News
Reuters12/10/2008 à 23h17 - Soyez le premier à réagir à cet article !

L'Eurogroupe s'engage à garantir les dettes des banques

L'EUROGROUPE S'ENGAGE À GARANTIR LES DETTES DES BANQUES

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Pressés par les marchés financiers déprimés d'apporter une réponse à la crise, les pays de la zone euro se sont engagés d'une seule voix à venir en aide à leurs banques en difficultés via des apports en capitaux et des garanties sur leurs financements.

Ils ont invité en outre la Banque centrale européenne (BCE), dont ils ont salué la récente baisse de taux, à élargir le choix des actifs qu'elle accepte en contrepartie de ses injections de liquidités sur le marché interbancaire.

L'objectif est de débloquer ce marché, dont la quasi-paralysie est à l'origine du mouvement de panique de la semaine passée sur des Bourses mondiales inquiètes du risque que la crise ne débouche sur une récession généralisée.

A défaut de convenir d'un plan de dimension européenne, une idée à laquelle l'Allemagne avait dès le départ exprimé une opposition catégorique, les quinze pays de la zone euro ont promis d'agir de façon "concertée et coordonnée".

"Le plan que nous présentons a vocation à s'appliquer à chacun des Etats membres avec la flexibilité que rend nécessaire la diversité de nos systèmes financiers et de nos règles nationales mais c'est bien une action commune que nous entreprenons", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui présidait cette première réunion au sommet de l'Eurogroupe.

Les mesures dévoilées dimanche vont dans le prolongement du plan de soutien du gouvernement britannique à ses banques et de celles déjà annoncées par des pays comme la Belgique et la France qui, après avoir recapitalisé la banque Dexia, viennent de garantir ses émissions de dette.

Les nouvelles garanties publiques seront en vigueur jusqu'à fin 2009 et s'appliqueront à toute émission de dette de maturité allant jusqu'à cinq ans.

RÈGLES COMPTABLES PLUS SOUPLES

S'agissant des apports en capitaux, le communiqué du sommet indique qu'ils devront se faire à des prix reflétant les conditions de marché et la notation des institutions concernées.

Si les pays s'engagent à fournir les capitaux nécessaires, il continueront aussi "à favoriser par tous les moyens possibles la recherche de capitaux privés".

Ils se sont par ailleurs félicités de la "flexibilité" manifestée par la BCE, qui réfléchit aux moyens d'élargir les catégories d'actifs (collatéraux) acceptés en échange de la fourniture de liquidités aux banques qui se présentent à ses guichets.

L'éligibilité possible des billets de trésorerie, de la dette à très court terme émise par les entreprises, est mentionnée dans le communiqué. Mais celui-ci ne retient pas le principe de l'ouverture des guichets de la banque centrale aux institutions non financières, pourtant évoquée dans un projet de communiqué qui a circulé.

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a déclaré au cours de la conférence de presse de clôture qu'une analyse juridique avait conclu à l'impossibilité d'aller dans ce sens.

Le communiqué invite instamment la Commission européenne à mettre en oeuvre immédiatement les mesures adoptées par le dernier conseil des ministres européens des Finances en matière d'évolution de la réglementation comptable pour les banques et les entreprises.

FINANCER L'ÉCONOMIE

Il s'agit de leur permettre de valoriser leurs actifs "en prenant en compte leurs modèles d'appréciation des risques de défaut plutôt qu'en fonction de la valeur de marché immédiate qui, dans des marchés qui ne fonctionnent plus, peut ne plus être pertinente".

Cette mesure, qui prendra effet dès la publication des comptes du troisième trimestre, selon le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, doit permettre d'atténuer les dépréciations d'actifs massives qui ont plombé les comptes des banques depuis un an.

Les pays de l'Eurogroupe ont insisté pour que l'octroi des aides envisagées ne soit pas préjudiciable aux banques qui n'en auraient pas besoin.

Les gouvernements pourront ainsi imposer des "conditions aux bénéficiaires, y compris des engagements de financement de l'économie", et "les recapitalisations d'urgence devront être accompagnées de plans de restructuration adaptés".

Les pays de l'Eurogroupe se sont enfin engagés à renforcer leurs procédures d'échange d'information et attendent que le sommet européen prévu les 15 et 16 octobre à Bruxelles présente un projet d'amélioration en la matière.

Ils souhaitent que le prochain sommet européen, prévu mercredi et jeudi, adopte un mécanisme destiné à améliorer la gestion de crise entre pays membres.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

Aucune réaction à cet article
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir à cet article !
Membre Boursier.com

Soyez le 1er à réagir à cette info !

Pour réagir à cette info, rien de plus simple :
Connectez-vous à votre espace membre avec votre identifiant et votre mot de passe.

Pas encore membre ?

Inscrivez-vous en quelques clics seulement... N'hésitez pas, c'est gratuit !

  • Votre réaction

compteur