5 réactionsFace à la flambée de l'essence, la voiture à un euro par jour

par Guillaume Frouin
NANTES (Reuters) - Alors que patronat et syndicats peinent à s'accorder sur une aide au transport des salariés, un transporteur de Saint-Étienne-de-Montluc, en Loire-Atlantique, propose aux entreprises de faire bénéficier leurs employés d'une location de voiture à un euro par jour.
Dominique Laure, gérant des Transports Laure, mettra en ligne le 5 septembre le site www.auto1euro.com, qui présente le concept qu'il a mis en place il y a un an pour ses 130 salariés.
Pour fidéliser ses chauffeurs, ce chef d'entreprise a négocié auprès du constructeur automobile Renault 125 Clio diesel neuves à 1.700 euros pièce.
Toutes de couleur blanche, elles peuvent servir à un usage personnel comme professionnel, en semaine comme le week-end, en échange d'un euro par jour, versé par les utilisateurs.
"Je voulais leur accorder un avantage de 2.000 euros, soit l'équivalent d'un treizième mois. Mais cela me revenait à 3.700 euros par salarié avec les charges patronales", explique Dominique Laure. "En revendant leur ancien véhicule et en n'ayant plus de frais dessus (entretien, assurances, décote...), ils font une économie moyenne de 2.000 euros par an."
La voiture est louée et non mise à disposition gratuitement pour ne pas être considérée comme un avantage en nature, qui serait taxé. De même, pour ne pas être accusé de vente à perte (une location de voiture coûte cinq euros par jour), Dominique Laure a trouvé une astuce : il appose de la publicité pour son entreprise sur les véhicules.
Les Transports Laure reversent pour cela quatre euros par jour et par voiture à leur filiale Tetraloc, qui a acheté les véhicules et gère leur location. Cette filiale louait déjà les camions à sa maison-mère.
92 % DE SALARIÉS CONVAINCUS
Au bout d'un an, 92 % des salariés s'étaient laissés séduire par l'initiative de leur patron.
"Mes employés touchent entre 1.700 et 2.500 euros nets par mois", souligne Dominique Laure. "Ils sont pile-poil dans la frange de la population qui se prend en pleine tête la flambée des prix du carburant. Avec les prix de l'immobilier, beaucoup avaient dû quitter les centres-villes pour s'installer en deuxième, voire troisième couronne de Nantes. Ils ne peuvent donc pas se passer de voiture."
Pour Valérie Dersor, 33 ans, secrétaire, le calcul a été vite fait : son ancienne assurance automobile lui coûtait à elle seule l'équivalent des 365 euros de location qu'elle paye désormais pour l'année.
"La seule difficulté est de retrouver sa voiture parmi toutes ces Clio blanches sur le parking de l'entreprise ! Heureusement, elle clignote quand on l'ouvre à distance", s'amuse cette jeune femme, qui revend actuellement sa Renault Twingo de 1995.
Son employeur a au passage réglé son problème de va-et-vient de ses effectifs, "pratiquement retombé à zéro".
"Lors de mon dernier recrutement en juin, j'ai même reçu cinquante candidatures spontanées, ce qui ne m'était pas arrivé depuis des années !" s'exclame Dominique Laure. "Beaucoup avaient en effet entendu parler de l'initiative dans les médias."
Intéressées par le concept, d'autres entreprises ont aussi contacté le transporteur pour appliquer sa solution chez elles.
"Mais, après coup, beaucoup de PME étaient à deux doigts de jeter l'éponge", relate Dominique Laure. "Avec seulement cinq ou dix salariés, elles me disaient ne pas pouvoir négocier des prix de gros auprès de Renault."
Avec le site www.auto1euro.com, toutes les entreprises pourront désormais faire profiter leurs salariés de cette location de voiture "low cost". Il leur faudra pour cela souscrire un contrat de publicité avec Tetraloc, la filiale des Transports Laure.
Édité par Emmanuel Jarry









