1 réactionL'Eurogroupe se réunira dimanche à Paris pour préparer un plan
PARIS (Reuters) - L'Union européenne semble se rapprocher d'une action collective face à la crise financière mondiale, avec la convocation dimanche à Paris par Nicolas Sarkozy d'un sommet des 15 pays de l'Eurogroupe.
"Cette réunion aura pour objet de définir un plan d'action conjoint des Etats de la zone euro et de la Banque centrale européenne face à la crise financière actuelle", a indiqué la présidence française.
L'Eurogroupe comprend tous les pays qui ont adopté l'euro comme monnaie - Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal et Slovénie.
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, et celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, participeront à ce sommet qui commencera à 17h00.
Le président français rencontre samedi la chancelière allemande Angela Merkel à Colombey-les-Deux-Eglises, où leurs deux grands prédécesseurs, Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, ont scellé la réconciliation franco-allemande voici 50 ans.
La capacité de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel à surmonter leurs divergences sera une fois de plus l'une des clefs de la réussite de l'Eurogroupe.
L'opposition de Berlin à un fonds européen de 300 milliards d'euros pour venir au secours des banques européennes - une proposition prêtée à la France mais dont Nicolas Sarkozy a jusqu'ici nié avec constance la paternité - a failli faire capoter le sommet à quatre du 4 octobre à Paris.
La France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Italie s'étaient alors entendues a minima sur une coordination de leurs actions de soutien à leurs systèmes bancaires.
La suite des déboires d'Hypo Real Estate, établissement bancaire allemand spécialisé dans le crédit immobilier commercial au secours duquel les autorités allemandes ont dû venir, et l'effondrement des bourses européennes toute la semaine ont quelque peu changé la donne et accru l'urgence d'une action collective.
VERS UN NOUVEAU "BRETTON WOODS" ?
Pour Dominique Moïsi, conseiller spécial de l'Institut français des relations internationales (Ifri), les circonstances ne peuvent que contraindre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à rapprocher une fois encore leurs points de vue.
"Plus les jours passent, moins la confiance revient, plus l'idée d'un plan Paulson a l'européenne peut apparaître comme la solution ultime", a-t-il déclaré à Reuters en faisant allusion au plan de sauvetage des banques américaines.
"Chacun le fait individuellement (...) Est-ce qu'il ne serait pas plus simple de le faire collectivement ?", a ajouté Dominique Moïsi.
Pour un ministre proche de Nicolas Sarkozy, il s'agit de "basculer de plus en plus vers une logique de coordination communautaire".
S'il est encore moins facile de s'entendre à 15 qu'à quatre, le sommet de l'Eurogroupe aura l'avantage de faire entrer dans le jeu des pays qui ont été furieux de ne pas être invités à la réunion du 4 octobre, comme l'Espagne.
Le président du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, a déclaré vendredi, après un déjeuner de travail à l'Elysée, qu'il avait lui-même demandé au président français une réunion d'urgence des 15 pays de la zone euro.
Ce sommet précédera de trois jours le Conseil européen des 15 et 16 octobre, qui verra les 27 pays de l'Union européenne se pencher sur la crise financière et les réponses à lui donner.
Pour Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen, l'étape suivante devrait être l'organisation d'un sommet du G8 élargie aux principaux pays émergents, après les élections américaines du 4 novembre, afin de remettre à plat le système financier et monétaire mondial. Une sorte de nouveau "Bretton Woods" que le président français appelle de ses voeux et dont l'idée semble commencer à faire son chemin.
Emmanuel Jarry, édité par Philippe Bas-Rabérin









