2 réactionsLe centre détient les clefs du vote sur les institutions

PARIS (Reuters) - Les élus de centre-droite et de centre-gauche, ainsi que certains non-inscrits, détiennent la clef du vote sur le projet de réforme des institutions pour lequel 906 députés et sénateurs sont convoqués lundi au Congrès à Versailles.
Ni la droite dans son périmètre large, ni le PS et ses alliés ne disposent en effet numériquement de la possibilité d'emporter la décision, même si tous leurs élus allaient dans le sens demandé par leurs dirigeants.
L'adoption requiert une majorité des 3/5e des suffrages exprimés, soit 544 voix dans l'hypothèse où tous les parlementaires voteraient. La minorité de blocage des 2/5e se situe dans cette hypothèse à 363 sièges.
Les calculs vont bon train. Si officiellement, pour mobiliser leurs rangs, les deux camps parlent d'un vote serré, des personnalités de gauche comme de droite parient plutôt sur une adoption du texte.
Parmi les 576 députés à l'Assemblée, l'UMP dispose de 317 sièges, dont cinq apparentés et chez les 330 sénateurs, de 159 sièges, ce qui donne un total théorique de départ de 476 voix.
Le parti majoritaire devrait toutefois enregistrer quelques défections.
A l'Assemblée, l'UMP a le soutien du groupe Nouveau centre (24 sièges) et de quelques non-inscrits. Au Sénat, il peut compter sur une grande partie du groupe Union centriste (UC) et encore de quelques non-inscrits.
Les 18 parlementaires du Parti radical de gauche, qui siègent avec le PS à l'Assemblée et dans le groupe RDSE au Sénat, vont se partager, mais pourraient être séduits par la promesse de Nicolas Sarkozy d'abaisser le seuil de constitution d'un groupe propre à l'Assemblée de 15 à 20 sièges.
Certains députés UMP annoncent leur intention de voter contre. De même, les cinq parlementaires du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers refusent un projet qui ouvre la voie à leurs yeux à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Le président du Modem, François Bayrou, votera également contre la réforme.
Le PS, qui compte 204 députés (dont 10 radicaux de gauche) et 95 sénateurs, a une base théorique d'environ 300 voix. Il peut compter sur l'appui des 24 députés de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) et des 23 sénateurs communistes.
Emile Picy, édité par Gilles Trequesser










