Le Labour perd son fief de Glasgow-Est

par Golnar Motevalli
GLASGOW, Ecosse (Reuters) - Le Parti travailliste au pouvoir en Grande-Bretagne a perdu son fief de Glasgow-Est à l'occasion d'une élection législative partielle considérée comme un test crucial pour le Premier ministre Gordon Brown, selon les résultats officiels du scrutin de jeudi.
La perte de cette circonscription, où le Labour s'était imposé avec une marge confortable en 2005, ne manquera pas d'alimenter le mécontentement à l'égard du chef du gouvernement, dont le maintien au 10 Downing Street pourrait être vivement remis en cause.
Le Parti national écossais (SNP), mouvement indépendantiste majoritaire au parlement local depuis mai 2007, l'a emporté avec 365 voix d'avance seulement.
"La victoire du SNP n'est pas qu'un séisme politique, elle dépasse l'échelle de Richter. C'est une victoire épique et la secousse va être ressentie jusqu'à Westminster", s'est félicité vendredi John Mason, après l'annonce de sa victoire.
Depuis qu'il a succédé à Tony Blair, il y a 13 mois, Brown a vu sa cote de popularité tomber en flèche, en raison notamment de la crise des crédits, qui a durement affecté la croissance économique britannique, et de la flambée des prix des matières premières.
"UN MAUVAIS RÉSULTAT"
Le Premier ministre a par ailleurs commis une série d'erreurs stratégiques, en renonçant par exemple à convoquer des élections anticipées l'an dernier ou en faisant adopter une réforme de la fiscalité qui a affecté les revenus les plus modestes et imposé des ajustements.
Brown, qui est écossais, ne s'est pas déplacé à Glasgow-Est pour faire campagne en faveur de la candidate travailliste, Margaret Curran, ce qui lui a valu les sarcasmes du SNP.
Le Parti conservateur devance le Labour de près de 20 points dans les intentions de vote à l'échelle nationale. En Ecosse, où les Tories réalisent des scores marginaux, le SNP est la principale formation de l'opposition.
Glasgow-Est, qui recèle des poches d'extrême pauvreté où l'espérance de vie est inférieure à celle de la bande de Gaza, faisait partie des trois fiefs travaillistes jugés les plus sûrs en Ecosse.
Le vote indépendantiste n'a joué qu'un rôle marginal dans la victoire du SNP, estiment les observateurs, qui parlent plutôt de sanction à l'égard du gouvernement.
Douglas Alexander, ministre du Développement international et proche de Brown, a déploré "un mauvais résultat".
"Je ne pense pas que le moment soit venu d'incriminer un individu", a-t-il toutefois déclaré au micro de la BBC, ajoutant que cette défaite donnerait lieu à une réflexion "longue et intense" au sein de la majorité.
Alex Salmond, chef de file du SNP, ne croit pas à une démission du chef du gouvernement. "Je pense qu'il est plus enclin à changer de politique qu'à de changer poste", a-t-il commenté.
Le Daily Telegraph annonce vendredi un remaniement ministériel pour l'automne et précise que Des Brown, ministre de la Défense et ministre pour l'Ecosse, pourrait perdre le premier de ses deux portefeuilles.
Version française Jean-Philippe Lefief









