CORRECTION - - Les pêcheurs appelés à reprendre le travail après un accord

Merci de ne pas tenir compte du précédent titre de notre dépêche.
Voici une version corrigée.
PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a annoncé une accélération du plan en faveur de la pêche, avec le versement de 110 millions d'euros dès cette année, et le Comité des pêches a appelé à la reprise du travail.
"Les professionnels que nous sommes, les responsables régionaux, locaux doivent appeler tous les bateaux de pêche à repartir en mer", a déclaré le président du Comité national des pêches, Pierre-Georges Dachicourt.
Selon lui, l'Etat et le ministre de la Pêche Michel Barnier ont fait "un effort considérable en prenant en compte toute la donnée sociale et économique du secteur".
A l'issue de négociations avec les représentants des armateurs et des pêcheurs, Michel Barnier a notamment annoncé que 110 millions d'euros seraient engagés dès cette année pour venir en aide au secteur.
"Le plan pour une pêche durable d'un montant de 310 millions initialement pour trois ans sera mis en oeuvre en deux années. Dès cette année 110 millions sont engagés", a-t-il précisé.
Le ministre a souligné que l'ensemble du dispositif avait été approuvé mardi par la Commission européenne.
"Quatre mois de négociations, de dialogue, d'allers et retours à Bruxelles ont été nécessaires pour obtenir hier, sur l'ensemble des 15 mesures de ce plan, l'approbation de la Commission européenne", a-t-il dit aux journalistes.
"Notre choix, celui du président de la République et du Premier ministre pour répondre à l'angoisse et l'inquiétude qui s'exprime, est d'amplifier, d'intensifier, d'accélérer la mise en oeuvre du plan", a encore expliqué Michel Barnier.
Concernant les salariés, une aide sociale de 40 millions d'euros sera versée à partir du mois de juin aux marins-pêcheurs sur une période de six mois. Elle est destinée à compenser la hausse du gasoil pour les marins. Le coût du carburant est en effet supporté à la fois par l'armateur du bateau et par l'équipage.
"C'est une aide sociale au revenu individuel des marins-pêcheurs, des gens qui n'ont plus de revenus pour beaucoup d'entre eux, donc c'est une aide qui rentre dans le cadre des aides autorisées par Bruxelles", a dit Michel Barnier.
Pour les entreprises de pêche, les aides d'urgence seront renforcées à hauteur de 22 millions d'euros tandis que 15 millions seront consacrés aux pêcheries connaissant des problèmes financiers.
INCIDENTS LORS DE LA MANIFESTATION À PARIS
Les discussions au ministère avaient débuté dans la matinée et, à la mi-journée, Michel Barnier s'était rendu à l'Elysée pour consulter Nicolas Sarkozy.
Les pêcheurs avaient maintenu la pression sur le gouvernement pendant toute la journée.
Le terminal Transmanche de Calais a été bloqué par plusieurs dizaines de chalutiers qui ont pris position dans la matinée à son entrée, et le trafic avec l'Angleterre était totalement paralysé, a-t-on appris à la capitainerie.
Les pêcheurs ont également bloqué les accès à de nouveaux dépôts pétroliers à Fos-sur-Mer et à Berre, et contrôlaient tous les accès des dépôts des Bouches-du-Rhône, comme celui de Shell à Berre, celui d'Ineos à Lavera et de Total à La Mède.
Des incidents entre policiers et pêcheurs ont éclaté dans la matinée avant la réunion près du ministère de l'Agriculture, dans le VIIe arrondissement de Paris.
Selon la préfecture, quatre policiers ayant reçu des projectiles ont été blessés, dont trois sérieusement, par des tirs tendus de fusées de détresse.
Dans une lettre adressée mardi au président du Comité national des pêches, Nicolas Sarkozy avait affirmé sa "détermination à défendre ce secteur essentiel" et annoncé une "adaptation" des aides existantes, mais pas de mesures nouvelles.
Sur fond d'une crise de "surpêche" qui menace selon les scientifiques la reconstitution des stocks de poisson, les 24.000 marins-pêcheurs français se disent en danger de mort économique en raison de la hausse des prix du gazole, conjuguée à des prix de vente à la criée selon eux en baisse.
Le problème est aggravé par l'état souvent vétuste de la flotte et les techniques de pêche privilégiées en France, avec des filets dérivants, qui sont très consommatrices en carburant.
Thierry Lévêque et Jean-Baptiste Vey, avec les correspondants régionaux de Reuters










