son ministre des Affaires étrangères, Alexander Stubb, a déclaré que, s'il était depuis le début prudent sur l'opportunité de pointer du doigt des responsables, il estimait désormais qu'il s'y rallierait si cette enquête était ressentie comme nécessaire par ses partenaires européens.

Autre voix dissonante, Carl Bildt, le ministre suédois, a quant à lui estimé que nombre d'enquêtes seraient ouvertes quoi qu'il arrive, dont au moins celles de la Cour européenne des Droits de l'Homme et de la Cour internationale de justice.

A Strasbourg, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, a qualifié de "désastre humanitaire" la situation en Géorgie dont il renvoie la responsabilité à l'ensemble des parties.

"Le nombre de tragédies humaines provoquées par cette guerre courte mais cruelle est stupéfiant", dit-il dans un communiqué publié à l'issue d'une visite effectuée du 22 au 29 août en Ossétie du sud et dans la zone tampon instaurée par les Russes, au sud de la région séparatiste. Il s'est également rendu à Tbilissi, Moscou et dans la ville géorgienne de Gori.

Selon Thomas Hammarberg, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui leur domicile après les bombardements de l'armée géorgienne ou en raison des pillages et destructions perpétrés contre des villages géorgiens par les forces ossètes ou par des bandes armées incontrôlées.

"L'anarchie qui règne dans la 'zone tampon' contrôlée par la Russie, entre Tskhinvali et Karaleti, a également forcé beaucoup de gens à partir", dit-il, proposant la mise en oeuvre immédiate d'une série de principes par les différentes parties.

Il suggère de garantir le droit au retour des personnes déplacées, déminer les zones de conflit, rétablir l'ordre dans la zone tampon, veiller au sort des prisonniers et autoriser une présence humanitaire internationale dans les zones de guerre.

Julien Toyer, avec Kerstin Dörr, Mark John, Ingrid Melander, et Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yves Clarisse et Gilles Trequesser

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

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