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Reuters07/10/2008 à 22h03 - Soyez le premier à réagir à cet article !

La crise s'invite dans les débats de l'avant-Reims au PS

par Laure Bretton

PARIS (Reuters) - La crise financière s'est invitée mardi soir dans le premier grand débat entre courants internes du Parti socialiste avant le congrès de Reims, en novembre.

A la veille d'un séminaire sur la crise au siège du PS puis d'un débat à l'Assemblée nationale, Benoît Hamon, candidat de l'aile gauche du parti, s'est attaché à réfuter l'idée d'un consensus entre tous les courants sur les solutions à mettre en place.

Il faut un "nouveau réalisme économique de gauche" qui conduirait à suspendre le Pacte de stabilité européen et à mettre des restrictions au libre-échange, a affirmé le député européen lors de l'assemblée générale de la fédération PS de Paris consacrée aux "motions" des courants.

"Qui dit la même chose que ce que je viens de dire à la ligne près? C'est Barack Obama! (...) Choisissons entre Barack Obama et Pascal Lamy (NDLR: directeur général de l'Organisation mondiale du commerce et membre du PS)", a-t-il lancé à la salle.

"Cette crise (...) peut être 'le' moment des socialistes si nous sommes capables de le capter", a reconnu Marie-Pierre de la Gontrie, qui défendait à la tribune le programme de Martine Aubry appelant à un nouveau "socialisme de production".

Même constat pour Bertrand Delanoë pour qui "cette crise nous rappelle la pertinence du socialisme" même si l'intervention du maire de Paris a été principalement consacrée à la réorganisation future du parti.

"SECTE"?

A son arrivée, le maire de Paris avait minimisé les divergences entre socialistes. Il y a quelques "nuances" entre les programmes mais "nous sommes tous socialistes", a-t-il déclaré à la presse.

Vincent Peillon, l'un des principaux lieutenants de Ségolène Royal, a également éludé la crise à la tribune.

"Ce congrès sera utile si nous ouvrons un débat sur la doctrine, les idées, le projet", a-t-il pourtant prévenu, évoquant une "réorientation volontaire" de la construction européenne ou "l'impossible réforme fiscale".

"Il faudrait un oeil d'entomologiste pour trouver ce qui nous sépare", a assuré l'avocat Jean-Pierre Mignard, autre porte-parole d'un soir de l'ancienne candidate présidentielle.

A un mois du vote des militants socialistes, la rencontre de trois heures s'est déroulée dans une ambiance alourdie par ce "contexte particulier" de la crise, selon les mots du député parisien Christophe Caresche. Très peu de piques et de petites phrases ont fusé.

Bertrand Delanoë, candidat officiel au poste de premier secrétaire du PS, a toutefois promis qu'il proposerait une fois élu "des méthodes réelles de démocratie participative" - la méthode de prédilection de Ségolène Royal.

Jean-Pierre Mignard, président de l'association Désirs d'avenir réunissant les partisans de la présidente de Poitou-Charente, s'est attiré les rires de l'assemblée en se présentant comme "le président d'une secte", en référence aux commentaires peu amènes de certains leaders du PS après le meeting en forme de "show" de Ségolène Royal au Zénith.

Edité par Jean-Loup Fievet

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

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