2 réactionsLa perpétuité requise contre Michel Fourniret et son épouse

CHARLEVILLE-MEZIERES, Ardennes (Reuters) - La réclusion criminelle à perpétuité a été requise jeudi par l'accusation contre Michel Fourniret et son épouse Monique Olivier, jugés devant la cour d'assises des Ardennes depuis deux mois pour sept meurtres de jeunes filles entre 1987 et 2001.
L'avocat général Francis Nachbar a demandé que la peine de Michel Fourniret s'effectue sans aucune possibilité d'aménagement. Il a requis une peine de sûreté incompressible de trente ans à l'encontre de son épouse.
La défense doit plaider la semaine prochaine et le verdict de la cour d'assises des Ardennes est attendu mercredi ou jeudi. Les deux accusés ont reconnu les faits à l'audience.
Au terme de deux mois de procès, l'avocat général Francis Nachbar a qualifié Fourniret de "clown grimaçant et grotesque au service du Mal", les deux accusés de "fêlés" et estimé que leur action était sans précédent dans l'histoire criminelle du pays.
"Nous avons affaire à un couple de tueurs en série froids, organisés, extrêmement pervers, d'une cruauté et d'une inhumanité que jamais, jamais notre pays n'aurait imaginé connaître", a-t-il dit.
Pour lui, c'est Monique Olivier et non son mari qui est l'instigatrice et la responsable principale. Le magistrat a reconnu à l'intention des victimes que le système judiciaire et policier n'était pas prêt à affronter de tels criminels, reconnaissant donc implicitement des défaillances.
Il a par ailleurs interpellé l'accusée en lui demandant implicitement de parler sur les autres victimes encore inconnues du couple, dont l'existence est soupçonnée fortement.
"Comment pouvez-vous continuer à vous taire, comment pouvez-vous manger, dormir, faire vos mots croisés, rire, oui, rire ? Comment vos nuits ne sont-elles pas hantées par tous ces visages innocents qui hurlent à vos oreilles ?", a-t-il dit.
Monique Olivier est resté muette, figée, tête basse, durant toute l'audience. Michel Fourniret a gardé les yeux clos et n'a pas davantage montré de réaction.
Thierry Lévêque










