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Reuters13/10/2008 à 20h16 - Soyez le premier à réagir à cet article !

Le tandem Aubry-Fabius en campagne sur le terrain social

par Laure Bretton

ROUEN (Reuters) - Désormais alliés au sein du Parti socialiste, Laurent Fabius et Martine Aubry se sont frottés à la réalité sociale lors de leur première journée de campagne côte-à-côte.

Un mois avant le congrès national de Reims, où les socialistes choisiront une nouvelle orientation avant d'élire un nouveau premier secrétaire, le tandem a rencontré les dirigeants syndicaux des usines Renault de Sandouville et de Cléon, en Seine-Maritime, fief de l'ancien Premier ministre.

A Sandouville, où 1.000 emplois doivent être supprimés, les deux anciens collègues du gouvernement Jospin se sont postés devant l'usine à l'heure de la sortie de l'équipe du matin.

Sous le préau, Laurent Fabius joue les maîtres de cérémonie. "Vous connaissez Mme Aubry?", tente-t-il en s'avançant vers les ouvriers qui franchissent les portillons. "C'est pas des poignées de mains qu'on veut mais du boulot!", lance l'un. "Tout ça c'est du cinéma", attaque un autre.

"Nous ne venons pas annoncer que, si nous étions au pouvoir, il y aura un véhicule demain ici. Nous sommes des gens responsables", explique posément Martine Aubry, une semaine après la visite mouvementée de Nicolas Sarkozy sur le site.

Pyramide des âges en main, l'ancienne ministre de l'Emploi de Lionel Jospin a une solution à proposer pour que les gens partent "dans des conditions justes" : un plan de départs en pré-retraites financée par Renault, "une entreprise qui gagne de l'argent".

A l'unisson de Laurent Fabius, avec qui elle se dit heureuse de passer la journée, elle distille au fil du déplacement son message : "puissance publique réarmée", "combat de la réindustrialisation" et "ne pas oublier le social" dans la crise financière actuelle.

PREMIÈRE SECRÉTAIRE

Devant les questions des journalistes sur le PS, la bataille entre courants internes ou l'alliance Aubry-Fabius à l'épreuve du terrain, la maire de Lille s'agace. "On est là, c'est la vraie vie, on doit parler d'abord aux Français" en ces temps de crise, lâche-t-elle.

Ses proches se refusent aux pronostics avant le vote du 6 novembre. "La vraie inconnue c'est la participation. Pour l'instant, c'est l'apathie, les gens sont dans autre chose", dit François Lamy, député de l'Essonne et bras droit de Martine Aubry.

"Il faut faire attention que le congrès n'apparaisse pas comme un truc minable avec les grands sujets qui se passent à côté", prévient Laurent Fabius en petit comité.

Il faut "coller aux questions principales" des Français, l'économie et l'emploi, souligne-t-il, s'amusant de voir les autres écuries - celle de Bertrand Delanoë et Ségolène Royal surtout - "gauchir" leurs discours face à la crise financière.

Depuis quand l'ancien partisan du "non" à la Constitution européenne et la fille de Jacques Delors qui militait pour le "oui" n'ont pas fait campagne côte-à-côte ? "C'était au siècle dernier", sourit Laurent Fabius.

Lors d'un meeting commun à Rouen, il fait rire un demi-millier de militants en rappelant les "pichenettes" qu'il a échangées par le passé avec Martine Aubry ou Dominique Strauss-Kahn, dont une partie des partisans ont aussi rejoint la maire de Lille.

Avant de passer la parole à celle qui "si nous travaillons bien, sera demain la première secrétaire de notre Parti socialiste".

Édité par Gilles Trequesser

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

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