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Reuters29/08/2008 à 17h28 -  2 réactions

La Géorgie rompt avec Moscou, l'Union européenne calme le jeu

RUPTURE DES RELATIONS DIPLOMATIQUES ENTRE LA RUSSIE ET LA GÉORGIE

par Conor Sweeney et François Murphy

MOSCOU/PARIS (Reuters) - La crise entre la Russie et la Géorgie a franchi un nouveau cap vendredi avec la rupture par Tbilissi de ses relations diplomatiques avec son puissant voisin, mais la France a assuré que l'Union européenne ne prévoyait pas de sanctions contre Moscou dans l'immédiat.

Les Vingt-Sept, qui se réuniront lundi en sommet extraordinaire à Bruxelles pour débattre de la situation dans le Caucase, semblent d'abord préoccupés par la volonté d'afficher un message d'unité sur un dossier qui les divise.

L'UE a condamné "fermement" la reconnaissance, mardi par Moscou, de l'indépendance des régions sécessionnistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie et insiste pour que soit "pleinement" appliqué le plan de cessez-le-feu en six points conclu le 12 août sous l'égide de la France, qui assume depuis le 1er juillet la présidence de l'Union.

Mais l'idée de sanctionner un pays qui fournit le quart des besoins énergétiques de l'UE n'est pas d'actualité, a fait savoir l'Elysée, alors que les diplomates voient dans certains signaux adressés par Moscou la menace de mesures punitives.

"Au stade actuel, nous ne prévoyons pas de sanctions décidées par le Conseil européen. Nous sommes dans une phase de mise en oeuvre, qui pour le moment est partielle et doit être complétée, de l'accord en six points", a souligné l'Elysée.

Le message semble contredire des propos tenus la veille par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui avait indiqué que l'idée de "sanctions" était débattue.

"Ce qu'il a dit, c'est que certains pays membres de l'Union européenne souhaitaient des sanctions", a-t-on précisé vendredi dans l'entourage de Nicolas Sarkozy.

L'allusion vise en particulier les anciens pays du bloc soviétique aujourd'hui membres de l'UE, favorables à une ligne dure vis-à-vis de Moscou. Un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a affirmé que certains pays de l'UE, qu'il n'a pas nommés, cherchaient à mener les Vingt-Sept sur "la voie de la confrontation".

"Nous espérons que la raison prévaudra sur l'émotion, que les dirigeants de l'UE trouveront le courage de s'abstenir d'avoir une vision partiale du conflit", a déclaré Andreï Nesterenko lors d'une conférence de presse à Moscou.

SANCTIONS PETROLIERES?

A Tbilissi, le vice-ministre géorgien des Affaires étrangères a annoncé la décision de son gouvernement de rompre les liens diplomatiques avec la Russie à la suite de la reconnaissance par Moscou de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

"Les intérêts de la Géorgie seront représentés par l'ambassade d'un pays tiers" qui n'a pas encore été déterminé, a précisé Grigol Vachadze.

La Russie a déploré aussitôt cette décision et annoncé la fermeture de son ambassade à Tbilissi.

Moscou, qui a envoyé ses troupes en Géorgie après une offensive lancée par les forces géorgiennes dans la nuit du 7 au 8 août pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, dénonce sans relâche la vision biaisée du conflit par les Occidentaux.

Dans une interview, le Premier ministre Vladimir Poutine a soupçonné jeudi "quelqu'un aux Etats-Unis" d'avoir provoqué le conflit dans le but d'avantager un des candidats à la Maison blanche. Il a aussi laissé entendre que l'Occident pourrait devoir se passer de la coopération russe dans des dossiers comme le nucléaire iranien en cas d'aggravation de la crise.

Les pays occidentaux accusent Moscou d'avoir fait un "usage excessif de la force" et de chercher à établir une présence permanente en Géorgie, un pays stratégique pour l'approvisionnement de l'Europe en pétrole et en gaz.

Le Daily Telegraph, citant une source non identifiée, a affirmé que la Russie préparait une réduction des livraisons de pétrole à l'Europe en cas d'adoption de sanctions par l'UE lors du conseil européen de Bruxelles. Le Kremlin et les groupes pétroliers russes ont démenti ces rumeurs.

L'Allemagne s'est déclarée persuadée que les contrats seraient respectés. Les diplomates européens ne croient pas non plus à des mesures de rétorsion pétrolières. "Toute réaction contre l'UE serait du même genre (que l'UE), comme des restrictions de visas ou un gel des contacts économiques", a dit l'un d'entre eux.

La compagnie publique pétrolière d'Azerbaïdjan Socar a de son côté annoncé qu'elle renonçait à son projet de transporter jusqu'à 400.000 tonnes de brut à compter de l'an prochain par l'oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan) qui traverse la Géorgie, en raison de l'instabilité dans le pays, et choisirait à la place un oléoduc russe.

Avec Matt Robinson à Tbilissi, Emmanuel Jarry à Paris, Mark John à Bruxelles, version française Jean-Stéphane Brosse

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

2 réactions à cet article
  • le 29/08/2008 à 18h53Réaction de marcuswh

    Medvedev et Poutine doivent en avoir gros sur la patate de savoir çà !!

  • le 29/08/2008 à 23h13Réaction de xavilduch

    comme quoi la russie tient l'europe avec son gaz et son pétrole, et nous faisons semblant de croire que non... voilà une bien piètre diplomatie possible ! adieu les géorgiens, vous êtes dorénavant condamnés...

Membre Boursier.com

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