2 réactionsHervé Morin s'élève à son tour contre le fichier Edvige
PARIS (Reuters) - Un membre du gouvernement, Hervé Morin, a joint sa voix ce week-end aux réserves ou aux critiques de l'opposition sur le fichier de police Edvige, qui suscite un tollé parmi les associations.
Le ministre de la Défense s'est interrogé samedi sur certains contenus du fichier, lors de l'université d'été du Nouveau centre, qu'il préside, à La Londe des Maures (Var).
"Est-il utile, pour assurer la sécurité de nos compatriotes, de centraliser des informations relatives aux personnes physiques ayant seulement sollicité un mandat politique ou syndical?", a-t-il dit.
"Est-il utile qu'on y intègre des éléments du type des coordonnées téléphoniques, des orientations, sans savoir exactement de quoi il s'agit, des informations d'ordre fiscal ou patrimonial? Est-ce bien nécessaire de ficher les personnes jouant, selon les termes même du décret, un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif? N'y a-t-il pas là un curieux mélange des genres?", a-t-il ajouté.
Hervé Morin est le principal représentant du Nouveau centre, partenaire de l'UMP, au sein du gouvernement.
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a répondu par l'ironie aux interrogations de son collègue de la Défense.
"Moi je suis ravie d'apprendre que Monsieur Morin se pose des questions. La question que moi je me pose c'est comment il se fait que depuis le 1er juillet il n'ait pas réussi à trouver mon numéro de téléphone pour me demander ce qu'il en était. Je l'aurais rassuré", a-t-elle dit en marge du "Campus" UMP à Royan.
Créé par un décret paru le 1er juillet, le fichier Edvige permet de recenser dès 13 ans des personnes jugées "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public" et des personnes "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique" ou jouant un "rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif."
Outre la gauche et de nombreuses associations, le président du MoDem, François Bayrou, a appelé les élus à "un mouvement de refus républicain" contre Edvige.
Gérard Bon









