News
Reuters17/05/2008 à 17h06 - Soyez le premier à réagir à cet article !

Cannes: ménage à trois au pays de Don Juan, version Woody Allen

WOODY ALLEN À CANNES

par Wilfrid Exbrayat

CANNES (Reuters) - "Vicky Cristina Barcelona", deux femmes, une ville pour cette nouvelle variation du ménage à trois telle que concoctée par Woody Allen qui a fait pour l'occasion une nouvelle infidélité à sa ville, New York.

"C'est déjà difficile d'avoir une relation qui fonctionne avec une seule personne alors j'imagine que, dans la vie réelle, personne ne pourrait faire face à une telle situation (celle du ménage à trois décrit dans le film)", a dit le cinéaste clarinettiste samedi en conférence de presse.

"Vicky Cristina Barcelona" tombe comme un agréable divertissement, hors compétition, face à des films qui briguent la Palme d'or et qui, tout en étant souvent d'excellente qualité, font plutôt dans le sérieux.

Vicky (Rebecca Hall, une révélation) et Cristina (Scarlett Johannsson) ont été invitées à passer l'été à Barcelone. Vicky est une Américaine bien comme il faut tandis que Cristina passe son temps à ne pas savoir ce qu'elle veut. Elle sait seulement ce qu'elle ne veut pas mais ce qu'elle ne veut pas est universel.

Juan Antonio (Javier Bardem), artiste peintre, les aborde et leur propose un week-end plein de bonnes choses, y compris la bagatelle si affinités. Cristina, à l'affût de tout ce qui peut paraître neuf, est partante. Vicky beaucoup moins. Mais c'est elle qui succombera la première au charme latin.

Et c'est ainsi que se nouera ce ménage, à trois mais à géométrie variable, car viendra s'y adjoindre Maria Elena (Penelope Cruz), l'ex-épouse du peintre qui juge que la nouvelle liaison de Juan Antonio avec Cristina - l'aventure avec Vicky est fugace ou du moins ponctuelle - a un goût de revenez-y.

Bref, Woody Allen oppose dans cette comédie légère mais pétillante un marivaudage et un libertinage de bon aloi, nimbés de la douceur et de la sensualité des nuits d'été ibériques, à un monde anglo-saxon, plus précisément américain, mettons plus "pratique".

Allen, qui fut oscarisé pour "Annie Hall" (1977), a tourné à Barcelone mais aussi dans les Asturies et notamment à Oviedo, où l'on peut voir sa statue à même le trottoir.

On sourit, et on rit aussi, à certaines répliques, comme d'habitude et il est particulièrement plaisant de voir Penelope Cruz voir rouge à l'écran, même si c'est de façon un peu plus outrancière que dans "Volver", de Pedro Almodovar.

Dans un long entretien donné au quotidien britannique The Guardian en 2001, et interrogé sur une éventuelle ambition qu'il n'aurait pas concrétisée, Allen affirme tout de go qu'il aimerait réaliser "un grand film", du même niveau qu'un "Rashomon" d'Akira Kurosawa, que "La Grande Illusion" ou "La Règle du Jeu" de Jean Renoir.

Il dit ne pas trop y croire et ce n'est pas avec "Vicky Cristina Barcelona" qu'il réalisera ce rêve mais c'est assumé.

D'autant que cette comédie s'achève sur une note qui, sans être forcément tragique, prête toutefois à un sentiment de tristesse, comme l'a observé Allen en conférence de presse. "Personne n'en sort réellement heureux", a-t-il dit.

read below for restriction, ©2008 ReutersReuters

A LIRE AUSSI : Une - Reuters - Presse - Neuf - Film - Divertissement - Cannes - Or - Week-end - femmes
Aucune réaction à cet article
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir à cet article !
Membre Boursier.com

Soyez le 1er à réagir à cette info !

Pour réagir à cette info, rien de plus simple :
Connectez-vous à votre espace membre avec votre identifiant et votre mot de passe.

Pas encore membre ?

Inscrivez-vous en quelques clics seulement... N'hésitez pas, c'est gratuit !

  • Votre réaction

compteur