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Reuters06/09/2008 à 16h00 - Soyez le premier à réagir à cet article !

L'UE optimiste sur la mission internationale en Géorgie

OPTIMISME DE L'UNION EUROPÉENNE AU SUJET DE LA MISSION INTERNATIONALE EN GÉORGIE

par Julien Toyer

AVIGNON, Vaucluse (Reuters) - L'Union européenne s'est montrée samedi optimiste quant à l'obtention d'un accord sur la mission internationale en Géorgie, avant le déplacement de Nicolas Sarkozy, lundi, à Moscou et Tbilissi.

Alors que la nature et la portée de cette mission devront encore faire l'objet d'un consensus des Vingt-Sept, le président français, qui sera accompagné de Javier Solana et José Manuel Barroso, espère a minima obtenir de Dmitri Medvedev un accord de principe sur le déploiement de cette mission.

"Nous attendons des Russes le respect de l'engagement donné dans la mise en oeuvre de l'accord en six points", a déclaré le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.

"Je pense qu'un accord est possible dès lundi" a renchéri Javier Solana, le Haut représentant pour la politique extérieure de l'UE, qui a fait état d'un "engagement collectif, de tout le monde, à se rendre sur le terrain, en Géorgie".

Vendredi, ce dernier avait indiqué que la mission d'environ 200 observateurs civils était "pratiquement prête" et, selon un diplomate français, celle-ci pourrait se déployer dès octobre.

Une inconnue demeure néanmoins sur sa localisation.

"La demande de l'Europe doit être très claire. Comme nous l'avons indiqué ce lundi, la Russie doit se retirer sur les positions du 7 août", date de l'intervention russe en Géorgie, a estimé Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères et dont le pays est l'un des plus durs envers Moscou.

"Cette mission doit couvrir l'ensemble du territoire de la Géorgie mais, si je voulais parler diplomatiquement, je dirais que la possibilité que les Russes l'autorisent en Ossétie du Sud et en Abkhazie est limitée. Mon avis est que le mandat doit couvrir l'ensemble du territoire et ensuite elle se déploiera là où elle pourra de manière rapide", a-t-il ajouté.

LES OBSERVATEURS CIRCULENT "ASSEZ LIBREMENT"

Ce point devrait être finalisé lors d'une nouvelle réunion des ministres des Affaires étrangères européens à Bruxelles les 15 et 16 septembre.

Signe encourageant à l'avant-veille du rendez-vous de Moscou, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a affirmé que les observateurs internationaux se déplaçaient "assez librement" en Géorgie, y compris dans les zones tampon contrôlées par Moscou près de l'Ossétie du Sud.

"Nous avons eu un très bon accès. Nous continuons de travailler et, selon moi, les Russes s'ouvrent progressivement", a déclaré Alexander Stubb, président en exercice de l'OSCE et ministre finlandais des Affaires étrangères.

Il a précisé que la balle se trouvait désormais dans le camp de Moscou concernant la question des zones tampon.

A terme, le format retenu devrait être celui d'une mission sous commandement européen, avec une participation de l'OSCE.

"Je pense que cette mission doit être commandée par l'UE, mais l'OSCE a de bonnes infrastructures sur le terrain. Donc, OSCE à court terme et UE à moyen et long terme", a conclu Stubb.

Autre sujet de débat, celui de la composante militaire de l'opération. Alors que la Russie s'oppose à une présence armée internationale à ses portes, plusieurs capitales européennes considèrent que celle-ci est nécessaire au succès de la mission.

LA QUESTION DES SANCTIONS TOUJOURS SUR LA TABLE

Les Européens ont également souligné la nécessité d'une enquête internationale sur les responsabilités du conflit et d'une conférence internationale sur la reconstruction.

Mais cette unité affichée depuis le 1er septembre par les dirigeants européens sur le dossier russo-géorgien reste fragile et différents points de vue existent sur l'opportunité d'adopter ou non des sanctions à l'encontre de la Russie

Ainsi, la Lituanie a présenté samedi la position de la Suède et des Etats baltes demandant une réflexion autour d'une large gamme de sanctions, allant d'une réduction des contacts avec la Russie à la suspension des négociations sur la signature d'un nouveau partenariat stratégique.

Plusieurs pays européens, dont la France, sont néanmoins opposés à une telle option, estimant que ce partenariat sert au moins autant les intérêts de l'UE que ceux de Moscou.

L'Union européenne a mis dans la balance du retrait russe de Géorgie le report de ces négociations, dont le premier round est prévu les 15 et 16 septembre et qui seront au centre du sommet UE-Russie du 14 novembre.

"Le mot sanction n'est pas notre mot. Nous devons trouver un terrain d'entente. Allons à Moscou et nous verrons", a insisté Bernard Kouchner, qui s'est également montré critique envers l'arrivée de navires militaires américains en Mer noire.

"Je ne crois pas que cela soit la solution, ni d'un côté ni de l'autre. Cela ne se règlera que politiquement et pas par des bateaux de guerre. Ce sont des rodomontades", a-t-il dit.

Edité par Yves Clarisse

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

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